20 000 emplois menacés dans les hôpitaux

Publié le par Jihad WACHILL

Le retour à l’équilibre budgétaire pourrait imposer un gigantesque plan social dans le domaine hospitalier.

La Fédération hospitalière de France s’est livrée, il y a peu, à un calcul tout simple : combien l’hôpital devrait-il supprimer d’emplois dans chaque région pour revenir à l’équilibre budgétaire, sans dotation supplémentaire. La réponse donne le tournis : près de 20 000 au total. Entretenue depuis de nombreuses années, l’asphyxie budgétaire des hôpitaux amène une situation où, commente la FHP, « ils n’auront plus le choix, ils devront prendre des mesures de réductions de l’emploi et de la masse salariale ».

La saignée a déjà commencé, sous la pression des agences régionales de l’hospitalisation (ARH), qui exigent des hôpitaux qu’ils élaborent des « plans de retour à l’équilibre budgétaire ». Ainsi, saisie par l’ARH, la chambre régionale des comptes de Haute-Normandie a rendu un rapport sur la situation de l’hôpital du Havre, le plus gros des hôpitaux généraux en France, qui emploie 4 000 personnes. Alors que ce secteur géographique est reconnu comme ayant les plus mauvais indicateurs de santé en France, le rapport propose ni plus ni moins de supprimer près de 550 « emplois équivalent temps plein », ce qui monte la facture à environ 800 postes.

Seraient particulièrement affectées, la psychiatrie (104 emplois) et la médecine chirurgie obstétrique (430), soit un cinquième des soignants de ce secteur. « C’est tout simplement inimaginable », s’exclame Philippe Le Corre, administrateur CGT. Aujourd, le Comité médical de défense de l’Hôpital, qui vient de se créer sous l’impulsion d’une cinquantaine de médecins, doit donner une conférence de presse. Un collectif pour le droit à la santé et la défense de l’hôpital public regroupant syndicats, associations d’usagers, médecins et tous les partis de gauche s’investit aussi contre cette annonce. La direction de l’hôpital, elle-même, conteste des « imprécisions importantes » et une « approche comptable » dans le rapport de la cour. « L’ARH veut imposer un plan de retour à l’équilibre qui sera présenté début décembre et qui ne porte que sur les économies. Or, 70 % des dépenses sont des charges de personnel », explique Philippe Le Corre.

Le Havre n’est pas le seul établissement concerné. Pour combler son déficit, le CHU de Nantes, en Loire-Atlantique, vient d’ouvrir un « guichet départ ». Et l’Institut Gustave-Roussy, à Villejuif, dans le Val-de-Marne, a annoncé vendredi dernier son intention de supprimer 150 emplois, dans le cadre d’un plan de retour à l’équilibre.

Paule MASSON dans l'Humanité du 23 octobre 2008
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