Référendum en Irlande sur le traité européen "simplifié" de Lisbonne : IRLANDAIS, VOTRE NON EST AUSSI LE NOTRE !
Le 29 mai 2005, il y a 3 ans, le peuple français disait NON à 55% à une Constitution européenne ultralibérale, antisociale, antidémocratique et atlantiste. A plus de 65% chez nous en Picardie, région qui a voté le plus NON en France. Une victoire politique majeure qui correspond à une volonté des citoyens de se réapproprier le débat politique et la souveraineté populaire. Un vote de classes aussi : les classes populaires (ouvriers, employés, chômeurs…) ont voté à une écrasante majorité pour le NON.
Ceux qui ont souffert depuis des années de politiques européennes au service du grand capital, des multinationales, des marchés financiers et du grand patronat ont exprimé par ce vote leur colère, mais aussi un espoir. Leur colère contre ces politiques européennes de casse des droits sociaux, de précarisation de l’emploi et de démantèlement des services publics ; contre les promesses non tenues par le PS et la droite depuis 1992 et le référendum sur le traité de Maastricht, constatant par exemple la baisse du pouvoir d’achat causée par le passage à l’euro alors qu’on leur promettait monts et merveilles. Mais aussi un espoir : celui d’une nouvelle construction européenne refondée dans une logique de coopérations solidaires et équitables, à l’image du processus en cours en Amérique latine autour du Venezuela avec l’ALBA.
Face aux aspirations au progrès social qui s'expriment un peu partout, la Commission de Bruxelles et ses zélateurs répondent critères de convergence de Maastricht, indépendance de la Banque centrale européenne, "concurrence libre et non faussée", casse des services publics et déréglementation à tous les niveaux. Or, ces choix politiques au service des puissants et des nantis ne sont pas une fatalité et l'on peut parfaitement se défaire de ces chaînes qui entravent le droit des peuples européens à disposer d'eux-mêmes. Une autre construction européenne est possible, refondée sur la base de nouveau traités européens reposant sur la solidarité entre les peuples et leurs aspirations à des politiques au service de l’intérêt général.
Les regards des authentiques progressistes, et particulièrement ceux des communistes, seront tournés vers l'Irlande le 12 juin: ce pays sera en effet le seul à examiner par référendum le traité de Lisbonne, dit "traité européen simplifié" et le peuple irlandais (dont les travailleurs, confrontés à la précarité de l'emploi et aux bas salaires, voient de plus en plus les limitent du modèle social, basé sur la flexibilité et le dumping fiscal, qui leur est proposé; un modèle dont les eurocrates de Bruxelles font les louanges) portera donc les espoirs de tous ceux qui étouffent dans le carcan de l'Europe de Maastricht. Car un NON victorieux en Irlande pourrait signifier un nouveau "printemps des peuples" en Europe, 160 ans après celui de 1848.
Car gageons que le peuple irlandais trouvera cette fois, contrairement au peuple français et au peuple néerlandais en 2005, une voix pour le défendre au sein du "Conseil européen". Non pas le Gouvernement eurobéat irlandais mais le nouveau président de Chypre, le communiste Dimitris CHRISTOFIAS, élu en février à 53,37% sous le mot d'ordre "une société plus juste" et qui avait voté contre le "traité européen simplifié" quand il était député.
L'"homme du Peuple" (comme l'appellent affectueusement ses compatriotes) aurait alors la responsabilité non seulement de représenter dignement de ce fier " peuple chypriote que l'on ne peut asservir ", mais aussi de relayer les aspirations de progrès social des autres peuples dont la parole est aujourd'hui confisquée, comme en France. En particulier se faire le porte-parole des classes populaires de ces pays, écrasées sous le joug de cette machine de guerre du grand capital contre les droits sociaux qu'est de fait l'Union européenne.