Michael YOULTON : « Une pensée particulière pour nos amis français et néerlandais »

Publié le par Jihad WACHILL

Michael YOULTON, le coordinateur de la campagne irlandaise pour le « non » évoque à chaud pour l’Humanité les raisons d’une « magnifique victoire ».

Envoyé spécial.

Les résultats à peine connus, Michael Youlton, coordinateur national de la campagne pour le non (CAEUC) regroupant quatorze organisations politiques (gauche, extrême gauche) et des associations nationales et locales, a fait à l’Humanité la déclaration suivante :

« C’est un vote clairement exprimé. C’est magnifique ! Le peuple irlandais a rejeté le traité de Lisbonne. Et nous avons une pensée particulière pour nos amis français et néerlandais qui sont venus nous soutenir. Le scrutin montre que nos arguments ont porté et que nous avons eu raison d’exprimer nos craintes et d’expliquer en quoi elles nous paraissaient fondées.

Crainte de la militarisation, avec le principe de neutralité très important en Irlande risquant d’être annihilé par les dispositions spécifiques du traité en matière de défense et de sécurité communes ; crainte sur le plan démocratique, les petits pays comme le nôtre vont se trouver marginalisés face aux poids-lourds européens ; crainte du point de vue social, la charte des droits fondamentaux est restrictive, et le primat du libre marché signifie pour nous un processus de privatisation à grande échelle des services de santé et d’éducation. Je note que le peuple irlandais a accepté nos arguments, c’est particulièrement vrai dans les secteurs populaires et ouvriers. Maintenant que va-t-il se passer ? Nous posons plusieurs questions.

Le premier ministre irlandais Brian Cowen, qui avait promis de démissionner en cas de défaite, le fera-t-il ? S’il ne le fait pas ira-t-il à Bruxelles pour renégocier, car c’est ce que les Irlandais demandent aujourd’hui ? Enfin, nous proposons nous aussi "un aller simple" pour Bruxelles au premier ministre et aux ministres de la Défense et des Finances pour les obliger à discuter des propositions que nous avons mises sur la table. Maintenant, en ce qui concerne le mouvement du "non", dont le travail a été remarquable, nous allons nous réunir d’ici à deux semaines lors d’une conférence nationale pour discuter de ce que sera notre avenir non seulement immédiat, mais aussi pour les années à venir… »

Propos recueillis par B. D.
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Publié dans Europe - UE

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