Retraite : la CNAV dresse un bilan sévère de la réforme de 2003
Créée par la réforme Fillon pour encourager les seniors à rester en activité, la surcote (supplément de pension pour ceux qui continuent à travailler alors qu'ils ont le nombre de trimestres suffisants pour une retraite à taux plein) concernait en 2007 7,6 % des assurés du régime général. Avant la réforme, 7 % des assurés continuaient à travailler sans bénéfice. Ce dispositif semble "n'avoir engendré aucune modification de comportement en matière de prolongation d'activité", estime la CNAV qui parle d'un "échec relatif".
HAUSSE DES RETRAITES ANTICIPÉES
L'assouplissement de la retraite progressive, qui permet aux salariés âgés d'au moins 60 ans de travailler à temps partiel tout en bénéficiant d'une fraction de leur pension de retraite, n'a pas rencontré plus de succès. Le nombre de personnes en retraite progressive reste marginal : 758 béficiaires au 30 juin 2007 contre 673 fin décembre 2003. En revanche, la CNAV note que les mesures destinées à cesser le travail plus tôt, comme le rachat des années d'étude pour augmenter la durée d'assurance ont attiré des futurs retraités (14,3 % ont effectué un versement de ce type en vue d'un départ anticipé entre janvier 2004 et septembre 2007). La création du dispositif de retraite anticipée, destiné à tenir compte des carrières longues, a par contre dépassé toutes les prévisions : plus de 100 000 bénéficiaires chaque année de 2004 à 2006.
La réforme de 2003 a également modifié le "minimum contributif", qui permet aux assurés qui ont travaillé longtemps mais avec de faibles salaires de percevoir une retraite minimale dans leur régime de base. Les effets en ont été toutefois "limités" selon la CNAV, qui évalue l'augmentation des pensions à 2 à 3 %.
Article paru dans le Monde du 23 juillet 2008