Les Goodyear maintiennent la pression sur leur direction
Automobile. Près de 350 salariés, venus de différentes entreprises, se sont réunis pour protester contre les suppressions d’emplois et pour saluer une lutte exemplaire.
Après deux ans de bras de fer, une grève et une flopée de procédures judiciaires, le combat des salariés de Good- year Amiens est devenu un symbole respecté, une bannière qui commence à fédérer. Des syndicalistes CGT et SUD de Valeo, Kléber, Plastic Omnium, Michelin… impossible de faire la liste complète de tous ceux venus hier matin pour protester contre la suppression de 402 emplois. Et il y avait aussi les anonymes sans banderoles et sans affiliation. Trois jeunes de l’usine voisine Norbert Dentressangle expliquaient : « Nous, on n’est pas syndiqués mais on suit ça de près. On craint qu’il nous arrive la même chose. »
402 salariés sur le carreau
Pour réduire ses coûts, Goodyear a tenté de mettre en place une organisation du travail reposant sur un passage de quatre équipes par semaine, au lieu de cinq. C’est le système dit des « 4 × 8 » (deux jours le matin, deux jours l’après-midi, deux jours le soir et deux jours de repos). Après la signature de l’accord par la CFTC et la CGC au début de juillet, la CGT et SUD, majoritaires, ont fait valoir leur droit d’opposition conformément à la loi de 2004 sur la démocratie sociale. Un refus instrumentalisé par la direction qui a ensuite affirmé que ce refus ne « laisse pas d’autre choix que de réduire de 38 % la production sur le site », et donc de laisser 402 salariés sur le carreau. Or, selon l’analyse du plan social effectuée par un cabinet mandaté par les syndicats, et dont l’Humanité s’est procuré copie, « il n’est pas démontré la nécessité économique de réorganiser l’entreprise ». Et pire encore, « il y aurait un risque réel et fort d’incapacité du site à fonctionner avec ces postes supprimés ».
« Actuellement, la procédure de licenciement coince sur la nomination d’un expert au CHSCT. L’idée est de démontrer que ça va être encore plus dur pour ceux qui restent, explique Virgilio Mota da Silva, délégué SUD de Goodyear. Le jugement tombe aujourd’hui, ce qui nous laisse un petit répit de 45 jours pour organiser la riposte. »
Le 10 octobre au Salon de l’auto
« Il ne faut plus attendre, il faut faire converger les luttes », répète au micro Mickaël Wamen, délégué CGT, qui multiplie les appels du pied aux centrales syndicales et aux partis politiques. Il conclut : « Si Sarko dit que tout le monde se fiche des grèves dans ce pays, il est temps de lui faire payer son arrogance. »
Derrière le micro ou dans la foule, ça parle conditions de travail et plan social. « On vit avec nos plannings dans nos poches », s’énerve un salarié de Kléber. « Notre usine, c’est Végétaline : ça gicle de la graisse de partout, là-dedans… », affirme Honoré, de SUD Good-year. « Notre direction tente de nous endormir avec des histoires de repreneur potentiel », poursuit un cégétiste de Ford Blanquefort. « Tous les salariés sont dans des situations similaires, il faut s’unir », clame un ex-employé de CPCT, raffinerie sous-traitante du groupe Vinci, qui dit être « en retraite forcée depuis l’année dernière ». Une AG suivie d’une opération escargot jusqu’à la préfecture était prévue plus tard dans l’après-midi. « Et le 10 octobre, on sera en principe au Salon de l’auto », assure Virgilio Mota da Silva (SUD).
Mehdi FIKRI dans l'Humanité du 17 septembre 2008
Après deux ans de bras de fer, une grève et une flopée de procédures judiciaires, le combat des salariés de Good- year Amiens est devenu un symbole respecté, une bannière qui commence à fédérer. Des syndicalistes CGT et SUD de Valeo, Kléber, Plastic Omnium, Michelin… impossible de faire la liste complète de tous ceux venus hier matin pour protester contre la suppression de 402 emplois. Et il y avait aussi les anonymes sans banderoles et sans affiliation. Trois jeunes de l’usine voisine Norbert Dentressangle expliquaient : « Nous, on n’est pas syndiqués mais on suit ça de près. On craint qu’il nous arrive la même chose. »
402 salariés sur le carreau
Pour réduire ses coûts, Goodyear a tenté de mettre en place une organisation du travail reposant sur un passage de quatre équipes par semaine, au lieu de cinq. C’est le système dit des « 4 × 8 » (deux jours le matin, deux jours l’après-midi, deux jours le soir et deux jours de repos). Après la signature de l’accord par la CFTC et la CGC au début de juillet, la CGT et SUD, majoritaires, ont fait valoir leur droit d’opposition conformément à la loi de 2004 sur la démocratie sociale. Un refus instrumentalisé par la direction qui a ensuite affirmé que ce refus ne « laisse pas d’autre choix que de réduire de 38 % la production sur le site », et donc de laisser 402 salariés sur le carreau. Or, selon l’analyse du plan social effectuée par un cabinet mandaté par les syndicats, et dont l’Humanité s’est procuré copie, « il n’est pas démontré la nécessité économique de réorganiser l’entreprise ». Et pire encore, « il y aurait un risque réel et fort d’incapacité du site à fonctionner avec ces postes supprimés ».
« Actuellement, la procédure de licenciement coince sur la nomination d’un expert au CHSCT. L’idée est de démontrer que ça va être encore plus dur pour ceux qui restent, explique Virgilio Mota da Silva, délégué SUD de Goodyear. Le jugement tombe aujourd’hui, ce qui nous laisse un petit répit de 45 jours pour organiser la riposte. »
Le 10 octobre au Salon de l’auto
« Il ne faut plus attendre, il faut faire converger les luttes », répète au micro Mickaël Wamen, délégué CGT, qui multiplie les appels du pied aux centrales syndicales et aux partis politiques. Il conclut : « Si Sarko dit que tout le monde se fiche des grèves dans ce pays, il est temps de lui faire payer son arrogance. »
Derrière le micro ou dans la foule, ça parle conditions de travail et plan social. « On vit avec nos plannings dans nos poches », s’énerve un salarié de Kléber. « Notre usine, c’est Végétaline : ça gicle de la graisse de partout, là-dedans… », affirme Honoré, de SUD Good-year. « Notre direction tente de nous endormir avec des histoires de repreneur potentiel », poursuit un cégétiste de Ford Blanquefort. « Tous les salariés sont dans des situations similaires, il faut s’unir », clame un ex-employé de CPCT, raffinerie sous-traitante du groupe Vinci, qui dit être « en retraite forcée depuis l’année dernière ». Une AG suivie d’une opération escargot jusqu’à la préfecture était prévue plus tard dans l’après-midi. « Et le 10 octobre, on sera en principe au Salon de l’auto », assure Virgilio Mota da Silva (SUD).
Mehdi FIKRI dans l'Humanité du 17 septembre 2008
Publicité