Les vétérans des essais nucléaires au ministère
Santé : Les victimes des tests français remettent, aujourd’hui, à Hervé Morin, une pétition réclamant un « suivi médical annuel et gratuit ».
Une délégation du comité Vérité et vigilance, créé en juin dernier pour soutenir les vétérans des essais nucléaires français, doit être reçue, aujourd’hui, au ministère de la Défense. Un millier de pétitions réclamant un « suivi médical annuel et gratuit effectué par des services médicaux indépendants de l’armée » doit être remis au ministre, Hervé MORIN. Entretien avec Michel VERGER vice-président de l’Association des vétérans des essais nucléaires (AVEN).
Le ministère de la Défense a toujours fait appel des décisions de justice en faveur des vétérans. Qu’attendez-vous de cette rencontre ?
Michel Verger. Nous allons, une nouvelle fois, demander la reconnaissance de la dangerosité des essais nucléaires. Ce que l’État a toujours nié. Effectivement, lors des procès, le ministère fait systématiquement appel, parfois même se pourvoit en Cassation. Or des études récentes menées en Nouvelle-Zélande montrent que les vétérans des essais nucléaires présentent trois fois plus d’anomalies chromosomiques que les sujets témoins. Ces recherches s’ajoutent à de précédentes études de Claude Parmentier (chef de service honoraire à l’Institut Gustave-Roussy et professeur honoraire à la faculté de médecine Paris-XI - NDLR), selon lesquelles les cancéreux de la thyroïde sont trois fois plus nombreux en Polynésie (où la France a expérimenté sa bombe atomique de 1966 à 1996 - NDLR) qu’en métropole. On nous répond chaque fois qu’après dix ans, on ne trouve plus de traces dans l’organisme. Ces études prouvent le contraire. Jusqu’à présent, les vétérans n’ont jamais eu de suivi médical, même après avoir passé plusieurs mois sur les sites où étaient menés les essais.
Comment les élus réagissent-ils à votre pétition ?
Michel Verger. Lorsque le comité de soutien Vérité et justice a été créé, le 3 juin 2008, toutes les sensibilités étaient représentées : UMP, PS, PCF, Verts, Parti radical de gauche… Les parlementaires étaient tous d’accord pour déposer une proposition de loi en commun. Ce serait une première. Pour l’heure, Jean-Patrick Gilles, député PS d’Indre-et-Loire, tente de rassembler l’ensemble des contributions pour n’en faire qu’une. On aimerait que cette proposition de loi soit déposée avant le 18 octobre, date à laquelle nous devons remettre nos pétitions au premier ministre. Pour l’instant, celui-ci ne nous a pas répondu.
La justice a plusieurs fois reconnu le lien entre les problèmes de santé de vétérans et le fait qu’ils ont assisté à des essais nucléaires. Le vent tourne-t-il en votre faveur ?
Michel Verger. Sans doute l’intérêt des médias pour nous et le travail de terrain font que les juges, qui ont découvert ces malades récemment, sont de plus en plus conscients de notre situation. Peut-être sont-ils aussi agacés que l’État fasse appel de leurs décisions à chaque fois…
Entretien réalisé par Vincent DEFAIT dans l'Humanité du 24 septembre 2008
Une délégation du comité Vérité et vigilance, créé en juin dernier pour soutenir les vétérans des essais nucléaires français, doit être reçue, aujourd’hui, au ministère de la Défense. Un millier de pétitions réclamant un « suivi médical annuel et gratuit effectué par des services médicaux indépendants de l’armée » doit être remis au ministre, Hervé MORIN. Entretien avec Michel VERGER vice-président de l’Association des vétérans des essais nucléaires (AVEN).
Le ministère de la Défense a toujours fait appel des décisions de justice en faveur des vétérans. Qu’attendez-vous de cette rencontre ?
Michel Verger. Nous allons, une nouvelle fois, demander la reconnaissance de la dangerosité des essais nucléaires. Ce que l’État a toujours nié. Effectivement, lors des procès, le ministère fait systématiquement appel, parfois même se pourvoit en Cassation. Or des études récentes menées en Nouvelle-Zélande montrent que les vétérans des essais nucléaires présentent trois fois plus d’anomalies chromosomiques que les sujets témoins. Ces recherches s’ajoutent à de précédentes études de Claude Parmentier (chef de service honoraire à l’Institut Gustave-Roussy et professeur honoraire à la faculté de médecine Paris-XI - NDLR), selon lesquelles les cancéreux de la thyroïde sont trois fois plus nombreux en Polynésie (où la France a expérimenté sa bombe atomique de 1966 à 1996 - NDLR) qu’en métropole. On nous répond chaque fois qu’après dix ans, on ne trouve plus de traces dans l’organisme. Ces études prouvent le contraire. Jusqu’à présent, les vétérans n’ont jamais eu de suivi médical, même après avoir passé plusieurs mois sur les sites où étaient menés les essais.
Comment les élus réagissent-ils à votre pétition ?
Michel Verger. Lorsque le comité de soutien Vérité et justice a été créé, le 3 juin 2008, toutes les sensibilités étaient représentées : UMP, PS, PCF, Verts, Parti radical de gauche… Les parlementaires étaient tous d’accord pour déposer une proposition de loi en commun. Ce serait une première. Pour l’heure, Jean-Patrick Gilles, député PS d’Indre-et-Loire, tente de rassembler l’ensemble des contributions pour n’en faire qu’une. On aimerait que cette proposition de loi soit déposée avant le 18 octobre, date à laquelle nous devons remettre nos pétitions au premier ministre. Pour l’instant, celui-ci ne nous a pas répondu.
La justice a plusieurs fois reconnu le lien entre les problèmes de santé de vétérans et le fait qu’ils ont assisté à des essais nucléaires. Le vent tourne-t-il en votre faveur ?
Michel Verger. Sans doute l’intérêt des médias pour nous et le travail de terrain font que les juges, qui ont découvert ces malades récemment, sont de plus en plus conscients de notre situation. Peut-être sont-ils aussi agacés que l’État fasse appel de leurs décisions à chaque fois…
Entretien réalisé par Vincent DEFAIT dans l'Humanité du 24 septembre 2008
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