Les assurés sociaux pas épargnés
Au menu du budget 2009 de la Sécu, taxe sur les complémentaires santé et poursuite des exonérations de cotisations patronales.
Comme le budget de l’État, celui de la Sécurité sociale, qui sera présenté ce soir en détail, est placé sous le signe de l’austérité. Pour 2009, le projet de loi de financement (PLFSS) viserait un déficit un peu au-dessous du niveau actuel de 9 milliards d’euros. Plus que sur le volet recettes, c’est une fois encore sur les dépenses que le gouvernement veut agir. La retraite a déjà été « soignée » : c’est au nom de la « maîtrise des dépenses » que le gouvernement a décidé d’allonger à 41 ans, à partir de 2009, la durée de cotisation, ce qui, dans le contexte de l’emploi, va entraîner une dégradation du niveau des pensions.
S’agissant de l’assurance maladie, un an après avoir fait scandale en instaurant les franchises médicales, la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, et son homologue du Budget, Éric Woerth affirment que, cette fois, les mesures de redressement « ne touchent pas les assurés ». Discours largement mensonger. Certes, la menace d’une diminution de la prise en charge des affections de longue durée a été écartée. Mais pas la nouvelle taxe annoncée cet été sur les assurances complémentaires santé, qui devrait rapporter 1 milliard d’euros. Si la Mutualité française a déclaré vouloir « essayer de ne pas répercuter, cette année, cette taxation nouvelle » sur les cotisations de ses adhérents, l’engagement ne vaut pas pour les années suivantes. Quant aux assurances privées, elles ont prévenu qu’elles augmenteront leurs tarifs. Le sort réservé aux hôpitaux n’est pas plus rassurant : alors que la plupart des établissements sont dans le rouge, leurs gestionnaires redoutent de devoir supprimer quelque 20 000 emplois, faute de financements suffisants. Deux milliards d’euros d’économies sont par ailleurs prévus sur les médicaments génériques, les prescriptions ou les transports sanitaires.
Du côté des recettes, selon le ministre Woerth, une hausse de la masse salariale moins élevée que prévu entraînerait un manque à gagner pour la Sécu de 600 millions d’euros dès 2008. La récession annoncée pour 2009 n’arrangera pas les choses. Cela n’empêche pas le gouvernement de poursuivre sa politique d’exonérations de cotisations patronales (32 milliards d’euros cette année), qui plombe les finances sociales. L’État ne compense pas entièrement ce manque à gagner : sa dette envers la Sécu atteindrait les 3,5 milliards d’euros fin 2008.
Yves HOUSSON dans l'Humanité du 29 septembre 2008
Comme le budget de l’État, celui de la Sécurité sociale, qui sera présenté ce soir en détail, est placé sous le signe de l’austérité. Pour 2009, le projet de loi de financement (PLFSS) viserait un déficit un peu au-dessous du niveau actuel de 9 milliards d’euros. Plus que sur le volet recettes, c’est une fois encore sur les dépenses que le gouvernement veut agir. La retraite a déjà été « soignée » : c’est au nom de la « maîtrise des dépenses » que le gouvernement a décidé d’allonger à 41 ans, à partir de 2009, la durée de cotisation, ce qui, dans le contexte de l’emploi, va entraîner une dégradation du niveau des pensions.
S’agissant de l’assurance maladie, un an après avoir fait scandale en instaurant les franchises médicales, la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, et son homologue du Budget, Éric Woerth affirment que, cette fois, les mesures de redressement « ne touchent pas les assurés ». Discours largement mensonger. Certes, la menace d’une diminution de la prise en charge des affections de longue durée a été écartée. Mais pas la nouvelle taxe annoncée cet été sur les assurances complémentaires santé, qui devrait rapporter 1 milliard d’euros. Si la Mutualité française a déclaré vouloir « essayer de ne pas répercuter, cette année, cette taxation nouvelle » sur les cotisations de ses adhérents, l’engagement ne vaut pas pour les années suivantes. Quant aux assurances privées, elles ont prévenu qu’elles augmenteront leurs tarifs. Le sort réservé aux hôpitaux n’est pas plus rassurant : alors que la plupart des établissements sont dans le rouge, leurs gestionnaires redoutent de devoir supprimer quelque 20 000 emplois, faute de financements suffisants. Deux milliards d’euros d’économies sont par ailleurs prévus sur les médicaments génériques, les prescriptions ou les transports sanitaires.
Du côté des recettes, selon le ministre Woerth, une hausse de la masse salariale moins élevée que prévu entraînerait un manque à gagner pour la Sécu de 600 millions d’euros dès 2008. La récession annoncée pour 2009 n’arrangera pas les choses. Cela n’empêche pas le gouvernement de poursuivre sa politique d’exonérations de cotisations patronales (32 milliards d’euros cette année), qui plombe les finances sociales. L’État ne compense pas entièrement ce manque à gagner : sa dette envers la Sécu atteindrait les 3,5 milliards d’euros fin 2008.
Yves HOUSSON dans l'Humanité du 29 septembre 2008
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