Ivan CEPEDA CASTRO : « Les paramilitaires n’ont pas disparu »
Entretien avec Ivan CEPEDA CASTRO, directeur du Mouvement national des victimes des crimes d’État de Colombie (Movice).
Pourquoi avoir centré cette session de la Commission de la vérité autour de la situation des exilés ?
Ivan Cepeda Castro. Le problème de l’exil politique des Colombiens est à la fois quantitatif – on parle de 60000 personnes ! – et qualitatif. Les exilés sont des personnes qui ont joué un rôle significatif dans l’histoire récente du pays. Leur exil a fragilisé le mouvement social làbas. D’autre part, un processus de recherche de la vérité est en cours en Colombie. Les assassinats, les tortures et les déplacements forcés commencent donc à être visibles. La Fiscalia general (ministère public – N.D.L.R.) parle de 25000 disparus en vingt ans, et le pays compte 4 millions de déplacés internes. L’analyse de la situation des réfugiés permet aussi de voir comment le gouvernement colombien fait de ses services diplomatiques des appareils de propagande.
Comment réagissez-vous au récent rapport sur la responsabilité de l’État colombien ?
Ivan Cepeda Castro. Il montre bien qu’un conflit armé se poursuit, que les paramilitaires n’ont pas disparu, et que la politique de « sécurité démocratique » d’Uribe ne garantit pas la sécurité de tous les Colombiens. Quarantequatre syndicalistes ont ainsi été tués cette année. Contrairement au discours officiel, les violations des droits de l’homme restent massives. C’est la situation la plus grave dans tout l’hémisphère américain.
Comment allez-vous poursuivre votre combat ?
Ivan Cepeda Castro.Nous allons organiser d’autres audiences car elles représentent une voie alternative de justice. La présence du délégué spécial du défenseur national du peuple, Alonso Ojeda Awad, a été très importante car il représente l’État. Il doit maintenant transmettre les informations recueillies à la justice. Sa présence est aussi une garantie pour la sécurité des témoins.
Entretien réalisé par Charlotte BOZONNET et paru dans l'Humanité du 6 octobre 2008
Pourquoi avoir centré cette session de la Commission de la vérité autour de la situation des exilés ?
Ivan Cepeda Castro. Le problème de l’exil politique des Colombiens est à la fois quantitatif – on parle de 60000 personnes ! – et qualitatif. Les exilés sont des personnes qui ont joué un rôle significatif dans l’histoire récente du pays. Leur exil a fragilisé le mouvement social làbas. D’autre part, un processus de recherche de la vérité est en cours en Colombie. Les assassinats, les tortures et les déplacements forcés commencent donc à être visibles. La Fiscalia general (ministère public – N.D.L.R.) parle de 25000 disparus en vingt ans, et le pays compte 4 millions de déplacés internes. L’analyse de la situation des réfugiés permet aussi de voir comment le gouvernement colombien fait de ses services diplomatiques des appareils de propagande.
Comment réagissez-vous au récent rapport sur la responsabilité de l’État colombien ?
Ivan Cepeda Castro. Il montre bien qu’un conflit armé se poursuit, que les paramilitaires n’ont pas disparu, et que la politique de « sécurité démocratique » d’Uribe ne garantit pas la sécurité de tous les Colombiens. Quarantequatre syndicalistes ont ainsi été tués cette année. Contrairement au discours officiel, les violations des droits de l’homme restent massives. C’est la situation la plus grave dans tout l’hémisphère américain.
Comment allez-vous poursuivre votre combat ?
Ivan Cepeda Castro.Nous allons organiser d’autres audiences car elles représentent une voie alternative de justice. La présence du délégué spécial du défenseur national du peuple, Alonso Ojeda Awad, a été très importante car il représente l’État. Il doit maintenant transmettre les informations recueillies à la justice. Sa présence est aussi une garantie pour la sécurité des témoins.
Entretien réalisé par Charlotte BOZONNET et paru dans l'Humanité du 6 octobre 2008
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