Les caisses restent « vides » pour la fonction publique
D’une générosité infinie avec les banques, le gouvernement réduit sévèrement, dans son projet de loi de finances 2009, les moyens de l’action publique.
Flagrant délit de duplicité. Tandis que, de toutes parts, et jusqu’au sommet de l’État, le temps du - retour de l’intervention publique est annoncé, ce beau discours se trouve brutalement démenti par le projet de loi de finances 2009. C’est un véritable rétrécissement de la puissance publique qui est programmé par le texte budgétaire. Principale illustration : la suppression de 30 627 emplois, dont 13 500 dans la seule éducation nationale, par non-remplacement des départs en retraite. Au - total, selon des estimations syndicales, intégrant la disparition des emplois aidés, entre 250 000 et 300 000 postes auront été éliminés entre 2003 et 2012. L’emploi n’est pas le seul visé. Les moyens d’intervention des missions de la fonction publique sont également touchés, à l’image des missions Travail et Logement qui vont perdre, en euros constants, jusqu’à 12 % de leurs crédits. « Quand on cumule les deux, attaques sur l’emploi et sur les missions elles-mêmes, forcément, cela nous prépare à de nouvelles privatisations », avertit Jean-Marc Canon, secrétaire général des fédérations CGT de la fonction publique. Faute de moyens financiers, matériels et de personnel, « on nous fera la démonstration que ça marche mal, et qu’en passant dans le privé, cela fonctionnera mieux… ».
Les collectivités locales ne sont pas logées à meilleure enseigne que la fonction publique d’État. « L’État apporte environ 50 milliards d’euros par an de subventions et de crédits pour assumer les missions que l’État a confié à la fonction publique territoriale, explique le syndicaliste. Or, au total, en 2009, les crédits vraiment disponibles pour les collectivités seront augmentés de 0,8 %. Moins que l’inflation, alors que, les transferts de compétences continuant à produire leurs effets, les collectivités ont besoin de moyens supplémentaires. Il leur restera deux solutions : augmenter les impôts, ou passer au privé ce qui est aujourd’hui assuré par la sphère publique, avec toutes les répercussions prévisibles sur l’emploi, la qualité du service public. »
Et un processus semblable guette la troisième branche de la fonction publique, celle qui regroupe les hôpitaux. Le budget 2009 de la Sécurité sociale prévoit d’augmenter les crédits d’assurance maladie de 3 %, « alors que les chiffres les plus modestes qui circulent font état au minimum d’un besoin de 7 à 8 % de hausse pour faire face aux premières exigences du service public hospitalier ». Le sous-financement de la santé continue donc, avec son corollaire, le développement des cliniques privées, loin, on le sait, d’être accessibles à tous.
« Ce projet de budget a été construit en nous disant : "il faut réduire la dépense - publique, il n’y a pas de marges de manoeuvre" », rappelle Jean-Marc Canon. Or, on constate que lorsqu’il s’agit de compenser les dégâts provoqués par les ténors du grand capital, là, on débloque des fonds sans commune mesure avec ce dont nous avons besoin pour les services publics. »
Yves HOUSSON dans l'Humanité du 22 octobre 2008
Flagrant délit de duplicité. Tandis que, de toutes parts, et jusqu’au sommet de l’État, le temps du - retour de l’intervention publique est annoncé, ce beau discours se trouve brutalement démenti par le projet de loi de finances 2009. C’est un véritable rétrécissement de la puissance publique qui est programmé par le texte budgétaire. Principale illustration : la suppression de 30 627 emplois, dont 13 500 dans la seule éducation nationale, par non-remplacement des départs en retraite. Au - total, selon des estimations syndicales, intégrant la disparition des emplois aidés, entre 250 000 et 300 000 postes auront été éliminés entre 2003 et 2012. L’emploi n’est pas le seul visé. Les moyens d’intervention des missions de la fonction publique sont également touchés, à l’image des missions Travail et Logement qui vont perdre, en euros constants, jusqu’à 12 % de leurs crédits. « Quand on cumule les deux, attaques sur l’emploi et sur les missions elles-mêmes, forcément, cela nous prépare à de nouvelles privatisations », avertit Jean-Marc Canon, secrétaire général des fédérations CGT de la fonction publique. Faute de moyens financiers, matériels et de personnel, « on nous fera la démonstration que ça marche mal, et qu’en passant dans le privé, cela fonctionnera mieux… ».
Les collectivités locales ne sont pas logées à meilleure enseigne que la fonction publique d’État. « L’État apporte environ 50 milliards d’euros par an de subventions et de crédits pour assumer les missions que l’État a confié à la fonction publique territoriale, explique le syndicaliste. Or, au total, en 2009, les crédits vraiment disponibles pour les collectivités seront augmentés de 0,8 %. Moins que l’inflation, alors que, les transferts de compétences continuant à produire leurs effets, les collectivités ont besoin de moyens supplémentaires. Il leur restera deux solutions : augmenter les impôts, ou passer au privé ce qui est aujourd’hui assuré par la sphère publique, avec toutes les répercussions prévisibles sur l’emploi, la qualité du service public. »
Et un processus semblable guette la troisième branche de la fonction publique, celle qui regroupe les hôpitaux. Le budget 2009 de la Sécurité sociale prévoit d’augmenter les crédits d’assurance maladie de 3 %, « alors que les chiffres les plus modestes qui circulent font état au minimum d’un besoin de 7 à 8 % de hausse pour faire face aux premières exigences du service public hospitalier ». Le sous-financement de la santé continue donc, avec son corollaire, le développement des cliniques privées, loin, on le sait, d’être accessibles à tous.
« Ce projet de budget a été construit en nous disant : "il faut réduire la dépense - publique, il n’y a pas de marges de manoeuvre" », rappelle Jean-Marc Canon. Or, on constate que lorsqu’il s’agit de compenser les dégâts provoqués par les ténors du grand capital, là, on débloque des fonds sans commune mesure avec ce dont nous avons besoin pour les services publics. »
Yves HOUSSON dans l'Humanité du 22 octobre 2008
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