L'inflation a progressé de 3,6% en un an selon l'INSEE

Publié le par Jihad WACHILL

L’inflation a progressé de 3,6 % en un an. L’accélération des prix a touché davantage les ménages modestes et ruraux, selon le rapport « France, portrait social » de l’INSEE.

Entre juin 2007 et juin 2008, l’inflation, ou plus exactement l’indice des prix à la consommation (IPC), a progressé de 3,6 %, a déclaré l’INSEE, lors de la présentation de son rapport « France, portrait social ». Une évolution jamais observée depuis 1991. Alimentée par la flambée du carburant et de l’alimentation, la hausse des prix a particulièrement rogné le budget de familles aux revenus modestes ou vivant dans les zones rurales. Des ménages dont les dépenses énergétiques et alimentaires représentent une part conséquente de leur budget. Selon l’INSEE, le prix de l’énergie a progressé de 18,8 %. Avec la montée du cours des matières premières agricoles, l’organisme public liste quelques produits dont les prix ont très fortement augmenté : « les produits laitiers (lait et crème : + 14,7 %, beurre : + 12,7 %) et les produits à base de céréales (pain : + 5,7 %, céréales y compris pâtes et riz : + 9,7 %) ».

Mais l’INSEE, très attaqué sur son indicateur au cours de l’année 2007 par certaines associations de consommateurs et par les deux principaux candidats à la présidentielle, a sauté sur l’occasion pour remettre son indicateur en selle. Nicolas Sarkozy avait estimé fin novembre que l’indice des prix devrait être changé, car il ne reflète « pas la réalité de la hausse des prix au quotidien ». De manière très pédagogique et muni de chiffres et de photos, le statisticien de l’INSEE Jérôme Accardo, chef de la division conditions de vie des ménages, a tenu à défendre l’IPC. Pour résumer, l’IPC vise à mesurer « une évolution pure des prix, soit à qualité constante ». Par exemple, un téléviseur bas de gamme pris dans le panier de biens de l’IPC restera un téléviseur bas de gamme, seul le prix différera. À l’inverse, le consommateur étudiera le « coût de la vie » de telle façon que le téléviseur bas de gamme évoluera et deviendra alors un écran plat LCD. Dans le premier cas, l’INSEE estime un prix divisé par deux alors que, dans le deuxième cas, le prix est six fois plus important. Pour l’INSEE, ces écarts expliquent en grande partie le décalage entre inflation officielle et hausse des prix perçue. Après avoir soulevé le coût important de la mise en place de l’indicateur « coût de la vie », l’INSEE a tenu à conforter son baromètre historique : « Au cours de la période estimée, ce nouvel indicateur est resté stable, très légèrement au-dessus de l’IPC. »

Clotilde MATHIEU dans l'Humanité du 6 novembre 2008
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Publié dans France - Eco-Social

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