Tarifs de bus à Amiens : ce qu’il y aurait à revoir…

Publié le par Jihad WACHILL

Les transports en commun : c’est peut-être la question centrale sur laquelle sera jugée l’actuelle équipe municipale amiénoise. Rien d’illogique en cela, finalement, puisque c’était, lors des dernières élections municipales, un des points qui avaient focalisé le débat entre l’ancien exécutif de droite et son opposition d’alors, devenue depuis l’actuelle majorité municipale.


L’occasion de décortiquer les tarifs pratiqués (hérités de l’époque DE ROBIEN) et de les comparer à ce qui se fait ailleurs en Picardie. Nous ne rentrerons pas ici dans la problématique de la gratuité totale des transports (pratiquée à Compiègne, par exemple), un débat que nous traiterons sans doute dans un prochain numéro.


Dans l’agglomération amiénoise, le ticket de bus est à 1,20€, ce qui est tout de même relativement cher au regard du service fourni. On peut acheter les tickets par carnets de 10 à 9,90€. Une particularité amiénoise, véritable anomalie : l’absence de tarif réduit sur les carnets de tickets.


Il existe des abonnements mensuels, par ailleurs. L’existence du " VELAM " conduit à différencier les abonnements " bus + vélo " (33€ en tarif normal) des simples abonnements de bus (25€ en tarif normal). Cette distinction est-elle nécessaire ? De plus, il convient de remarquer que les réductions pratiquées pour les étudiants et les lycéens (du moins la réduction de base) sont relativement faibles (en particulier pour les abonnements " bus + vélo ") : 10 ou 15% de réduction pour les étudiants ; 15 ou 25% pour les lycéens.


Les abonnements annuels, enfin. Là, plus de tarifs " bus + vélo ", mais seulement un abonnement de bus à 238 euros. Une incohérence dans la tarification.... Les réductions sont plus importantes ici, bien que les tarifs restent assez élevés : 25% de réduction pour les étudiants : 35% pour les lycéens.


La différence de traitement entre les étudiants et les lycéens est l’anomalie la plus flagrante au niveau de ces abonnements : dans les autres villes de Picardie pratiquant des réductions pour les jeunes, le tarif est le même pour étudiants et lycéens (on parle alors de tarif " scolaire "…). C’est pourquoi un syndicat étudiant amiénois, la FSE, réclame, par exemple, l’alignement des tarifs étudiants sur les " tarifs scolaires ", celui des lycéens. Quant à la limite d’âge à 26 ans pour l’abonnement étudiant, elle n’est pas toujours pratiquée ailleurs.

De plus, des catégories de la population amiénoise peuvent bénéficier de la gratuité des bus: chômeurs, titulaires du RSA, personnes handicapées à 80% ou plus, personnes âgées… En soi, il s’agit d’une bonne chose.

Néanmoins, des catégories peuvent être oubliées ici : les étudiants, par exemple, qui ne peuvent généralement pas bénéficier du RSA (avant 25 ans) ou des allocations chômage (s’ils ne sont pas en recherche effective d’emploi). D’où la revendication, mise en avant aussi par la FSE, de gratuité pour les étudiants boursiers ou exonérés de frais d’inscription pour raisons sociales par l’université.


La prise en compte des personnes en situation de handicap est aussi assez lacunaire : ne bénéficient de la gratuité que les personnes reconnues en handicap à 80% ou plus, ce qui pose problème du fait de la pratique assez malsaine de la COTOREP de placer beaucoup de personnes à… 79% ! Ainsi, à 1% près, beaucoup d’usagers basculent de la gratuité au plein tarif, ce qui est pour le moins abrupt.


Enfin, ne conviendrait-il pas de laisser une marge de souplesse en donnant la possibilité aux Centres communaux d’action sociale, comme c’est le cas à Creil, de pouvoir faire attribuer un quota de tickets ou abonnements gratuits (ou réduits) à des cas particuliers pour faire face à des situations d’urgence sociale (qui ne rentrent pas toujours dans des "cases" préétablies…) ?

Article paru en septembre 2009 dans l'Aube nouvelle (journal communiste amiénois)

Publié dans Picardie

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article