Abolition de l'esclavage: et si on parlait des négriers modernes?

Publié le par Jihad WACHILL

Samedi 10 mai, le Président de la République a pris la parole, dans les jardins du Luxembourg, "dans le cadre de la journée commémorative des mémoires de la traite négrière, de l'esclavage et de leurs abolitions", pour reprendre les termes du communiqué de l'Elysée.

Nicolas Sarkozy  a appelé "à regarder de façon lucide et apaisée" ce "crime contre l'humanité". Mais il ne s'est pas étendu sur la réalité concrète de l'esclavage, officialisé au XVIIème siècle, par le Code Noir (qui
définissait le Statut juridique des esclaves en plus de quarante articles).

Le Président, au-delà de fortes paroles prononcées contre le système esclavagiste, n'a pas eu un mot pour en condamner les promoteurs et les bénéficiaires. Il lui est plus facile de considérer "la France", comme responsable de ce crime. Ce ne furent pas les "manants" mais les riches de l'époque qui sont à l'origine du Code. Sarkozy n'a pas évoqué les fortunes gigantesques amassées par les  négriers, les armateurs des ports de l'Atlantique, à l'origine des richesses immobilières que l'on peut encore admirer qur les quais de Bordeaux, de La Rochelle et de Nantes, pour le plus grand profit de grandes familles de la bourgeoisie portuaire actuelle.

Le Président n'a pas rendu hommage à la Révolution française, plus précisément à la Convention,  qui a aboli ce négoce sanglant le 17 février 1794.

Il n'a pas dénoncé Napoléon qui  rétablit l'esclavage en 1802.

Il n'a pas non plus célébré la révolte des Noirs de Haïti, dirigée par Toussaint-Louverture et la guerre de libération, qui infligea la première lourde défaite à l'armée impériale.

Certes, les enfants des écoles seront tenus d'apprendre les méfaits de l'esclavagisme. Mais il leur sera présenté comme un phénomène d'autrefois, qui n'a plus cours de nos jours.Pourtant, l'exploitation des hommes n'a pas cessé avec le Code Noir. Le colonialisme, autre forme  d'esclavagisme, a sévi tout au long du XXème siècle, même s'il a évolué dans ses formes,  sous la pression des peuples soumis.

Et Nicolas Sarkozy saluait, encore récemment, "les points positifs de la colonisation"...

Il n'a pas parlé non plus de l'esclavage moderne, de la mort au travail, des tués par les cadences et l'amiante, des suicidés et des condamnés par le stress et l'exploitation sans limites.

Il est vrai que le Président a été promu à l'Elysée par les
nouveaux négriers.

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Publié dans International

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J
Trouvé sur le blog très intéressant de Jean LEVY: http://canempechepasnicolas.over-blog.com
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