Traité européen "simplifié" : le NON passe en tête en Irlande

Publié le par Jihad WACHILL

A une semaine du référendum irlandais sur le Traité européen, le "non" est pour la première fois donné en tête des intentions de vote par un sondage publié ce vendredi.

Les Irlandais doivent se prononcer jeudi prochain par référendum sur le Traité de Lisbonne. Ratifié en France par le Congrès de Versailles, il s’agit du Traité "simplifié" de Nicolas Sarkozy, copié/collé de celui rejeté en 2005 par les Français et les Néerlandais.

Celui-ci devant être ratifié par la totalité des 27 Etats membres, cela signifie qu’un "Non" irlandais pourrait faire dérailler la machine institutionnelle de l’Union Européenne (UE). Pour l’heure, quatorze pays l’ont ratifié.

Selon une étude de l’institut TNS/mrbi pour l’Irish Times, le "non" serait crédité de 35% des intentions de vote contre 30% pour les partisans du "oui". Les indécis représentent 28% des 1.000 personnes interrogées. Ils sont par ailleurs 7% à dire qu’ils ne voteront pas le 12 juin.

En trois semaines, précise l’institut, le camp du non a plus que doublé. Les partisans du traité reculent eux de cinq points.

D’autres instituts de sondage avaient mesuré ces dernières semaines une remontée du "non" dans les intentions de vote.

Face à la montée du "non", les tenants du "oui" que sont les trois principaux partis politiques, soit 95% des élus parlementaires, craignent de voir se répéter le scénario de 2001. Par référendum, les Irlandais avaient alors rejeté le Traité de Nice à plus de 58%.

Le camp du "non" s’appuie sur les partis de gauche et notamment 11 organisations telles que Sinn Fein, le Parti socialiste ou encore le Parti communiste d’Irlande. Ils se sont constitués en collectif et font campagne sur la neutralité militaire, le manque de démocratie dans le Traité, et également contre les attaques faites aux droits sociaux et aux services publics.

Les récents sondages qui montrent une possible victoire du "non" ont entraîné une mobilisation des dirigeants européens. Craignant un nouveau blocage de ce Traité après celui de 2005, ils sont nombreux à se rendre à Dublin pour faire campagne aux côtés des tenants du "oui". En avril dernier, le président de la commission européenne était venu pour affirmer : « en cas de victoire du "non", (…) il n’y a pas de plan B ». Ça ne vous rappelle rien ?
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Publié dans Europe - UE

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J
Article de Jean LEVY sur son blog: http://canempechepasnicolas.over-blog.com/<br /> <br /> Le Monde, sur cinq colonnes à l'Une, traduit le désarroi de nos élites dirigeantes face au sondage donnant le NON gagnant en Irlande. On peut lire ce titre effarant :<br /> "Référendum A quelques jours du vote sur le traité de Lisbonne, l'inquiétude gagne les Vingt-sept".<br /> <br /> Les Vingt-Sept ? Il ne peut donc s'agir, pour le quotidien du soir, que de l'attitude des gouvernements, seuls pris en compte. En effet, s'il en était autrement, le "vingt-septième", l'Irlande, son peuple ne pourrait être "inquiet" du NON supposé, puisque les citoyens auraient voté majoritairement contre le traité.<br /> <br /> Un sondage de ce jour donne le OUI à 41% (+ 1%, en deux semaines), et le NON à 39% (+ 6% dans le même laps de temps). L'écart se ressère donc, selon cet institut.<br /> <br /> Mais rien n'est encore joué.Il n'en reste pas moins qu'une large partie de l'électorat irlandais contredit les élus et "l'élite" de ce pays.<br /> <br /> On savait le mépris affiché pour les peuples. Il rappelle singulèrement celui des aristocrates, à la veille de la Révolution, vis-à-vis des manants. Aujourd'hui, les peuples sont inscrits à Bruxelles et dans toutes les capitales de l'Union, sur le registre des "objets perdus" (et "non identifiés"). On mesure ainsi le vide sidéral du concept "démocratie", employé en permanence par la classe politique.<br /> <br /> Quand, dans le langage des médias, on parle des "pays riches", l'image ne fait référence qu'à la caste étroite des privilégiés. Pas des populations. Seul compte l'indice du CAC 40, le cours des matières premières, les Cent familles françaises les plus fortunées, le montant des "parachutes dorés", les soirées chez Prada, les "Falcon" pour milliardaires, les yachts de Bolloré.<br /> <br /> Les travailleurs pauvres, les SDF, les immigrés sans papiers, la misère dissimulée de millions de foyers, la mort au travail, le stress généralisé, pour ceux qui nous gouvernent, ce ne sont là que scories à évacuer.<br /> <br /> Pourquoi solliciter leur avis et, pendant que vous y êtes, les appeler, par référendum, à se prononcer ? Sur ce point, Sarkozy disait sagement : <br /> "Si on interrogeait les peuples des Vingt-Sept pays, sur le traité de Lisbonne, ils répondraient NON !".<br /> <br /> D'où le recours au vote des seuls parlementaires. Avec eux, rien à craindre. <br /> Déjà, à 95%, ils avaient approuvé le projet de constitution, rejeté en mai 2005, par 55% des Français. De même, en Irlande, où le réréfendum est obligatoire, 160 députés sur 166 ont ratifié le traité de Lisbonne. Tous les "grands" partis, celui de droite qui gouverne, comme les travaillistes dans "l'opposition", les évêques, les médias, les dirigeants des syndicats et, comme de bien entendu, les patrons, tous battent le pavé pour le OUI.<br /> <br /> Nous verrons jeudi si le NON sera, par contre coup, "un pavé dans la mare" européenne.<br /> Mais, déjà, le recours au peuple s'inscrit dans un processus "dangereux" qui "inqiète" l'ordre européen.<br /> <br /> Raison de plus pour faire campagne en faveur d'un référendum, en France, pour que le peuple, mis à l'écart, puisse s'exprimer.
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J
Trouvé sur le site du journal l'Humanité: http://www.humanite.fr/Traite-europeen-le-Non-passe-en-tete-en-Irlande
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