Voyage à Cuba

Publié le par Jihad WACHILL

Je serai tenté de dire Cuba va bien ! En tout cas Cuba va beaucoup mieux. Cela, évidemment, ne signifie nullement qu’il n’y a plus de problèmes. Mais au premier regard, par rapport à 2004, l’amélioration est évidente…. Les stations services fonctionnent, la circulation automobile est beaucoup plus dense au point d’ailleurs d’apporter quelques désagréments la nuit dans le quartier où se trouve notre hôtel. De nombreux bus, dont certains de marque chinoise, flambant neufs, sillonnent les rues de La Havane et les belles américaines, si gourmandes en carburant, ont fait leur retour en masse.

Certes le Venezuela et l’ALBA sont passés par là ; mais pas seulement. En 1990, 98% des besoins énergétiques provenaient de l’URSS ; aujourd’hui Cuba produit elle-même 48% de ses besoins. Alors, exit les nombreuses coupures d’électricité qui agaçaient la population et qui, surtout, désorganisaient la production. De nombreuses difficultés subsistent et Raul Castro, dans son discours de clôture de la session du comité central à la veille du 1er mai, a mis l’accent sur la nécessité d’élever le niveau de vie. Les médias occidentaux se sont empressés de souligner, à juste titre, que de nombreux Cubains ne pourraient pas avoir accès aux articles en vente au prix du marché, à cause de leur prix élevé par rapport au salaire relativement modeste en vigueur à Cuba. Néanmoins, cette réalité concerne une immense partie de la population mondiale qui vit dans la pauvreté et dont les principales préoccupations ne sont pas d’acquérir un micro-ondes mais de manger trois fois par jour et d’avoir accès à la santé et à l’éducation, angoisses absentes de Cuba.

La Chine est devenue le second partenaire commercial de l’Ile, après le Venezuela. Mais les rapports commerciaux Chine-Cuba ne sont en rien comparables avec ce qui existait entre l’URSS et Cuba. Cuba achète à la Chine au prix du marché avec cependant des crédits et des délais de paiement favorables. Mais là encore, l’ignoble blocus de l’Empire freine le développement économique du pays. Tous ces produits arrivant du bout de la planète coûtent une fortune en transport alors qu’ils pourraient être achetés aux Etats-Unis, à quelques 120 kilomètres des côtes cubaines.

Réalité du socialisme

Lors des discussions, les camarades de la direction du PC cubain nous font remarquer que Cuba et la Chine sont deux pays profondément différents. En Chine, 80% de la population se trouve à la campagne ; à Cuba c’est exactement l’inverse. Les problèmes à résoudre ne sont pas les mêmes et, ajoutent-ils, Cuba développe un socialisme propre à ses traditions. Le socialisme ne se copie pas, insistent nos interlocuteurs. Après 1990, Cuba a pu relever le drapeau du socialisme, entre autres raisons, parce qu’il n’avait jamais calqué de modèle. Et si demain d’importants changements sont à attendre, ce ne peut être que dans le sens de l’amélioration des conditions de vie de l’ensemble de la population. " Vous ne verrez jamais ici un dirigeant du Parti dans une Mercedes " nous déclare en souriant Oscar Martinez un des responsables de la section internationale du PCC. Et ces changements ne sont rendus possibles que par le développement de rapports nouveaux entre Etats, tel l’ALBA qui permet à Cuba d’échanger médecins et enseignants contre pétrole, ou avec d’autres structures de coopération comme Pétrocaribe. Le socialisme, il existe, il est réel, on peut le mesurer en terme de statistiques, de pourcentages, d'espérance de vie, d'accès aux soins sanitaires, à l'éducation, à l'alimentation, au développement scientifique et technologique. Autrement dit, on peut le voir, l'entendre, le goûter, le toucher et le sentir.

C’est ce qu’à pu constater notre délégation au cours d’un programme riche et varié : visites d’usine, écoles, polyclinique, rencontres avec les directions du Parti en province, avec la jeunesse communiste, et trois entretiens au comité central du Parti. Sans oublier ces grands moments : l’émotion au mausolée du Che et de ses compagnons d’arme à Santa Clara et l’enthousiasme au défilé du 1er mai, dans la tribune officielle, à quelques mètres de Raul et des dirigeants du Parti, du syndicat et de l’Etat.

Dès la fête de l’Huma va s’ouvrir une période de commémoration du 50ème anniversaire de la Révolution. Nous y prendrons toute notre place, tant il est vrai que, plus que jamais, défendre Cuba c’est se défendre nous-mêmes car la bataille idéologique en France passe souvent par Cuba
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Daniel ANTONINI dans Initiative communiste de juin-juillet 2008

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Publié dans Amérique latine

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