PODER POPULAR: la démocratie participative version cubaine
Lénine disait déjà que " le pouvoir des Soviets est mille fois plus démocratique que la plus démocratique des républiques bourgeoises ". Il ne confondait pas, comme Besancenot ou Buffet, le pluripartisme et la démocratie, dont il avait une conception de classe.
A Cuba il en va de même et nous avons rencontré Jorge Lezcano Pérez, collaborateur du Président de l’Assemblée Nationale, ancien ambassadeur de Cuba au Brésil, qui nous a détaillé les institutions authentiquement démocratiques de Cuba et répondu à nos nombreuses questions.
Sans entrer dans le détail des institutions de la République Cubaine, il faut retenir une volonté affirmée d’institutions originales, adaptées à la réalité cubaine, à son histoire, à sa culture, rejetant toute copie, tout modèle institutionnel. Et deuxièmement la volonté, toute aussi forte, de participation, d’initiative et de contrôle populaire.
Un exemple : à Cuba ce ne sont pas les partis qui désignent les candidats à la députation, donc pas le Parti communiste. Ce sont les citoyens réunis au niveau du quartier et qui choisissent au suffrage universel et secret, deux à huit candidats. Parmi eux et toujours au suffrage universel et secret seront désignés les candidats qui affronteront le suffrage final et qui verra le candidat ayant plus de 50% des voix élu député. Ainsi ce sont les citoyens qui désignent les candidats et les élisent.
Un Parlement à l’image du peuple
L’enregistrement sur les listes électorales se fait automatiquement à 16 ans, dans la circonscription du lieu d’habitation. Le vote n’est pas obligatoire, ce qui n’empêche pas une participation massive de 97% ….loin des 50% d’abstention chroniques dans nos " démocraties exemplaires " (parmi les plus pauvres des citoyens, retour camouflé au vote censitaire). Sans compter qu’à Cuba tous le monde peut être candidat contrairement à nos " démocraties exemplaires " où être multimillionnaire " aide " le suffrage universel, sans même parler de la plus grande démocratie du monde, les Etats-Unis d’Amérique, où seuls les milliards de dollars permettent d’être un candidat crédible.
Résultat de ce mode de désignation et d’élection des candidats : à Cuba les députés sont à l’image du peuple - des jeunes (le plus jeune a 18 ans !), des ouvriers, des paysans, des intellectuels….qui ne sont pas là pour faire carrière car ils poursuivent leurs activités professionnelles, ce qui permet de rester au service de ceux qui vous ont élu en partageant leur vie concrètement : pendant les cessions parlementaires ils sont payés par leurs entreprises et leurs frais par l’Assemblée Nationale.
Du coup la moyenne d’âge des députés est de 42 ans à Cuba contre …57 en France. Il y a 27% de femmes contre…12% en France, 27% d’ouvriers contre… 0,4% en France !... Quel est le système le plus démocratique ?
Enfin n’oublions pas qu’il y a tous les ans un compte-rendu d’activité du député à sa base qui peut le démettre de sa charge élective s’il a trahi ses engagements (on pense à tous ces députés socialistes qui ont permis l’adoption du carcan européen après avoir juré qu’ils exigeraient un référendum….).
Le rôle dirigeant du Parti Communiste est affirmé constitutionnellement mais les institutions cubaines font que seuls la confiance, le lien et la reconnaissance des masses de ce rôle permet au Parti d’être l’avant-garde dirigeante non décrétée mais conquise chaque jour par le travail avec et pour les masses. Ce n’est que par leur exemple, leur action que les communistes seront désignés et élus comme candidats, et pas sur une étiquette qui pourrait servir de passeport aux arrivistes…
Et c’est tout cela qui explique le nom même de la représentation nationale à Cuba : Assemblée Nationale du POUVOIR POPULAIRE.
Antoine MANESSIS dans Initiative communiste de juin-juillet 2008