L’OTAN prend fait et cause pour Tbilissi
Bruxelles : Sans surprise, les pays membres ont adopté une déclaration appuyant la Géorgie et invitant fermement la Russie à ne pas s’opposer à l’élargissement de l’Alliance atlantique.
À la demande des États-Unis, les ministres des Affaires étrangères des 26 pays membres de l’OTAN ont tous répondu présent. Aucun d’entre eux n’a élevé la moindre objection. Et, sans surprise, cette alliance militaire créée en pleine guerre froide, dont on connaît le rôle actif durant les guerres coloniales (Indochine et Algérie), a adressé une mise en garde à la Russie. La secrétaire d’État américaine Condoleezza Rice est la première à s’en féliciter : « Nous avons obtenu ce que nous cherchions », a-t-elle déclaré, citant trois sujets de satisfaction : le soutien de l’OTAN à « la démocratie géorgienne », « un message fort à la Russie lui disant qu’elle doit tenir parole » et « une déclaration très claire de l’Alliance que la création par la Russie d’une nouvelle limite en Europe au-delà de laquelle on ne pourrait pas espérer un avenir transatlantique est inacceptable ».
Un début de revirement
Autrement dit, la Russie est fermement invitée à ne pas s’opposer à l’élargissement de l’Alliance atlantique, voire à l’installation à ses frontières de bases militaires et autres moyens de dissuasion militaires. En outre, tout en invitant la Russie à se conformer à l’accord de paix qu’elle a signé, les membres de l’Alliance atlantique ont décidé de créer une commission OTAN-Géorgie afin de resserrer leurs liens avec Tbilissi.
De fait, l’intrusion de l’OTAN dans la crise russo-géorgienne propulse les États-Unis dans la crise du Caucase et rend beaucoup plus difficile l’application de l’accord en 6 points négocié par Nicolas Sarkozy au nom de l’UE. Avec cette position plutôt équilibrée destinée à trouver un cessez-le-feu et à avancer des pistes de sortie du conflit géorgien, la France et l’Europe se refusaient à s’aligner sur les États-Unis qui avaient pointé du doigt la responsabilité de la seule Russie.
Depuis hier, Paris semble avoir amorcé un début de revirement. L’argument avancé par Bernard Kouchner, qui s’est dit « déçu » de l’absence de retrait « réel » des forces russes, cache mal le fait que la France obtempère, en fait, aux injonctions de Washington et de ses alliés. La Russie est de fait désignée comme un agresseur et Mikhaïl Saakachvili, un moment ébranlé par son aventure en Ossétie du Sud, se voit dès lors conforté dans ce qu’il avait entrepris.
Toujours plus vers l’atlantisme
La Russie n’a pas tardé à réagir, accusant l’OTAN d’avoir pris « Saakachvili sous sa protection », et menace de geler sa coopération avec l’OTAN, notamment en ce qui concerne l’Afghanistan. « Le rythme de nos actes futurs dépendra de la façon dont Tbilissi s’acquittera de ce que l’on attend d’elle », a estimé Moscou. Au-delà de la question du retrait des forces russes, la crainte d’un durcissement de la Russie et d’un face-à-face avec l’OTAN, qui prend le relais d’une UE inclinant toujours davantage vers l’atlantisme, n’est plus à écarter.
Hassane ZERROUKY dans l'Humanité du 20 août 2008
À la demande des États-Unis, les ministres des Affaires étrangères des 26 pays membres de l’OTAN ont tous répondu présent. Aucun d’entre eux n’a élevé la moindre objection. Et, sans surprise, cette alliance militaire créée en pleine guerre froide, dont on connaît le rôle actif durant les guerres coloniales (Indochine et Algérie), a adressé une mise en garde à la Russie. La secrétaire d’État américaine Condoleezza Rice est la première à s’en féliciter : « Nous avons obtenu ce que nous cherchions », a-t-elle déclaré, citant trois sujets de satisfaction : le soutien de l’OTAN à « la démocratie géorgienne », « un message fort à la Russie lui disant qu’elle doit tenir parole » et « une déclaration très claire de l’Alliance que la création par la Russie d’une nouvelle limite en Europe au-delà de laquelle on ne pourrait pas espérer un avenir transatlantique est inacceptable ».
Un début de revirement
Autrement dit, la Russie est fermement invitée à ne pas s’opposer à l’élargissement de l’Alliance atlantique, voire à l’installation à ses frontières de bases militaires et autres moyens de dissuasion militaires. En outre, tout en invitant la Russie à se conformer à l’accord de paix qu’elle a signé, les membres de l’Alliance atlantique ont décidé de créer une commission OTAN-Géorgie afin de resserrer leurs liens avec Tbilissi.
De fait, l’intrusion de l’OTAN dans la crise russo-géorgienne propulse les États-Unis dans la crise du Caucase et rend beaucoup plus difficile l’application de l’accord en 6 points négocié par Nicolas Sarkozy au nom de l’UE. Avec cette position plutôt équilibrée destinée à trouver un cessez-le-feu et à avancer des pistes de sortie du conflit géorgien, la France et l’Europe se refusaient à s’aligner sur les États-Unis qui avaient pointé du doigt la responsabilité de la seule Russie.
Depuis hier, Paris semble avoir amorcé un début de revirement. L’argument avancé par Bernard Kouchner, qui s’est dit « déçu » de l’absence de retrait « réel » des forces russes, cache mal le fait que la France obtempère, en fait, aux injonctions de Washington et de ses alliés. La Russie est de fait désignée comme un agresseur et Mikhaïl Saakachvili, un moment ébranlé par son aventure en Ossétie du Sud, se voit dès lors conforté dans ce qu’il avait entrepris.
Toujours plus vers l’atlantisme
La Russie n’a pas tardé à réagir, accusant l’OTAN d’avoir pris « Saakachvili sous sa protection », et menace de geler sa coopération avec l’OTAN, notamment en ce qui concerne l’Afghanistan. « Le rythme de nos actes futurs dépendra de la façon dont Tbilissi s’acquittera de ce que l’on attend d’elle », a estimé Moscou. Au-delà de la question du retrait des forces russes, la crainte d’un durcissement de la Russie et d’un face-à-face avec l’OTAN, qui prend le relais d’une UE inclinant toujours davantage vers l’atlantisme, n’est plus à écarter.
Hassane ZERROUKY dans l'Humanité du 20 août 2008
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