Les réformes Darcos ne convainquent pas
ÉDUCATION : Selon un sondage CSA, à peine 40 % des Français approuvent les mesures engagées pour l’école maternelle et primaire. Un camouflet
C’est une vilaine claque pour Xavier Darcos. Et une demi-surprise pour les syndicats. Selon un sondage CSA, publié hier par le SNUipp-FSU, la politique du gouvernement en matière d’éducation est loin de faire l’unanimité dans l’opinion publique. Seuls 40 % des personnes interrogées estiment que les réformes engagées dans les écoles maternelles et primaires vont « plutôt dans le bon sens ». Ils sont 37 % à penser l’inverse et 23 % à ne pas se prononcer. Un camouflet.
LES FRANÇAIS PAS DUPES
Ainsi le retour – démagogique – de la « morale » et du « par coeur » dans les petites classes ne séduit pas tant que ça. « On pensait que ces mesures avaient un accueil plus favorable », s’étonne encore Gilles Moindrot, le secrétaire général du SNUipp. La suite du sondage est encore moins tendre. Quel effet va avoir la réduction du nombre de postes d’enseignants sur la réussite scolaire ? « Plutôt négatif » répondent 68 % des sondés, contre seulement 9 % qui pensent l’inverse. Sur la réduction de l’échec scolaire, priorité des priorités du ministre de l’Éducation et du président de la République ? 51 % des Français estiment que le gouvernement va dans le « mauvais sens » (contre 39 %) ! « Ils ne croient pas que l’école fera mieux avec moins d’enseignants, souligne Gilles Moindrot. Ils ne sont pas dupes du discours ministériel. » Idem sur la valorisation du métier d’enseignant : 54 % des sondés (contre 37 %) ne font pas confiance à Xavier Darcos pour y remédier. Même la suppression du samedi, pourtant présentée comme une mesure attendue par la France entière, ne rassemble que 50 % de supporters, contre 38 % qui estiment qu’elle va « dans le mauvais sens » et 12 % qui ne se prononcent pas.
« DISCOURS ALARMISTES »
D’autres chiffres chiffonnent un peu plus le SNUipp. Considérée longtemps comme une réussite, l’école primaire n’est plus épargnée par les critiques. En l’espace d’un an, son image s’est dégradée. En 2007, 84 % des Français considéraient que l’école maternelle fonctionnait bien. Ils ne sont plus que 78 % dans ce cas cette année. Même constat pour l’école élémentaire : 71 % d’opinions favorables en août 2007, contre 65 % un an plus tard. Pour Gilles Moindrot, c’est là le résultat de la multiplication des « discours alarmistes » sur l’école primaire, dont Nicolas Sarkozy et Xavier Darcos se sont faits les spécialistes. « Avant, les critiques étaient ciblées sur le collège et le lycée. Mais depuis un an, le primaire a été présenté comme responsable de tous les maux du système scolaire. Cela crée dans l’opinion une inquiétude assez forte sur l’avenir de l’école. » Bref, présenté dans les médias comme le bon élève du gouvernement, Xavier Darcos voit, soudain, s’élargir le cercle des mécontents et des sceptiques. De mauvais augure à une semaine de la rentrée…
Laurent MOULOUD dans l'Humanité du 27 août 2008
C’est une vilaine claque pour Xavier Darcos. Et une demi-surprise pour les syndicats. Selon un sondage CSA, publié hier par le SNUipp-FSU, la politique du gouvernement en matière d’éducation est loin de faire l’unanimité dans l’opinion publique. Seuls 40 % des personnes interrogées estiment que les réformes engagées dans les écoles maternelles et primaires vont « plutôt dans le bon sens ». Ils sont 37 % à penser l’inverse et 23 % à ne pas se prononcer. Un camouflet.
LES FRANÇAIS PAS DUPES
Ainsi le retour – démagogique – de la « morale » et du « par coeur » dans les petites classes ne séduit pas tant que ça. « On pensait que ces mesures avaient un accueil plus favorable », s’étonne encore Gilles Moindrot, le secrétaire général du SNUipp. La suite du sondage est encore moins tendre. Quel effet va avoir la réduction du nombre de postes d’enseignants sur la réussite scolaire ? « Plutôt négatif » répondent 68 % des sondés, contre seulement 9 % qui pensent l’inverse. Sur la réduction de l’échec scolaire, priorité des priorités du ministre de l’Éducation et du président de la République ? 51 % des Français estiment que le gouvernement va dans le « mauvais sens » (contre 39 %) ! « Ils ne croient pas que l’école fera mieux avec moins d’enseignants, souligne Gilles Moindrot. Ils ne sont pas dupes du discours ministériel. » Idem sur la valorisation du métier d’enseignant : 54 % des sondés (contre 37 %) ne font pas confiance à Xavier Darcos pour y remédier. Même la suppression du samedi, pourtant présentée comme une mesure attendue par la France entière, ne rassemble que 50 % de supporters, contre 38 % qui estiment qu’elle va « dans le mauvais sens » et 12 % qui ne se prononcent pas.
« DISCOURS ALARMISTES »
D’autres chiffres chiffonnent un peu plus le SNUipp. Considérée longtemps comme une réussite, l’école primaire n’est plus épargnée par les critiques. En l’espace d’un an, son image s’est dégradée. En 2007, 84 % des Français considéraient que l’école maternelle fonctionnait bien. Ils ne sont plus que 78 % dans ce cas cette année. Même constat pour l’école élémentaire : 71 % d’opinions favorables en août 2007, contre 65 % un an plus tard. Pour Gilles Moindrot, c’est là le résultat de la multiplication des « discours alarmistes » sur l’école primaire, dont Nicolas Sarkozy et Xavier Darcos se sont faits les spécialistes. « Avant, les critiques étaient ciblées sur le collège et le lycée. Mais depuis un an, le primaire a été présenté comme responsable de tous les maux du système scolaire. Cela crée dans l’opinion une inquiétude assez forte sur l’avenir de l’école. » Bref, présenté dans les médias comme le bon élève du gouvernement, Xavier Darcos voit, soudain, s’élargir le cercle des mécontents et des sceptiques. De mauvais augure à une semaine de la rentrée…
Laurent MOULOUD dans l'Humanité du 27 août 2008
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