Tensions sur la mer Noire
Géorgie : Des navires de l’OTAN « manoeuvrent » en mer Noire tandis que le Conseil européen de lundi s’apprête à exprimer la réprobation, voire les sanctions de l’UE envers Moscou.
Hier à Douchanbé (Tadjikistan), l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS), qui regroupe la Russie, la Chine, le Kazakhstan, l’Ouzbékistan, le Tadjikistan et le Kirghizistan, s’est montrée relativement réservée dans son soutien à Moscou. La déclaration adoptée à l’issue du sommet ne mentionne pas la reconnaissance de l’indépendance de l’Ossétie du Sud et de l’Abkhazie. Elle se borne à saluer « l’approbation par Moscou des six principes du règlement du conflit en Ossétie du Sud et soutiennent le rôle actif de la Russie dans le maintien de la paix et la coopération dans cette région ».
« Les États membres de l’OCS, poursuit la déclaration, expriment leur profonde préoccupation face aux tensions qui ont ressurgi autour du dossier sud-ossète et appellent les parties intéressées à régler pacifiquement les problèmes existants en encourageant la réconciliation et le dialogue. » « Conformément à la position constante de la Chine sur ce genre de questions, affirme pour sa part Pékin, nous espérons que toutes les parties pourront résoudre le problème de manière appropriée par le dialogue et des consultations. » Interrogé sur une éventuelle reconnaissance de l’indépendance de ces républiques, le Kazakhstan, autre membre de l’OCS, a estimé « prématuré d’en parler ». À vrai dire, la prudence manifestée par l’OCS sur ce dossier s’explique certainement par le souci de cette organisation de ne pas apparaître comme une sorte d’alliance stratégique destinée à contrer l’OTAN.
Bien que n’ayant pas obtenu satisfaction sur toute la ligne, le président Medvedev semble avoir fait contre mauvaise fortune bon coeur : « Je suis persuadé que la position adoptée par les pays membres de l’OCS aura les répercussions internationales qu’elle mérite. J’espère aussi qu’elle enverra un signal sérieux à tous ceux qui tentent de justifier une agression évidente », avant d’ajouter dans une allusion aux États-Unis, que tout le monde sait « qui a laissé faire les autorités géorgiennes ».
En attendant, Moscou fait face à un vent de protestations internationales émanant des seules capitales occidentales. La menace de « sanctions envisagées » par certains pays de l’UE, évoquée hier par Bernard Kouchner, ne semble nullement inquiéter les dirigeants russes : lundi prochain, les 27 pays membres de l’UE devraient adopter une déclaration exprimant leur réprobation et peut-être l’annonce de sanctions mesurées à l’endroit de la Russie. Anticipant de telles mesures, le président russe déclarait lundi sur LCI ne pas redouter « une nouvelle guerre froide ». Et à propos des relations entre son pays et l’UE, il a indiqué que si les Européens « veulent la dégradation de ces relations, ils l’obtiendront bien entendu. Mais s’ils veulent sauvegarder les relations stratégiques, ce qui est totalement dans l’intérêt à la fois de la Russie et de l’Europe, tout ira bien ».
Plus inquiétant, la présence de cinq navires de guerre de l’OTAN en mer Noire officiellement « pour des exercices planifiés de longue date », venant s’ajouter aux deux navires de guerre américains à proximité des côtes géorgiennes, n’est pas faite pour apaiser les tensions : la Russie, qui a mis en garde l’OTAN contre toute violation d’un accord datant d’avant la Seconde Guerre mondiale - la convention de Montreux - qui limite le nombre et le type de vaisseaux militaires pouvant naviguer en mer Noire, a envoyé à son tour des navires de guerre. En bref, les voyants rouges ne sont pas près de s’éteindre.
Hassane ZERROUKY dans l'Humanité du 29 août 2008
Hier à Douchanbé (Tadjikistan), l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS), qui regroupe la Russie, la Chine, le Kazakhstan, l’Ouzbékistan, le Tadjikistan et le Kirghizistan, s’est montrée relativement réservée dans son soutien à Moscou. La déclaration adoptée à l’issue du sommet ne mentionne pas la reconnaissance de l’indépendance de l’Ossétie du Sud et de l’Abkhazie. Elle se borne à saluer « l’approbation par Moscou des six principes du règlement du conflit en Ossétie du Sud et soutiennent le rôle actif de la Russie dans le maintien de la paix et la coopération dans cette région ».
« Les États membres de l’OCS, poursuit la déclaration, expriment leur profonde préoccupation face aux tensions qui ont ressurgi autour du dossier sud-ossète et appellent les parties intéressées à régler pacifiquement les problèmes existants en encourageant la réconciliation et le dialogue. » « Conformément à la position constante de la Chine sur ce genre de questions, affirme pour sa part Pékin, nous espérons que toutes les parties pourront résoudre le problème de manière appropriée par le dialogue et des consultations. » Interrogé sur une éventuelle reconnaissance de l’indépendance de ces républiques, le Kazakhstan, autre membre de l’OCS, a estimé « prématuré d’en parler ». À vrai dire, la prudence manifestée par l’OCS sur ce dossier s’explique certainement par le souci de cette organisation de ne pas apparaître comme une sorte d’alliance stratégique destinée à contrer l’OTAN.
Bien que n’ayant pas obtenu satisfaction sur toute la ligne, le président Medvedev semble avoir fait contre mauvaise fortune bon coeur : « Je suis persuadé que la position adoptée par les pays membres de l’OCS aura les répercussions internationales qu’elle mérite. J’espère aussi qu’elle enverra un signal sérieux à tous ceux qui tentent de justifier une agression évidente », avant d’ajouter dans une allusion aux États-Unis, que tout le monde sait « qui a laissé faire les autorités géorgiennes ».
En attendant, Moscou fait face à un vent de protestations internationales émanant des seules capitales occidentales. La menace de « sanctions envisagées » par certains pays de l’UE, évoquée hier par Bernard Kouchner, ne semble nullement inquiéter les dirigeants russes : lundi prochain, les 27 pays membres de l’UE devraient adopter une déclaration exprimant leur réprobation et peut-être l’annonce de sanctions mesurées à l’endroit de la Russie. Anticipant de telles mesures, le président russe déclarait lundi sur LCI ne pas redouter « une nouvelle guerre froide ». Et à propos des relations entre son pays et l’UE, il a indiqué que si les Européens « veulent la dégradation de ces relations, ils l’obtiendront bien entendu. Mais s’ils veulent sauvegarder les relations stratégiques, ce qui est totalement dans l’intérêt à la fois de la Russie et de l’Europe, tout ira bien ».
Plus inquiétant, la présence de cinq navires de guerre de l’OTAN en mer Noire officiellement « pour des exercices planifiés de longue date », venant s’ajouter aux deux navires de guerre américains à proximité des côtes géorgiennes, n’est pas faite pour apaiser les tensions : la Russie, qui a mis en garde l’OTAN contre toute violation d’un accord datant d’avant la Seconde Guerre mondiale - la convention de Montreux - qui limite le nombre et le type de vaisseaux militaires pouvant naviguer en mer Noire, a envoyé à son tour des navires de guerre. En bref, les voyants rouges ne sont pas près de s’éteindre.
Hassane ZERROUKY dans l'Humanité du 29 août 2008
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