Le « plan réussite licence » de PECRESSE : une vision utilitariste de nos études à combattre !
L’autonomie des universités se met en place par " vagues ". Avec un alignement sur le système universitaire américain dans ce qu’il a de plus pervers : une conception utilitariste et " managériale " de l’université. Ainsi prennent corps les inquiétudes de voir s’institutionnaliser la mise en concurrence entre universités, filières et étudiants, et à terme le passage à une sélection à l’entrée et à bac+3 et une hausse substantielle des frais d’inscription.
Dans la foulée de l’autonomie des universités, la réforme de la licence n’est pas anodine : elle risque de vider la licence de tout contenu pédagogique cohérent au nom de la pluridisciplinarité et d’une conception utilitariste de l’enseignement supérieur. D’où une probable dévalorisation de ce diplôme, dont le contenu s’éloigne ainsi sensiblement des exigences d’esprit critique propres à la recherche au profit des exigences utilitaristes et à courte vue du patronat.
Ainsi, un semestre serait désormais consacré en cours de licence à un stage obligatoire. Quelle applicabilité pour les " humanités ", pour commencer ? Pire, cette mesure est dans les faits porteuse de sélection sociale par l’argent, surtout pour les 50% d’étudiants qui ont besoin de se salarier pour financer leurs études et pour lesquels ce stage sera synonyme de manque à gagner. Car, en parallèle, la pratique des stages non-rémunérés (stages de moins de 3 mois) ou mal rémunérés (30% du SMIC ensuite), est légalisée par le Gouvernement. Celui-ci entend fournir au patronat une main d'oeuvre étudiante serviable et corvéable à merci, précarisant ainsi toujours plus étudiants comme salariés.
Face à cela, exigeons un vrai diplôme, un vrai emploi, un vrai salaire !