A propos du mouvement des IUT
ETUDIANTS DES IUT, NOUS AVONS LES MEMES INTERETS :
ALORS AGISSONS TOUS ENSEMBLE !
Depuis plusieurs semaines, les IUT sont mobilisés pour préserver une définition nationale des programmes et des modalités pédagogiques des DUT et le "fléchage de leurs moyens financiers et humains". En clair, pour conserver un cadrage national de leur diplôme et le statut d'autonomie budgétaire et de gestion du personnel des IUT au sein des universités, avec un budget directement attribué par le Ministère de l'Enseignement supérieur aux IUT, et une dotation en postes statutaires là encore définies nationalement par le Ministère.
Le Comité universitaire de mobilisation de l’UPJV, regroupant étudiants et personnels, est solidaire de ce mouvement sur ses revendications de base que sont le cadrage national des diplômes et le "fléchage des moyens". Soutien critique toutefois au vu des ambiguités fortes et du corporatisme diviseur que nous percevons actuellement au niveau de ce mouvement.
Tout d'abord, le grand écart affiché par ce mouvement à propos de la loi LRU (l'autonomie des universités) est pour le moins accrobatique: comment peut-on afirmer soutenir (ou du moins accepter une loi) tout en se mobilisant contre des mesures qui en découlent directement? En effet, c'est bien la loi LRU qui abroge les dispositions législatives antérieures à propos du fléchage des moyens des IUT. Par ailleurs, l'une des principales critiques développées contre la loi LRU lors du mouvement étudiant de l'an dernier était justement la remise en cause par cette loi du cadre national des diplômes. Les DUT ne font donc pas exception à la règle sur ce plan, ouvrant la voie à des convergences possibles avec l'ensemble de la communauté universitaire. A condition toutefois de sortir du régistre schizophrène et nombriliste, de type "oui à la loi LRU mais non à son application au niveau des IUT". Ce flou, loin d'être un avantage, est au contraire de nature à isoler le mouvement des IUT en empêchant dans les faits l'émergences de solidarités de la part du reste de la communauté universitaire.
Ensuite, le caractère corporatiste et sous tutelle d’une partie des enseignants (pour ne pas dire téléguidé par le directeur de l'IUT...) de ce mouvement. Les étudiants ne sont pas là pour servir de "petits soldats" aux directeurs d'IUT de France et à une partie des enseignants de l'IUT d'Amiens dans leur volonté de préserver un fléchage des moyens qui correspond aussi pour eux à des intérêts catégoriels. Il ne s'agit d'ailleurs pas ici de leur reprocher en soi de défendre leur intérêts, d'autant plus que ces intérêts se révèlent largements convergents avec ceux des étudiants, posant l'enjeu d'un service public de qualité dans les IUT. Néanmoins, en enfermant cette mobilisation dans un cadre corporatiste aux revendications ambigües, le noyau dur de l'équipe enseignante regroupée autour du directeur de l'IUT, qui a la prétention de guider le mouvement et en confisque la direction, mène la mobilisation étudiante dans une problable impasse.
Les intérêts des étudiants de l'IUT ne se résument d'ailleurs pas à la question du fléchage des moyens financiers dans les IUT : outre la question du cadrage national des diplôme, sur laquelle ils se retrouvent objectivement avec les autres étudiants pour contester la loi LRU, ils sont au moins aussi touchés par la progression de la précarité étudiante et les projets gouvernementaux très inquiétants sur le devenir des oeuvres universitaires et sociales. Dans la droite ligne de la loi LRU, le rapport Lambert prévoit un véritable dépeçage des actuelles oeuvres universitaires et sociales : on peut parler ici de "régionalisation" des oeuvres universitaires et sociales, source probable de creusement des inégalités territoriales. En dénaturant les missions des oeuvres universitaires et sociales, la mise en oeuvre des orientations de ce rapport serait source de sélection sociale pour les étudiants les plus modestes, en particulier pour les étudiants des IUT (dont la moitié environ sont boursiers !).
Pour le Comité universitaire de mobilisation de l’UPJV, la convergence des IUT avec le reste de la communauté universitaire et du secteur éducatif est la seule stratégie susceptible de donner un débouché concret aux revendications légitimes des étudiants en IUT :
ASSEMBLEE GENERALE
des étudiants, lycéens, personnels et parents d’élèves
de l’Education nationale et de l’Enseignement supérieur
AUJOURD’HUI à 20h30 salle DEWAILLY
De la maternelle à l’Université : tous ensemble !