Les exactions du franquisme enfin mises au ban ?
Espagne : La justice espagnole ouvre une enquête préliminaire pour recenser des milliers de personnes victimes de la répression franquiste durant la guerre civile et la dictature.
« Émouvant », « historique »… Pour les familles de ces 200 000 Espagnols victimes de la répression de la guerre civile et du régime franquiste, la nouvelle était quasi inespérée. À la demande d’une dizaine d’associations de familles qui recherchent depuis des années les « disparus » de cette sombre période, le juge Baltasar a Garzon, de l’Audience nationale, la plus haute instance pénale, a ouvert une demande d’information préliminaire visant à établir les circonstances de la mort des dizaines de milliers de fusillés ainsi que le lieu où se trouveraient leurs dépouilles. Une mesure préalable à l’ouverture d’une enquête de plus grande envergure (voir ci-dessous). Pour ce faire, l’homme de loi a sollicité la consultation des archives et registres de décès de plusieurs institutions espagnoles - épiscopat, mairies, ministère de la Défense, ou encore celles du Valle de los Caidos, mausolée à la gloire du dictateur défunt où sont enterrés les corps de près de 40 000 républicains. Autant dire : une première.
De leur côté, plusieurs associations pour la récupération de la mémoire historique apporteront leur pierre à l’édifice, en livrant les informations qu’elles possèdent concernant 13 000 fusillés et disparus. Il faut dire que depuis le retour à la démocratie, en 1975 après la mort du caudillo, ce sont elles qui ont mené de front la reconnaissance de ces milliers de fantômes qui attendent encore dans les fosses communes. Sans autre but que de faire toute la lumière sur cette période noire de l’’histoire de l’Espagne. Ces dernières décennies, les soutiens politiques étaient rares, à l’exception du Parti communiste et du Parti socialiste. Izquierda Unida, bien qu’à l’initiative d’une certaine « défrancoïsation » du pays, a fait preuve de timidité en la matière. Quant à la droite du Parti populaire, sans surprise elle voit aujourd’hui d’un mauvais oeil la démarche juridique, estimant qu’elle réveille les vieux démons du passé. Reste le droit des familles à retrouver leurs prochesassassinés, au nom de la justice, de la vérité et de la réparation.
Cathy CEÏBE dans l'Humanité du 8 septembre 2008
« Émouvant », « historique »… Pour les familles de ces 200 000 Espagnols victimes de la répression de la guerre civile et du régime franquiste, la nouvelle était quasi inespérée. À la demande d’une dizaine d’associations de familles qui recherchent depuis des années les « disparus » de cette sombre période, le juge Baltasar a Garzon, de l’Audience nationale, la plus haute instance pénale, a ouvert une demande d’information préliminaire visant à établir les circonstances de la mort des dizaines de milliers de fusillés ainsi que le lieu où se trouveraient leurs dépouilles. Une mesure préalable à l’ouverture d’une enquête de plus grande envergure (voir ci-dessous). Pour ce faire, l’homme de loi a sollicité la consultation des archives et registres de décès de plusieurs institutions espagnoles - épiscopat, mairies, ministère de la Défense, ou encore celles du Valle de los Caidos, mausolée à la gloire du dictateur défunt où sont enterrés les corps de près de 40 000 républicains. Autant dire : une première.
De leur côté, plusieurs associations pour la récupération de la mémoire historique apporteront leur pierre à l’édifice, en livrant les informations qu’elles possèdent concernant 13 000 fusillés et disparus. Il faut dire que depuis le retour à la démocratie, en 1975 après la mort du caudillo, ce sont elles qui ont mené de front la reconnaissance de ces milliers de fantômes qui attendent encore dans les fosses communes. Sans autre but que de faire toute la lumière sur cette période noire de l’’histoire de l’Espagne. Ces dernières décennies, les soutiens politiques étaient rares, à l’exception du Parti communiste et du Parti socialiste. Izquierda Unida, bien qu’à l’initiative d’une certaine « défrancoïsation » du pays, a fait preuve de timidité en la matière. Quant à la droite du Parti populaire, sans surprise elle voit aujourd’hui d’un mauvais oeil la démarche juridique, estimant qu’elle réveille les vieux démons du passé. Reste le droit des familles à retrouver leurs prochesassassinés, au nom de la justice, de la vérité et de la réparation.
Cathy CEÏBE dans l'Humanité du 8 septembre 2008
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