Face à la crise, la rigueur

Publié le par Jihad WACHILL

Budget : Bruxelles a de nouveau hier revu à la baisse les prévisions de croissance pour la zone euro, guettée par la récession.

Aller chercher la croissance « avec les dents » : la promesse présidentielle a du plomb dans l’aile. Hier, la Commission européenne a encore abaissé ses prévisions de croissance pour cette année dans la zone euro à 1,3 % (contre 1,7 % en avril). Une détérioration qui devrait se traduire, selon Bruxelles, par une récession (deux trimestres consécutifs de recul du PIB) en Allemagne, au Royaume Uni et en Espagne. Selon ces mêmes prévisions, la croissance ne devrait pas dépasser, en France le seuil de 1 % en 2008. Un scénario optimiste, puisque Bruxelles table, pour l’Hexagone, sur une stagnation au troisième trimestre, suivie d’une croissance de 0,1 % au quatrième, et cela après le recul de 0,3 % enregistré au second trimestre. Le spectre de la récession est donc loin d’être définitivement écarté, pour la zone euro comme pour la France.

D’autant que des indicateurs inquiétants clignotent les uns après les autres. Malgré la baisse des prix du pétrole, le déficit commercial français continue de s’aggraver, avec 4,83 milliards d’euros en juillet, d’après les chiffres de la direction générale des douanes et des droits indirects, ce qui le porte à un total de 48,7 milliards sur les douze derniers mois. Selon l’INSEE, de mai à juillet la production industrielle a chuté de 2,5 % par rapport aux trois mois précédents, et de 1,9 % par rapport à la même période en 2007.

À la veille du débat budgétaire, ces mauvais chiffres n’augurent paradoxalement aucune réorientation en matière de politique économique. Alors que Washington a injecté 150 milliards de dollars dans l’économie américaine pour faire face à la crise, le gouvernement français, qui assume jusqu’à la fin de l’année la présidence de l’Union, n’entend pas s’écarter de la rigueur prônée par Bruxelles. Sans les marges de manoeuvres dilapidées par les cadeaux fiscaux aux privilégiés et aux grands groupes, le gouvernement français devrait donc poursuivre sa politique de coupes claires dans les dépenses publiques et sociales.

Poursuite des « réformes structurelles » et respect de la discipline budgétaire inscrite dans le pacte de stabilité seront d’ailleurs au menu de la réunion informelle des ministres des Finances de l’Union qui s’ouvre vendredi à Nice, pour établir un « diagnostic commun » et formuler une « réponse coordonnée » face à la crise. Un sommet qui sera l’occasion pour l’exécutif européen de rappeler à Paris l’objectif de ramener son déficit sous la barre des 3 % de PIB en 2009.

Rosa MOUSSAOUI dans l'Humanité du 11 septembre 2008
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Publié dans France - Eco-Social

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