Des zones urbaines toujours plus sensibles

Publié le par Jihad WACHILL

Pauvreté : Une enquête prouve que les habitants des ZUS ont un niveau de vie inférieur de 30 % à celui de l’ensemble de la population.

Les zones urbaines sensibles, cible prioritaire de la politique de la ville, avaient été créées pour que les quartiers de relégation ne soient plus des ghettos de misère. La dernière enquête de l’Observatoire national de ces zones (ONZUS) montre pourtant que la situation ne cesse d’empirer. Réalisée à partir des revenus fiscaux des ménages, de 2002 à 2005, elle révèle que les habitants (5 millions de personnes) ont un niveau de vie inférieur de près de 30 % à celui de l’ensemble de la population, qu’ils connaissent des taux de pauvreté deux fois plus élevés et, surtout, que le niveau de vie moyen, pendant ces trois ans, a diminué, l’écart grandissant entre eux et le reste du territoire. L’enquête porte sur l’ensemble des ménages résidant en ZUS à une date donnée. Elle intègre donc les effets de renouvellement de leur population et confirme que les familles les plus aisées quittent ces zones et sont remplacées systématiquement par des familles pauvres.

En 2005, le revenu disponible annuel moyen des ménages résidant en ZUS est inférieur de 25 % à celui du reste de la population. Depuis 2002, l’écart avec les autres s’accroît de 1 % chaque année. Pauvres parmi les pauvres, les 10 % les plus « modestes » ont un niveau de vie annuel inférieur à 7 362 euros. Familles monoparentales et couples ayant au moins trois enfants - qui sont surreprésentés dans les ZUS - sont les plus durement touchés. Les familles nombreuses subissent, en trois ans, une baisse de 6,2 % de leur niveau de vie. Dans ces zones, en toute logique, le taux de pauvreté - qui mesure la proportion d’individus dont le niveau de vie est inférieur au seuil de pauvreté (817 euros par mois) - est de 28 %, contre 11 % ailleurs.

Quartiers particulièrement touchés par le chômage, la précarité et le temps partiel subi, les salaires et allocations chômage (qui sont incluses dans une même rubrique statistique) représentent 89 % des revenus. 23 % touchent des prestations sociales (familiales, aides au logement, minima sociaux) contre 7 % hors ZUS. Pour les familles monoparentales et les couples avec au moins trois enfants, elles deviennent vitales, représentant respectivement 40 % et 37 % de leurs revenus disponibles. Les ghettos se ghettoïsent.

Dany STIVE dans l'Humanité du 11 septembre 2008
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Publié dans France - Eco-Social

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