Essence : Scandale à la pompe

Publié le par Jihad WACHILL

Pétrole : Les prix de l’essence et du gazole ne suivent pas la chute du brut.

Suffira-t-il que la ministre de l’Économie hausse le ton pour que les groupes pétroliers se disciplinent et prennent en considération les intérêts des consommateurs ? Hier, sur France Inter, Christine Lagarde a réclamé aux Total and Co des explications sur le fait que les prix de l’essence ne baissent pas aussi fortement que ceux du gazole et ceux du pétrole brut.

Un fort parfum de scandale enveloppe à nouveau en effet les stations-service. Le prix du brut, après avoir atteint un record historique à 144,22 dollars en juillet, vient de passer sous la barre des 100 dollars (97,85 dollars hier pour le brent échangé à Londres). Une forte baisse dont il y aurait lieu de se réjouir si elle était répercutée sur les étiquettes à la pompe. On en est loin.

Selon les dernières statistiques établies par l’Union française des industries pétrolières (UFIP), le gazole s’établissait à 1,32 euro le 5 septembre, contre 1,42 euro en juillet, soit un recul de 7,8 %, tandis que le SP 95 était vendu à 1,42 euro contre 1,47 euro en juillet, soit une mini-baisse de 4,3 %. L’UFIP justifie cette très faible répercussion par la baisse de l’euro par rapport au dollar, monnaie d’échange pour le pétrole. Le président de l’UFIP, Jean-Louis Schilansky, invoque également le poids des taxes, qui représentent « la moitié du prix » des carburants à la pompe, et dont le taux est fixe et porte sur les volumes consommés. Ce qui ne convainc pas vraiment dans la mesure où, même hors taxe, la baisse du gazole et de l’essence reste bien plus faible que celle du brut.

En juillet, le ministère de l’Économie avait indiqué que ses services « s’assuraient qu’il y a une répercussion à la baisse immédiate à la pompe ». Les pétroliers, quant à eux, en ont fait maintes fois la promesse… Difficile, pourtant, de faire croire qu’un groupe comme Total n’a pas les moyens de réduire ses marges pour soulager les consommateurs : après avoir atteint un record de 12,2 milliards d’euros en 2007, ses bénéfices vont à nouveau exploser cette année. Sur le seul premier semestre, la firme a engrangé plus de 8 milliards d’euros.

Le maintien de prix élevés à la pompe renforce le bien-fondé de la revendication syndicale d’une véritable prime transport pour les salariés ne pouvant utiliser les transports en commun.

Yves HOUSSON dans l'Humanité du 12 septembre 2008
Publicité

Publié dans France - Eco-Social

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article