La SNCF va inspecter deux tiers des caténaires

Publié le par Jihad WACHILL

Transports : Pour réduire les incidents, l’entreprise publique va vérifier 10 000 kilomètres de lignes. Le gouvernement fuit ses responsabilités.

Alors qu’une nouvelle rupture de caténaires a perturbé hier le trafic du RER B créant des difficultés aux supporters se rendant au Stade de France pour assister au match France-Serbie, le gouvernement s’est défaussé de ses responsabilités vis-à-vis du mauvais état de l’infrastructure ferroviaire. Si le ministre des Transports, Dominique Bussereau, juge le dernier incident « inacceptable », il estime que la multiplication récente des problèmes de ce type relève de « la loi des séries » et n’entretient aucun lien avec la faiblesse des moyens alloués par l’État à la SNCF et Réseau ferré de France (RFF) pour assumer leur mission. « On n’a pas regardé assez l’entretien, on va le faire », a-t-il osé, ignorant sciemment que l’allongement des cycles de maintenance de la SNCF et la dégénérescence du réseau sont les conséquences du désengagement de l’État de ce service public. Bref, à entendre Dominique Bussereau, la faute en revient à la seule SNCF.

La politique de transport du gouvernement a été à nouveau mise en question hier par les organisations syndicales. Après la CGT lundi, SUD Rail a, à son tour, pointé « le coeur du problème ». À savoir : « L’existence d’un Réseau ferré de France plus préoccupé par la gestion de sa dette que par l’entretien des infrastructures. » Coïncidence : Au moment où les équipes de la SNCF intervenaient pour réparer la rupture de caténaires sur la ligne B du RER, son président, Guillaume Pépy, présentait « l’opération nationale de diagnostic du système caténaire et pantographe ». L’occasion d’expliquer les causes des incidents de juillet et d’août qui ont perturbé les départs et rentrées de vacances de plusieurs centaines de milliers de voyageurs. L’incident du 20 juillet sur la ligne à grande vitesse Méditerranée est dû au foudroyage d’un transformateur. Ceux du 31 août à Lézignan et du 18 juillet à Pont-de-Rungis à un problème lié à la locomotive. Et celui du 17 août à Aubagne, à un défaut de l’infrastructure, en l’occurrence le mauvais réglage d’un élément de la caténaire.

Pour réduire à l’avenir ce type d’incident, Guillaume Pépy a annoncé que la SNCF allait vérifier, d’ici à la fin septembre, les caténaires sur 10 000 kilomètres des 15 000 kilomètres que compte le réseau électrifié. Les 7 000 pantographes (pièce qui fait la connexion avec le câble électrique) des locomotives seront également contrôlés. Cette « tournée d’observation » mobilisera 1 500 cheminots et devrait coûter « plusieurs millions d’euros » que l’entreprise publique financera à 100 % « pour le compte » de RFF. La SNCF qui se concertera ensuite avec le gestionnaire du réseau pour engager les réparations, estime que cette inspection permettra d’avoir « une photo de l’ensemble du matériel français ». À terme, Guillaume Pépy estime que cette opération devrait permettre de ramener le nombre d’incidents de caténaires sur le réseau à « 350, peut-être 320 par an », contre 400 actuellement.

Pierre-Henri LAB dans l'Humanité du 12 septembre 2008
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Publié dans France - Entreprises

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