Le G7 rejoint le plan de sauvetage américain

Publié le par Jihad WACHILL

Hier, les ministres des Finances des sept pays les plus industrialisés mais aussi les plus exposés ont applaudi le pan de sauvetage américain de 700 milliards de dollars.

Après l’annonce, vendredi, du rachat des titres « pourris » des banques pour 700 milliards de dollars par l’administration américaine, l’euphorie avait gagné les places boursières mondiales. Hier, la Commission européenne a emboîté le pas et « s’est félicitée de l’action des États-Unis pour stabiliser le système financier », selon Johannes Laitenberger, porte-parole de la Commission. Approbation également de la part des ministres des Finances et des gouverneurs des banques centrales des sept pays les plus industrialisés (Canada, Japon, France, Allemagne, Italie, Grande-Bretagne et États-Unis). « Nous accueillons très favorablement les mesures extraordinaires prises par les États-Unis pour améliorer la stabilité des marchés financiers et faire face aux craintes concernant le crédit, en particulier leur plan de mise en place d’un programme destiné à faire sortir les actifs non liquides qui déstabilisent les institutions financières », ont annoncé les ministres. Ils ont également affirmé leur « volonté forte et commune de protéger l’intégrité du système financier international » et se sont dits « prêts à prendre toutes les mesures nécessaires, individuellement ou collectivement, pour assurer (sa) stabilité ».

Face à une opinion publique inquiète des conséquences de la crise financière, les gouvernements se posent en partisans d’un changement. « Nous sommes en face d’une crise financière qui va entraîner des changements profonds dans le système financier qui devrait conduire à de la régulation supplémentaire », a indiqué Christine Lagarde, ministre de l’Économie : Elle a également jugé nécessaire de « travailler sur un système nouveau » avec ses homologues européens. De son côté, le ministre britannique des Finances, Alistair Darling, a annoncé hier que son gouvernement allait déposer d’ici quinze jours un projet de loi visant à réformer le système bancaire britannique. « Nous mettons en place, à la fois en Grande-Bretagne et au niveau international, les régulations financières très strictes dont nous avons besoin », a déclaré le chancelier. Face à l’ampleur de cette crise, les gouvernements, cette fois, pourront-ils se contenter de mesurettes ou d’un simple effet d’annonce ?

Clotilde MATHIEU dans l'Humanité du 23 septembre 2008
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Publié dans International

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J
La crise a par contre cristallisé le ressentiment de nombreux autres pays. "L'euphorie des spéculateurs a laissé la place à l'angoisse de peuples entiers", a affirmé le président brésilien, Luiz Inacio Lula da Silva, qui s'en est pris aux "fondamentalistes des marchés". Citant l'économiste brésilien Celso Furtado, il a jugé qu'il ne fallait pas laisser "les profits des spéculateurs être toujours privatisés, tandis que leurs pertes sont invariablement nationalisées". <br /> <br /> "Ce sont toujours les pauvres qui payent le prix de la cupidité débridée et de l'irresponsabilité des puissants", a aussi déclaré le président nicaraguayen de l'Assemblée générale de l'ONU, Miguel d'Escoto.<br /> <br /> Chez certains pointait un sentiment de revanche. Pour la présidente argentine, Cristina Kirchner, ceux qui, hier, "conformément au consensus de Washington, disaient aux pays d'Amérique du Sud que le marché réglait tous les problèmes", ont produit "la plus formidable intervention de l'Etat de mémoire d'homme" – le plan de 700 milliards de dollars proposé par la Maison Blanche pour sauver le système bancaire. La seule différence, a-t-elle ironisé, est que Washington n'aura pas à subir les directives du Fonds monétaire international (FMI).
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