U.E. : la révolte des peuples gronde contre la nouvelle « prison des peuples »
Le Non irlandais le prouve : même des pays que l’on nous présentait comme " fans " de la l’UE rejettent désormais cette nouvelle prison des peuples qui détruit leurs acquis et leur indépendance. Si chaque peuple de l’" Union " avait eu un référendum sur le Traité de Lisbonne, on eût sans doute assisté à une pétarade de " Non " cinglants, ridiculisant le TCE bis imposé aux Français par Sarko et les députés UMPS. Plusieurs indices montrent que nous sommes à la veille d’un rejet colossal, à la fois national et continental, de cette construction monstrueusement antidémocratique.
Les pêcheurs français, puis espagnols et portugais, ont montré les premiers la voie de l’insurrection citoyenne en brûlant le drapeau européen, action fort efficace pour délégitimer les dinosaures maastrichtiens ! Ils identifient de plus en plus clairement Bruxelles comme le lieu où les bandits des transnationales se distribuent le butin de la mondialisation sur le dos des petites gens, y compris des pêcheurs pris aux filets des quotas étrangleurs et du refus bruxellois d’abaisser les taxes pétrolières. Et en plein conflit, Bruxelles a jeté de l’huile sur le feu en interdisant la pêche au thon rouge, au risque d’assassiner toute la filière !
Et que dire de l’euro-directive ferroviaire bruxelloise exigeant la privatisation de fait de la SNCF alors que les cheminots sortent d’une grève pour défendre le fret public déstabilisé par l’ouverture européenne du rail français au privé ? Que dire des fonctionnaires français, qui perdent 30 000 postes par an parce que Bruxelles exige de la République bananière de France la " réduction des dépenses publiques ", sous astreinte d’énormes amendes ? Que dire des industries européennes plombées par l’euro fort, qui rend inexportables les produits de la zone euro ? Que dire des salaires des travailleurs d’Europe, bloqués de fait par la Banque de Francfort et son directeur " français " Trichet arc-bouté sur les critères d’austérité salariale qu’ impose partout l’euro fort ?
Que dire surtout de la loi adoptée par le " parlement " européen fixant la durée légale du travail à 47 heures, avec dépassement jusqu’à… 65 h si le patron le veut (or, avec l’accord du conseil constitutionnel, le droit communautaire l’emporte sur le droit français !). Que dire de la directive qui autorise les Etats de l’UE à interner leurs sans papiers pendant 18 mois, sans aucun contrôle judiciaire, comme si ces ouvriers étaient de dangereux terroristes ?
Il est vrai que l’UE a désormais à sa tête des prédateurs de la pire réaction, comme Sarko, Berlusconi, Alessandra Mussolini, G. Alemanno, le nouveau maire fasciste de Rome. Il est vrai que le projet concocté par l’UE est de criminaliser l’histoire du communisme, voire d’interdire l’affichage de la faucille et du marteau de Riga à Gibraltar!
Dans ces conditions, les Buffet, Laguiller, Thibault, Chérèque, Mailly, Aschiéri, Besancenot, Royal et autres Delanoë, oseront-ils encore longtemps " vendre " à la gauche française le slogan mensonger de l’" Europe sociale " ? Comme si on pouvait " démocratiser " une Europe supranationale programmée pour mater les salariés, ruiner les artisans et les paysans, re-coloniser l’Est, arrimer le continent aux USA, interdire la lutte pour le socialisme (et même les politiques capitalistes keynésiennes !), détruire partout le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes !
C’est pourquoi le PRCF a toujours appelé à délégitimer cette Europe et son proconsul Sarkozy qui n’ont même plus l’apparence de la légalité (juridiquement, le traité de Lisbonne est caduc).
Communistes, syndicalistes, républicains, il n’y a plus désormais qu’un mot d’ordre réaliste : pour la liberté des nations et les acquis ouvriers, pour de nouveaux traités internationaux progressistes, pour l’Europe des luttes, SORTONS la France de cette UE de malheur. C’est une question de vie ou de mort pour la France et sa classe ouvrière.
Le PRCF est prêt à le dire haut et fort avec d’autres à l’occasion de la " semaine de l’Europe " que Sarko veut imposer aux lycéens à l’automne (les lycées sont tous censés pavoiser en bleu !) en violation de la neutralité de l’école laïque
Georges GASTAUD dans Initiative Communiste de septembre 2008