Accord politique à La Paz

Publié le par Jihad WACHILL

Bolivie : Gouvernement et opposition s’entendent pour convoquer un référendum sur le projet constitutionnel.

Le gouvernement bolivien et l’opposition ont conclu lundi un accord permettant de convoquer un référendum sur le projet de nouvelle Constitution défendue par le président Evo Morales. Le Congrès devait approuver hier ce texte fondamental qui sera soumis au vote populaire le 25 janvier prochain.

Lundi, Evo Morales s’était porté à la tête d’une marche de plus de 100 000 de ses partisans, des Indiens et des mineurs, qui avait pris la direction du Congrès. La Paz se heurtait depuis des mois à l’hostilité des gouverneurs sécessionnistes des riches régions de l’Orient bolivien opposés au projet de Constitution. Celui-ci prévoit une large redistribution en faveur de la majorité indienne et pauvre du pays. La crise, attisée par la droite et par l’ancienne oligarchie au pouvoir, avait atteint son paroxysme en septembre lors d’affrontements qui ont fait au moins 18 morts, laissant planer le risque d’un conflit entre les deux camps irréductibles.

Pour parvenir à s’entendre, Evo Morales a renoncé à la possibilité de se représenter pour un deuxième mandat présidentiel dans le cadre de la nouvelle Constitution, exigence portée jusqu’ici par le gouvernement. La droite s’y oppose farouchement, et l’an dernier elle avait saisi ce prétexte pour pratiquer l’obstruction et boycotter les travaux de l’Assemblée constituante. Le projet de nouvelle constitution permettra désormais à un président d’effectuer deux mandats consécutifs de cinq ans, contre un seul mandat pour le moment. Élu en 2005, Morales pourrait être reconduit dans ses fonctions jusqu’en 2014 mais ne briguerait pas ensuite de nouveau mandat.

« Quatre partis politiques ont accepté de rendre possible la ratification de la Constitution, et le référendum visant à approuver le projet constitutionnel aura lieu le 25 janvier », a annoncé Evo Morales devant ses partisans qui l’acclamaient, tout en espérant que le Congrès finisse par ratifier l’accord, qui précise par ailleurs la tenue d’élections législatives en décembre 2009.

Le sénateur Luis Vasquez, du parti libéral d’opposition Podemos, avait indiqué un peu plus tôt que les deux parties avaient surmonté les contradictions pour « parvenir à un accord de réconciliation nationale ». Pour que la loi sur la convocation du référendum soit approuvée, il est nécessaire d’obtenir deux tiers des voix (105 sur 157 sièges) au Congrès, où le parti gouvernemental, le Mouvement vers le socialisme (MAS), ne possède que la majorité simple avec 84 sièges, contre 73 à l’opposition libérale. L’accord a également été scellé en présence de délégations internationales : UE, ONU, Organisation des États américains (OEA), Union - es nations sud-américaines (Unasur) et des représentants de l’Église.

La Bolivie du même coup peut entrevoir la sortie du tunnel politico-institutionnel où elle se trouvait depuis plusieurs mois.

Bernard DURAUD dans l'Humanité du 22 octobre 2008
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Publié dans Amérique latine

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