L’automne chaud des étudiants italiens

Publié le par Jihad WACHILL

Italie : Vaste mobilisation dans l’enseignement contre le budget d’austérité voulu par Berlusconi. Grèves générales dans le primaire et le supérieur en vue.

Les manifestations d’étudiants contre la réforme de l’enseignement se multiplient dans toutes les villes italiennes. L’Union des étudiants italiens (UDU) a annoncé hier qu’elle poursuivrait ses rassemblements contre le tour de vis budgétaire dans l’enseignement, en dépit des menaces du chef du gouvernement Silvio Berlusconi d’envoyer la police pour dégager les universités.

Des dizaines de milliers d’étudiants, lycéens, enseignants du primaire et de l’université, chercheurs et parents d’élèves organisent désormais quotidiennement des manifestations et des occupations dans tout le pays, de Milan à Naples en passant par Rome, pour protester contre les restrictions budgétaires prévues au cours des prochaines années dans le secteur.

« Non seulement la mobilisation continue mais elle augmente. Nous ne sommes absolument pas intimidés par les propos de Silvio Berlusconi parce qu’il ne s’agit pas seulement d’une mobilisation des étudiants. Outre le monde académique, c’est désormais la société dans son ensemble qui se rend compte que le gouvernement met en danger le développement économique du pays en sus du droit aux études », affirme un communiqué de l’UDU.

Silvio Berlusconi a brandi la menace de la force contre les contestataires, lycéens, étudiants ou enseignants, qui occupent les établissements et les salles de cours. « Je ne permettrai pas que les écoles et les universités soient occupées, (…) l’ordre doit être respecté. L’État doit assumer ses responsabilités en garantissant le droit des étudiants qui veulent étudier de suivre les cours », a dit Berlusconi provoquant un tollé dans l’opposition qui l’a accusé d’attiser les tensions. Les coupes claires opérées dans le budget vont entraîner sur plusieurs années des dizaines de milliers de suppressions d’emplois et priver de quelque 8 milliards d’euros l’éducation dans son ensemble. Elles avaient été approuvées par le gouvernement sous forme d’un décret-loi qui doit être encore adopté par le Parlement. Elles font partie d’un vaste train de mesures de réductions de dépenses de l’État.

Les trois principales confédérations syndicales ont appelé à une grève générale dans les écoles publiques le 30 octobre pour dénoncer le retour à l’enseignement unique dans l’école primaire, et dans l’enseignement supérieur le 14 novembre. Chaud, chaud, l’automne italien est chaud !

Bernard DURAUD dans l'Humanité du 24 octobre 2008
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Publié dans Europe occidentale

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