Un million de manifestants pour l’éducation à Rome
Italie : Grève générale contre la réforme de l’école. Le gouvernement reste sourd, tandis que des violences fascistes apparaissent dans les cortèges.
« La ville est mise à genoux par 1 % des étudiants milanais », se plaignait hier le vice-maire de la capitale lombarde, Riccardo Corrati. C’est vrai qu’ils ne sont que plus de cent mille à battre le pavé à Milan… À Rome, les organisateurs annonçaient hier le million de manifestants : étudiants, parents, travailleurs, etc. Des centaines de mètres de cortège bloquaient le périphérique, et le ministère de l’Éducation a été un moment assiégé. Pas moins de 236 bus ont été affrétés de la rouge Toscane, et même un train depuis Pise, pour converger vers la capitale. Ce sont les grandes fédérations de l’éducation qui appelaient à la manifestation contre le décret Gelmini, adopté par le Sénat mercredi. Ces dernières semaines, le gouvernement de Silvio Berlusconi a tenté de discréditer un mouvement qui est le plus fort dans le monde de l’éducation depuis une trentaine d’années.
D’autres réformes à venir
« Ce n’est pas un projet de réforme, seulement des coupes budgétaires. Le gouvernement démolit l’école publique pour la remplacer par un système privé. Il ne veut pas discuter et nous allons poursuivre la mobilisation », a déclaré Domenico Pantaleo, responsable de la fédération enseignement du syndicat CGIL. En question : le décret Gelmini, qui réduira à 24 heures par semaine l’enseignement dans le primaire, contre 29 à 31 heures actuellement. Le texte prévoit aussi le retour du maître unique, le tout dans une optique de baisse des coûts. Le budget de l’éducation devrait perdre plusieurs milliards d’eu- ros dans les années à venir.
Ces dernières semaines, les étudiants se sont mobilisés, tandis que les présidents d’université faisaient état d’une crise du financement de l’enseignement supérieur comparable à celle des banques. La ministre de - l’Éducation, Mariastella Gelmini, a annoncé mercredi qu’elle présenterait prochainement le plan de réforme de l’université, qui selon le quotidien turinois, prévoit des aides fiscales à l’entrée du privé dans les facs, la suppression « des cours inutiles » et la réduction des dépenses de personnel.
Un climat de contestation
Cette grève intervient dans un climat de contestation à l’endroit de l’exécutif de centre droit. Pour preuve, la manifestation de 2,5 millions de personnes samedi organisée par le Parti démocrate. Walter Veltroni a d’ailleurs annoncé qu’il lançait la collecte de 500 000 signatures pour obtenir l’organisation d’un référendum contre cette réforme.
La gauche italienne craint un pourrissement du conflit. Les manifestations de jeudi ont montré que les « fascistes du troisième millénaire », comme ils s’auto-dénomment et qui ont obtenu des résultats significatifs lors des dernières élections universitaires, cherchent par la violence à prendre la tête de la mobilisation, entraînant une vive réaction de la plupart des étudiants.
Gaël DE SANTIS dans l'Humanité du 31 octobre 2008
« La ville est mise à genoux par 1 % des étudiants milanais », se plaignait hier le vice-maire de la capitale lombarde, Riccardo Corrati. C’est vrai qu’ils ne sont que plus de cent mille à battre le pavé à Milan… À Rome, les organisateurs annonçaient hier le million de manifestants : étudiants, parents, travailleurs, etc. Des centaines de mètres de cortège bloquaient le périphérique, et le ministère de l’Éducation a été un moment assiégé. Pas moins de 236 bus ont été affrétés de la rouge Toscane, et même un train depuis Pise, pour converger vers la capitale. Ce sont les grandes fédérations de l’éducation qui appelaient à la manifestation contre le décret Gelmini, adopté par le Sénat mercredi. Ces dernières semaines, le gouvernement de Silvio Berlusconi a tenté de discréditer un mouvement qui est le plus fort dans le monde de l’éducation depuis une trentaine d’années.
D’autres réformes à venir
« Ce n’est pas un projet de réforme, seulement des coupes budgétaires. Le gouvernement démolit l’école publique pour la remplacer par un système privé. Il ne veut pas discuter et nous allons poursuivre la mobilisation », a déclaré Domenico Pantaleo, responsable de la fédération enseignement du syndicat CGIL. En question : le décret Gelmini, qui réduira à 24 heures par semaine l’enseignement dans le primaire, contre 29 à 31 heures actuellement. Le texte prévoit aussi le retour du maître unique, le tout dans une optique de baisse des coûts. Le budget de l’éducation devrait perdre plusieurs milliards d’eu- ros dans les années à venir.
Ces dernières semaines, les étudiants se sont mobilisés, tandis que les présidents d’université faisaient état d’une crise du financement de l’enseignement supérieur comparable à celle des banques. La ministre de - l’Éducation, Mariastella Gelmini, a annoncé mercredi qu’elle présenterait prochainement le plan de réforme de l’université, qui selon le quotidien turinois, prévoit des aides fiscales à l’entrée du privé dans les facs, la suppression « des cours inutiles » et la réduction des dépenses de personnel.
Un climat de contestation
Cette grève intervient dans un climat de contestation à l’endroit de l’exécutif de centre droit. Pour preuve, la manifestation de 2,5 millions de personnes samedi organisée par le Parti démocrate. Walter Veltroni a d’ailleurs annoncé qu’il lançait la collecte de 500 000 signatures pour obtenir l’organisation d’un référendum contre cette réforme.
La gauche italienne craint un pourrissement du conflit. Les manifestations de jeudi ont montré que les « fascistes du troisième millénaire », comme ils s’auto-dénomment et qui ont obtenu des résultats significatifs lors des dernières élections universitaires, cherchent par la violence à prendre la tête de la mobilisation, entraînant une vive réaction de la plupart des étudiants.
Gaël DE SANTIS dans l'Humanité du 31 octobre 2008
Publicité