La privatisation de La Poste est suspendue
Ouverture du capital : Le « gel » de la réforme a été annoncé. Les adversaires du projet entendent poursuivre la mobilisation pour aboutir à son abandon.
« Il n’est plus question pour l’instant (…) d’ouvrir le capital de La Poste. » La déclaration faite hier, dans un premier temps, par Henri Guaino, le conseiller spécial du président de la République, a réjoui les défenseurs du service public postal. Une « première victoire », saluée par les opposants au projet, pondérée par le même Henri Guaino plus tard dans la journée. Celui-ci a précisé que « rien n’est changé, le projet est à l’étude », martelant que le changement de statut - projet défendu par la direction comme l’ultime moyen d’affronter l’ouverture à la concurrence en 2011 - est « une nécessité européenne » et que le calendrier de la réforme « demeure valable ».
Gagner l’abandon
Toutefois, c’est la première fois que l’Élysée remet en cause le projet qui prévoit le passage au statut anonyme, lequel doit être suivi de la cession d’une partie minoritaire du capital au privé. « Je pense qu’aujourd’hui, il y a d’autres priorités (…) qui sont de répondre aux conséquences de la crise financière sur l’économie réelle, aux conséquences sociales », a justifié le conseiller présidentiel. Et de rappeler que la commission chargée d’étudier le changement de statut de La Poste doit rendre ses propositions fin décembre.
Partis politiques de gauche, syndicats… tous ont accueilli très favorablement le « gel » de la réforme, considéré comme inéluctable dans l’état actuel des marchés financiers. « La crise financière impose l’évidence : la libre concurrence, la loi du marché, le libéralisme… ont fait leur temps », se félicite le Parti communiste. Côté syndicat, la fédération Sud-PTT dit « prendre acte » de l’annonce qu’elle juge toutefois « insatisfaisante ». Et exige « l’abandon pur et simple » du projet, au même titre que la LCR. Même pondération pour la CGT : « Aujourd’hui, le gouvernement annonce la suspension, mais il ne renonce pas au projet », tempère Colette Duynslaeger, secrétaire générale de la fédération CGT des salariés du secteur des activités postales et de télécommunication (FAPT).
Rester mobilisés
Comme le souligne FO, « la bagarre n’est pas terminée ». « C’est un projet qui n’est pas bien ficelé et le gouvernement prend de la distance. (…) Mais il ne faut pas trop se réjouir. »
« Ce cafouillage prouve que le gouvernement n’est pas tranquille », analyse Marie-Claire Culié, chargée de la question des services publics au PCF. Raison de plus, selon elle, pour « continuer la mobilisation ». Point de vue partagé par la CGT. « Cela nous encourage à multiplier les initiatives d’actions pour assurer l’avenir du service postal et celui des postiers », affirme Colette Duynslaeger. D’ailleurs, tous les syndicats maintiennent leur appel à la mobilisation, prévue le 22 novembre prochain. « Plus que jamais, il faut qu’il y ait une action qui rassemble le plus largement les usagers, les postiers, les élus », insiste-t-elle. La CGT a, pour sa part, prévu de déposer demain au palais de l’Élysée une pétition de quelque 300 000 signatures de salariés et d’usagers opposés au projet. Faut-il le rappeler : 61 % des Français sont hostiles au projet.
Alexandra CHAIGNON dans l'Humanité du 3 novembre 2008
« Il n’est plus question pour l’instant (…) d’ouvrir le capital de La Poste. » La déclaration faite hier, dans un premier temps, par Henri Guaino, le conseiller spécial du président de la République, a réjoui les défenseurs du service public postal. Une « première victoire », saluée par les opposants au projet, pondérée par le même Henri Guaino plus tard dans la journée. Celui-ci a précisé que « rien n’est changé, le projet est à l’étude », martelant que le changement de statut - projet défendu par la direction comme l’ultime moyen d’affronter l’ouverture à la concurrence en 2011 - est « une nécessité européenne » et que le calendrier de la réforme « demeure valable ».
Gagner l’abandon
Toutefois, c’est la première fois que l’Élysée remet en cause le projet qui prévoit le passage au statut anonyme, lequel doit être suivi de la cession d’une partie minoritaire du capital au privé. « Je pense qu’aujourd’hui, il y a d’autres priorités (…) qui sont de répondre aux conséquences de la crise financière sur l’économie réelle, aux conséquences sociales », a justifié le conseiller présidentiel. Et de rappeler que la commission chargée d’étudier le changement de statut de La Poste doit rendre ses propositions fin décembre.
Partis politiques de gauche, syndicats… tous ont accueilli très favorablement le « gel » de la réforme, considéré comme inéluctable dans l’état actuel des marchés financiers. « La crise financière impose l’évidence : la libre concurrence, la loi du marché, le libéralisme… ont fait leur temps », se félicite le Parti communiste. Côté syndicat, la fédération Sud-PTT dit « prendre acte » de l’annonce qu’elle juge toutefois « insatisfaisante ». Et exige « l’abandon pur et simple » du projet, au même titre que la LCR. Même pondération pour la CGT : « Aujourd’hui, le gouvernement annonce la suspension, mais il ne renonce pas au projet », tempère Colette Duynslaeger, secrétaire générale de la fédération CGT des salariés du secteur des activités postales et de télécommunication (FAPT).
Rester mobilisés
Comme le souligne FO, « la bagarre n’est pas terminée ». « C’est un projet qui n’est pas bien ficelé et le gouvernement prend de la distance. (…) Mais il ne faut pas trop se réjouir. »
« Ce cafouillage prouve que le gouvernement n’est pas tranquille », analyse Marie-Claire Culié, chargée de la question des services publics au PCF. Raison de plus, selon elle, pour « continuer la mobilisation ». Point de vue partagé par la CGT. « Cela nous encourage à multiplier les initiatives d’actions pour assurer l’avenir du service postal et celui des postiers », affirme Colette Duynslaeger. D’ailleurs, tous les syndicats maintiennent leur appel à la mobilisation, prévue le 22 novembre prochain. « Plus que jamais, il faut qu’il y ait une action qui rassemble le plus largement les usagers, les postiers, les élus », insiste-t-elle. La CGT a, pour sa part, prévu de déposer demain au palais de l’Élysée une pétition de quelque 300 000 signatures de salariés et d’usagers opposés au projet. Faut-il le rappeler : 61 % des Français sont hostiles au projet.
Alexandra CHAIGNON dans l'Humanité du 3 novembre 2008
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