La SNCF va supprimer 2 600 emplois
Malgré la crise économique, les prévisions budgétaires de la SNCF s’inscrivent dans le cadre du projet d’entreprise « Ambition 2012 », qui prévoit une progression de 50 % du chiffre d’affaires à l’horizon 2012 et le doublement du résultat opérationnel courant dans la même période. C’est ce qui ressort du budget prévisionnel 2009 qui doit être présenté aujourd’hui au comité central d’entreprise de la SNCF et que l’Humanité s’est procuré.
Pour 2009, la direction mise sur une progression du chiffre d’affaires de l’EPIC (établissement public à caractère industriel et commercial) de 4,8 %, soit une baisse de deux points par rapport à 2008, où la croissance du chiffre d’affaires devrait atteindre 6,9 % selon les premières estimations. Comme en 2008, la croissance du trafic voyageurs devrait tirer les résultats de la SNCF, mais celle-ci devrait tout de même marquer le pas. Ainsi, pour cette année, la direction mise sur une progression du chiffre d’affaires de l’activité grandes lignes de 3,8 %, contre 8,1 % l’année dernière. Pour le Transilien, la progression est estimée à 3,2 %, contre 7,1 % en 2008. La croissance de l’excédent brut d’exploitation (profitabilité) devrait aussi connaître un ralentissement et s’établir à 1,661 milliard d’euros en 2009, contre 1,669 milliard d’euros l’an passé. La situation du fret devrait à nouveau se dégrader. La prévision de la SNCF mise sur un déficit d’exploitation de 272 millions d’euros, contre 171,9 millions d’euros en 2008.
Côté investissement, la SNCF envisage une légère augmentation. Au total, elle prévoit d’investir 3,321 milliards d’euros (3,259 milliards en 2008), dont 1,969 milliard sur fonds propres (1,888 milliard en 2008). Ce plan intégrerait les 400 millions d’euros annoncés par l’État dans le cadre du plan de relance. Il serait autofinancé à hauteur de 1,666 milliard, auxquels il convient d’ajouter 284 millions d’euros de cessions d’actifs.
Les effectifs vont à nouveau régresser. Difficile d’établir un comparatif par rapport à 2008, la SNCF ayant changé les règles du jeu en raisonnant en effectif moyen et non plus en effectif réel. Cela dit, en effectif réel, les suppressions d’emplois devraient atteindre 2 600, soit 7 100 départs contre 4 500 embauches. À noter que la possibilité de rachat de RTT offerte par la loi TEPA permettrait une économie de 743 emplois. Le fret devrait être particulièrement touché, avec une prévision de suppression de 1 400 emplois, soit 10 % des effectifs de la branche. Cette nouvelle taille dans les effectifs devrait servir à atteindre en partie l’objectif d’un gain de productivité de 150 millions d’euros en 2009. Gain qui devrait entre autres profiter à l’État, la SNCF prévoyant de lui verser un dividende de 129 millions d’euros en 2009, après celui de 131 millions d’euros de l’an passé.
Pierre-Henri LAB dans l'Humanité du 27 janvier 2009