Sombres perspectives pour les Palestiniens

Publié le par Jihad WACHILL

Charm el-Cheikh : La rencontre du « quartet » se termine sur un constat d’échec alors que la colonisation se poursuit dans les territoires palestiniens.

Comme prévu, la réunion du « quartet » (USA, Russie, UE et ONU), a clos sa rencontre à Charm-el-Cheikh (Égypte) par un appel « à la communauté internationale à soutenir » la poursuite des négociations de paix israélo-palestinienne « dans le cadre du processus d’Anapolis ». Autrement dit, sur un constat d’échec. Quelques mois auparavant, à l’issue d’une audience accordée au président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, George Bush avait admis l’impossibilité d’un accord de paix avant la fin 2008 comme le prévoyait la conférence d’Annapolis. Pis : aucun des deux volets dudit processus de la mise en place de premières structures étatiques palestiniennes en vue de la création d’un État palestinien et un programme de développement des territoires palestiniens y compris Gaza n’a même pas connu un début de commencement. Et nombreux sont les observateurs qui n’excluent pas un retour à la case zéro en cas de victoire du Likoud aux législatives du 10 février prochain.

Pendant ce temps, en arrière-plan des élections municipales en Israël de mardi prochain, boycottées par la population palestinienne, la colonisation dans les territoires occupés ne connaît pas de répit. Point d’orgue de ce scrutin, Jérusalem, dont le principal enjeu concerne la partie Est de la ville, à savoir la vieille ville, à majorité palestinienne, annexée par Israël au lendemain de la guerre de juin 1967. Les Palestiniens veulent en faire la capitale du futur État palestinien. Une idée que rejettent fortement tous les candidats israéliens en lice pour la mairie de Jérusalem, et ce, à deux mois des élections législatives, et avec un Barack Obama plus que jamais aligné sur Israël.

C’est dans ce contexte de surenchère électorale politico-religieuse qu’est intervenue dimanche, à l’aube, l’expulsion d’une famille palestinienne de sa maison située dans la partie orientale de Jérusalem. Et ce, à la suite d’une décision de la Cour suprême israélienne ayant tranché en faveur de colons religieux, Nachlat Simon, sur la base de documents falsifiés : un acte de propriété non authentifié datant de l’époque ottomane. La famille en question, les al Kurd, qui habite cette maison depuis 1948 après avoir été contrainte de quitter la partie ouest de la ville sous contrôle israélien, est devenue le symbole du combat palestinien contre la colonisation de Jérusalem est. La veille, samedi, à Tel Aviv, des dizaines de milliers de personnes commémoraient la mémoire d’Itzhak Rabin assassiné il y a treize ans.

Hassane ZERROUKY dans l'Humanité du 10 novembre 2008
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Publié dans Machreck et Maghreb

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