Un bilan des élections européennes

Publié le par Jihad WACHILL

Les élections sont avant tout marquées en France par une abstention record (plus de 60% d’abstentions et de bulletins blancs et nul en France). Signe de défiance, dans les classes populaires en particulier, vis-à-vis des institutions européennes ? En tout cas de quoi rendre délicate et relativiser fortement toute interprétation trop catégorique de ces résultats.


Avec un peu moins de 28% des exprimés, soit 11% du corps électoral, l’UMP est loin de réaliser le bon score revendiqué dans les médias. D’autant plus que les listes se revendiquant de droite ne regroupent ainsi que 35% des exprimés. A noter que le FN obtient un peu plus de 6% et, surtout, continue à cristalliser un vote populaire de désespérance sociale, ce qui se constate en particulier dans la circonscription Nord-Ouest, celle dont fait partie la Picardie.


Le PS subit une véritable déroute avec un peu moins de 17% des voix. Europe-Ecologie réalise une percée (au détriment du PS et du MoDem) à plus de 16% (talonnant le PS), à nuancer fortement toutefois au vu de la volatilité de l’électorat que cette liste a capitalisé. Le MoDem, " vampirisé " par Europe-Ecologie, subit un incontestable revers avec 8,5%.


Le " Front de Gauche ", regroupant le PCF et ses alliés, réalise 6,5% et obtient 5 élus. Il ne s’agit pas d’un mauvais résultat, suffisant en tout cas pour devancer le NPA, qui avec environ 5% (et aucun élu) est loin des scores extravagants que lui promettaient les sondages quelques semaines encore avant le scrutin. Pas d’un bon résultat non plus puisque c’est moins de 1% de mieux que les listes PCF lors de l’élection précédente. Même si c’est suffisant pour gagner 2 élus grâce aux subtilités du mode de scrutin.


D’une manière générale, l’abstention forte, le renforcement de la droite et l’affaiblissement de la social-démocratie sont les tendances qui se dégagent dans les autres pays européens. De même que des scores très décevants pour les partis membres du PGE (Parti de la Gauche Européenne, dont fait partie le PCF).


Par contre, les partis communistes qui ont refusé d’intégrer cette structure caractérisée par une dérive réformiste qualifiée de "euroconstructive", et qui ont adopté un discours de clarté idéologique lors de ces élections, obtiennent des scores encourageants : 35% à Chypre ; près de 15% en République tchèque, plus de 10% au Portugal (malgré un score comparable pour le parti de "gauche radicale" le seul score à deux chiffres à l’actif d’une formation membre du PGE lors de ce scrutin), plus de 8% en Grèce (devançant largement le parti de "gauche radicale" membre du PGE).

Article paru en septembre 2009 dans l'Aube nouvelle (journal communiste amiénois)

Publié dans France - Politique-PCF

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