Quand le Dalaï-lama dénonce la CIA...
En Une de notre numéro 75, nous traitions le Dalaï-lama de " théocrate moyenâgeux ". Simone NICOLO-VACHON nous a écrit pour protester - en des termes très fraternels - contre ce qu’elle considère comme un jugement caricatural. Et en effet, les passages d’un livre du Dalaï-lama cités dans le dernier numéro du Citoyen, bulletin de l’Association pour la Renaissance Communiste 44, qu’anime notre camarade, nous obligent à revoir sérieusement notre point de vue. Voici quelques extraits de cet article :
Beaucoup d’interrogations demeurent quant à l’origine du déclenchement des émeutes qui ont secoué le Tibet. Dans Ouest-France du 19 mars 2008, page 2, on peut lire :
" La Chine soutient aussi que les forces de l’ordre n’ont pas tiré sur les manifestants dont beaucoup de moines bouddhistes, et que les victimes sont des innocents tués sauvagement par des émeutiers tibétains. Cette version a été en partie corroborée par plusieurs touristes occidentaux arrivés mardi au Népal en provenance du Tibet. Ils ont raconté avoir vu à Lhassa de jeunes Tibétains déchaînés, caillasser et frapper violemment des Chinois. "
Certes, le Dalaï-lama est un personnage parfois contradictoire, mais c’et un homme de paix dont la position vis-à-vis de la Chine est celle d’un compromis car " il ne veut pas faire perdre la face aux Chinois " (Ouest-France, même numéro). Si on se réfère à son livre Au loin la liberté, (Livre de poche 1993), il n’est pas exclu que la toute-puissante CIA soit à l’origine des émeutes, comme elle l’a été dans le déclenchement de la " Révolution orange " en Ukraine, ou en Géorgie. Ce n’est pas Robert Ménard, stipendié par la CIA et secrétaire général de Reporters Sans Frontières, qui pourra nous convaincre que seule la Chine est responsable dans ce déchaînement d’émeutiers qui s’en sont pris violemment aux Chinois, pillant, volant, incendiant et tuant.
Dans son livre, le Dalaï-lama déclare notamment : " En exil, j’ai entendu bien des histoires d’armes et d’argent tombés du ciel par la grâce des Américains. A ce que j’ai pu comprendre, il en a résulté plus de mal pour les Tibétains que pour les Chinois. " (p. 184). " A part moi, presque tout le monde était armé y compris l’homme qui me servait de cuisinier. C’était l’un de ceux qu’avait formés la CIA. " (p. 202) " L’autre événement auquel je faisais allusion concernait les guérilleros qui, formés et équipés par la CIA, continuaient de recourir à la violence dans leur lutte pour reconquérir la liberté de notre pays. " (p. 272) " Dans les années 1970, après avoir reconnu le gouvernement de la Chine, les Américains finirent du reste par retirer l’appui qu’ils donnaient au x guérilleros, ce qui montre bien que leur aide répondait à leur politique anticommuniste plus qu’au désir sincère de soutenir un peuple dans sa lutte pour la liberté ; " (p. 273)
Simone NICOLO-VACHON dans Initiative communiste de juin-juillet 2008