La dérive à droite de la social-eurocratie s'accentue...

Publié le par Jihad WACHILL

A peine S. Royal venait-elle d'annoncer sa candidature à la direction du PS (elle n'avait pas trouvé un moment pour soutenir les enseignants ou les dockers en lutte), que son "rival" Delanoë sortait un livre dans lequel il s'affiche clairement pour le "libéralisme". La déclaration Bergounioux, qui affirmait déjà que le PS est favorable à "l'économie de marché" paraît dépassée pour ce parti dont le "Bad Godesberg" a été fait et refait des dizaines de fois depuis que le super-menteur Mitterrand, dans le seul but de battre le PCF, eut affirmé en 1972 que le PS voulait la "rupture avec le capitalisme". La réalité c'est qu'avec de tels candidats à sa direction (et à la présidence de la République), le PS fait une nouvelle fois le choix de la défaite pour la gauche.

Stratégie perdante

Choix de la défaite pour demain, car l'élection présidentielle du 6 mai a montré qu'on ne bat pas l'ultra-droite avec un programme de droite. Choix de la défaite pour aujourd'hui car affirmer que le PS est social-libéral, c'est rallier Tony Blair, l'homme qui a détruit le Parti travailliste, ou Romano Prodi, l'homme qui a remis en selle les fascistes en Italie par sa politique anti-sociale et eurolibérale. Choix de la défaite pour ce mois de juin, où des salariés (dockers, enseignants, agents des finances, hospitaliers...), et des travailleurs indépendants (pêcheurs, taxis...) étaient engagés dans une lutte frontale contre ce gouvernement dont la référence affichée est le libéralisme. Rien d'étonnant à ces nouvelles dérives puisque Hollande a facilité l'adoption parlementaire de la constitution eurolibérale bis au parlement en violation du vote des Français et des engagements présidentiels de Royal. Rien d'étonnant puisque la direction du PS négocie en ce moment même contre des miettes misérables le renforcement des pouvoirs institutionnels du fascisant président de la République, qui pourra venir parler "à l'américaine" devant les députés. Rien d'étonnant puisque Strauss-Kahn (PS) et Pascal Lamy (PS) dirigent les deux principales institutions de l'euro-mondialisation libérale, le FMI et l'OMC.

D'autant plus grande est la responsabilité des dirigeants liquidateurs du PCF qui n'ont cessé de larguer les principes fondateurs du communisme sous prétexte d’ "élargir le rassemblement à gauche". En réalité, quand le PCF se social-démocratise et parle de couper avec la référence communiste, comment être surpris si le PS se "libéralise" et si la droite classique se fascise ? "Si le sel perd sa saveur, dit l'Evangile, qui la lui rendra" ? Un PCF édulcoré, "dé-salinisé", ne peut qu'aider la dérive à droite de la social-démocratie et favoriser la dérive fascisante de la France et de l'Europe.

Grain de sel

Mais rien ne sert de pleurnicher. La balle est dans le camp des vrais communistes : qu'attendons-nous pour réagir positivement aux propositions d'unité d'action immédiates du PRCF et de la CAC présidée par G. Hage ? La balle est aussi dans le camp des vrais syndicalistes. Qu'attendons-nous pour nous fédérer partout, résister au syndicalisme d'accompagnement qui nous mène à une défaite historique ? La balle est enfin dans le camp des vrais républicains. Qu'attendons-nous, communistes fidèles à Guy Moquet, socialistes fidèles à Jaurès, radicaux fidèles au combat laïque de F. Buisson, républicains fidèles à Jean Moulin, gaullistes fidèles au 18 juin et au programme du CNR, pour nous rencontrer et dessiner enfin une véritable alternative progressiste, sans crainte de proclamer l'illégitimité de Sarkozy et de sa poltique, mais aussi de cette UE du grand capital qui impulse la dérive fascisante de la politique dans presque tous les pays européens en ligotant la droite à la social-démocratie maastrichtienne et à ses appendices du "Parti de la Gauche Européenne" ?

Cessons de tempêter stérilement contre l'ennemi de classe et ses complices du PS, remettons notre grain de sel communiste, classiste et franchement républicain, antifasciste et anti-Maastricht dans la vie politique de notre pays en proie à toutes les dérives ! La liquidation du PCF aide l'UMPS à tuer notre pays. Quel que soit le résultat du prochain congrès du PCF organisé sous l'égide de sa direction liquidatrice, il faudra bien faire en sorte que, encore membres ou pas du PCF, les vrais communistes trouvent les moyens de se retrouver dès 2009 pour rendre à la France un Parti franchement communiste !

Georges GASTAUD dans Initiative communiste de juin-juillet 2008

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Publié dans France - Politique-PCF

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