Au Népal, le chef des maoïstes devient premier ministre
Le chef des maoïstes du Népal, Prachanda, a été élu premier ministre de la jeune République népalaise, vendredi 15 août, deux mois après la proclamation de la République dans la liesse général et le départ du roi déchu de ce pays de l'Himalaya. De son vrai nom Pushpa Kamal Dahal, Prachanda a passé vingt-cinq ans dans la clandestinité, dont dix à mener la lutte armée dans les maquis et les montagnes.
Le triomphe de l'ancien chef de guerre longtemps recherché pour "terrorisme", Prachanda, 53 ans, dit "le redoutable", désigné par une majorité écrasante (464 voix contre 113) à l'Assemblée constituante, met un terme à une incroyable épopée politique de deux ans. Deux ans au cours desquels les Népalais ont mis fin à la guerre civile, porté au pouvoir l'ex-rébellion maoïste et enterré plus de deux siècles de monarchie hindouiste en la remplaçant par une République, proclamée en mai.
"Je suis très heureux et très ému", a simplement lancé Prachanda, le front enduit de poudre rouge, en signe de bénédiction, en quittant l'Assemblée constituante, élue le 10 avril, et dominée par les maoïstes, qui occupent plus du tiers des sièges. Les parlementaires maoïstes du PCN-M ont, eux, laissé éclater leur joie et ont tapé sur leurs pupitres à l'annonce des résultats.
"Le Népal voit poindre une aube dorée. Nous avons déjà fini d'arracher les racines du féodalisme : l'institution monarchique, vieille de 240 ans", s'est félicité, vendredi après l'élection, le numéro deux maoïste, Baburam Bhattaraï. "Sous la direction de Prachanda, le grand programme du nouveau gouvernement sera le nationalisme, le républicanisme et la transformation socio-économique", a-t-il ajouté.
La classe politique ne parvenait pas à s'entendre sur l'architecture du gouvernement depuis la victoire électorale des maoïstes et le départ en juin du "dieu-roi" honni, Gyanendra, de son palais de Katmandou. Les maoïstes (227 sièges sur 595 à l'Assemblée constituante) ont finalement scellé un pacte avec le Parti communiste du Népal marxiste-léniniste unifié (PCM-UML, centre gauche), qui dispose de 108 sièges. "Nous aurons une majorité des deux tiers pour conduire le gouvernement", a assuré Prachanda.
L'alliance des deux partis communistes népalais semble toutefois fragilisée par des divergences internes au sein du PCN-UML et l'hostilité du puissant voisin indien. Une hostilité qu'il convient de décrypter aussi dans un contexte de rupture à New-Delhi entre le parti du Congrès, au pouvoir en Inde, avec ses puissants anciens alliés communistes à propos de l'accord sur le nucléaire conclu par le gouvernement indien avec les Etats-Unis. Un contexte de "droitisation" de la politique gouvernementale indienne, donc, que ce soit en matière internationale que de politique intérieure.
Le rapprochement des deux partis communistes avait d'ailleurs connu une fausse note en juillet avec l'élection à la Présidence de la République de Ram Baran Yadav (membre du parti du Congrès, centriste) avec le soutien du PCN-UML contre un candidat "républicain" soutenu par le PCN-M, Ramraja Prasad Singh. Cette élection avait provoqué la fureur des maoistes contre leurs futurs alliés, au point de bloquer un temps la formation du nouveau gouvernement. Néanmoins, en l'absence de coalition majoritaire alternative, les deux partis communistes semblent condamnés à s'entendre tant bien que mal.
L'arrivée de Prachanda au pouvoir à Katmandou, dans le prolongement de l'abolition de la monarchie (dont les maoïstes népalais ont été les principaux artisans), ouvre donc la perspective de changements politiques et sociaux très profonds à une population en forte attente. D'ores et déjà, Prachanda a promis une réforme agraire, qui correspond a un enjeu majeur dans un pays dont 80% de la population vit de l'agriculture. L'espoir de voir intervenir des changements structurels est d'autant plus fort au sein de la société népalaise que le Népal est l'un des plus pauvres au monde (avec plus de 40% de la population en dessous du seuil de pauvreté) et que ses structures sociales sont sclérosées par la persistance du système de castes.
Le triomphe de l'ancien chef de guerre longtemps recherché pour "terrorisme", Prachanda, 53 ans, dit "le redoutable", désigné par une majorité écrasante (464 voix contre 113) à l'Assemblée constituante, met un terme à une incroyable épopée politique de deux ans. Deux ans au cours desquels les Népalais ont mis fin à la guerre civile, porté au pouvoir l'ex-rébellion maoïste et enterré plus de deux siècles de monarchie hindouiste en la remplaçant par une République, proclamée en mai.
"Je suis très heureux et très ému", a simplement lancé Prachanda, le front enduit de poudre rouge, en signe de bénédiction, en quittant l'Assemblée constituante, élue le 10 avril, et dominée par les maoïstes, qui occupent plus du tiers des sièges. Les parlementaires maoïstes du PCN-M ont, eux, laissé éclater leur joie et ont tapé sur leurs pupitres à l'annonce des résultats.
"Le Népal voit poindre une aube dorée. Nous avons déjà fini d'arracher les racines du féodalisme : l'institution monarchique, vieille de 240 ans", s'est félicité, vendredi après l'élection, le numéro deux maoïste, Baburam Bhattaraï. "Sous la direction de Prachanda, le grand programme du nouveau gouvernement sera le nationalisme, le républicanisme et la transformation socio-économique", a-t-il ajouté.
La classe politique ne parvenait pas à s'entendre sur l'architecture du gouvernement depuis la victoire électorale des maoïstes et le départ en juin du "dieu-roi" honni, Gyanendra, de son palais de Katmandou. Les maoïstes (227 sièges sur 595 à l'Assemblée constituante) ont finalement scellé un pacte avec le Parti communiste du Népal marxiste-léniniste unifié (PCM-UML, centre gauche), qui dispose de 108 sièges. "Nous aurons une majorité des deux tiers pour conduire le gouvernement", a assuré Prachanda.
L'alliance des deux partis communistes népalais semble toutefois fragilisée par des divergences internes au sein du PCN-UML et l'hostilité du puissant voisin indien. Une hostilité qu'il convient de décrypter aussi dans un contexte de rupture à New-Delhi entre le parti du Congrès, au pouvoir en Inde, avec ses puissants anciens alliés communistes à propos de l'accord sur le nucléaire conclu par le gouvernement indien avec les Etats-Unis. Un contexte de "droitisation" de la politique gouvernementale indienne, donc, que ce soit en matière internationale que de politique intérieure.
Le rapprochement des deux partis communistes avait d'ailleurs connu une fausse note en juillet avec l'élection à la Présidence de la République de Ram Baran Yadav (membre du parti du Congrès, centriste) avec le soutien du PCN-UML contre un candidat "républicain" soutenu par le PCN-M, Ramraja Prasad Singh. Cette élection avait provoqué la fureur des maoistes contre leurs futurs alliés, au point de bloquer un temps la formation du nouveau gouvernement. Néanmoins, en l'absence de coalition majoritaire alternative, les deux partis communistes semblent condamnés à s'entendre tant bien que mal.
L'arrivée de Prachanda au pouvoir à Katmandou, dans le prolongement de l'abolition de la monarchie (dont les maoïstes népalais ont été les principaux artisans), ouvre donc la perspective de changements politiques et sociaux très profonds à une population en forte attente. D'ores et déjà, Prachanda a promis une réforme agraire, qui correspond a un enjeu majeur dans un pays dont 80% de la population vit de l'agriculture. L'espoir de voir intervenir des changements structurels est d'autant plus fort au sein de la société népalaise que le Népal est l'un des plus pauvres au monde (avec plus de 40% de la population en dessous du seuil de pauvreté) et que ses structures sociales sont sclérosées par la persistance du système de castes.
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