La démocratisation de l'enseignement supérieur n'encourage pas la mobilité sociale‏

Publié le par Jihad WACHILL

Les jeunes d'origine modeste sont de plus en plus diplômés, mais les inégalités sociales selon les filières restent fortes. Une démocratisation de l'enseignement supérieur qui ne garantit pas l'ascension sociale, de plus en plus lente. 

De plus en plus de jeunes diplômés mais de moins en moins de mobilité sociale : c'est le constat paradoxal de deux études de l'Insee (1) parues jeudi dernier. Certes, les jeunes d'origine modeste accèdent de plus en plus au supérieur, mais cette démocratisation est « de très faible ampleur », selon Valérie Albouy et Chloé Tavan, auteurs de la première étude. En moins de deux décennies, la part des jeunes obtenant un diplôme du supérieur a doublé : elle est passée de 21 % pour les générations nées entre 1960 et 1962 à 42 % pour celles nées entre 1975 et 1977. Cette évolution concerne l'ensemble des filières (ainsi que les cursus longs comme les DEA ou les doctorats) et tous les milieux sociaux :un quart des enfants d'ouvrier possèdent aujourd'hui un diplôme du supérieur, contre à peine un sur dix il y a quinze ans.

En revanche, les inégalités sociales n'ont pas disparu. Devenues « moins lisibles et plus subtiles », elles s'expriment désormais selon les choix d'orientation. Pour Valérie Albouy, « même si les filières prestigieuses accueillent davantage de fils d'ouvriers ou d'employés, leur proportion reste faible et les inégalités sociales d'une filière à une autre persistent, surtout chez les filles ».

Tendance au déclassement 

 
Les jeunes des classes populaires accèdent certes au supérieur mais s'arrêtent aux cursus courts - instituts universitaires de technologie (IUT), BTS, diplômes du secteur santé et social - tandis que les étudiants des milieux favorisés poursuivent leurs études au-delà, pour un « bac + 3 ou plus »... et se replient toujours plus vers les filières plus valorisantes (médecine, droit...). Les étudiants, de plus en plus diplômés, ne bénéficient pas pour autant d'une meilleure ascension sociale que leurs parents. 
 
Alors que chez ceux d'origine modeste nés dans les années 1960, la mobilité sociale reste rare, la tendance est au déclassement pour les enfants de cadre ou de profession libérale : « Les trajectoires descendantes se multiplient », indique l'Insee dans sa deuxième étude. « A l'approche de la quarantaine, près d'un fils de cadre sur quatre né au tournant des années 1960 occupe un emploi d'ouvrier ou d'employé. » En cause : une multiplication des diplômes qui ne s'accompagne pas de créations d'emplois hautement qualifiés. Une situation qui, selon les auteurs, remet en question « l'idéal d'une société méritocratique ».
 
Article paru dans les Echos du 2 septembre 2008

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Publié dans France - Education

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A
effectivement, et il suffit de se balader dans le quartier de la Sorbonne pour le vérifier...<br /> On pourrait ajouter à cet intéressant rapport que les étudiants issus de la bourgeoisie, très nombreux dans ma fac, (Paris1) distillent une idéologie ultra-libérale, individualiste,qu'ils apprennent non seulement au sein de leur milieu social. Mais le plus grave est que cette idéologie est véhiculée par les professeurs d'éco gé genre Jacques Marseille (il enseigne à P1). Pas étonnant qu'on ait tant de mal à mobiliser les étudiants sur la LRU...Le nombre d'étudiants se vantant d'avoir voté Sarkozy est incroyablement important...Ce n'est pas un hasard...Non, les jeunes ne sont pas tous de "gauche"... Oui, la lutte des classes a lieu aussi au sein des facs.
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