La démographie a bon dos
Le ministère justifie les suppressions de postes par la baisse des effectifs d’élèves. Problème : un retour à la hausse est prévu dès 2010.
C’est l’un des arguments clés utilisés par Xavier Darcos pour justifier des 80 000 suppressions de postes d’enseignants programmées jusqu’en 2012 : « la démographie nous est favorable ». Comprendre : en léger recul, puisque collèges et lycées publics accueilleront cette année 40 600 élèves de moins. Une baisse que ne compense pas la hausse des effectifs dans le primaire (+ 6 000 élèves). « On nous avait dit : 11 200 (suppressions de postes - NDLR)… c’est la fin de tout. Vous verrez que les élèves seront le même nombre par classe, ils seront même un tout petit peu moins. Nous aurons un meilleur taux d’encadrement que la rentrée précédente », a même assuré Xavier Darcos jeudi, lors de sa conférence de presse de rentrée.
Les syndicats ne partagent pas l’optimisme du ministre. Surtout dans le primaire où une progression du nombre d’élèves est prévue pour cette rentrée comme pour la suivante. « Il est parfaitement incompréhensible de supprimer des postes dans ce contexte. Cela ne pourra qu’entraîner des classes surchargées, la disparition de la formation continue des maîtres ou encore une nouvelle baisse de la scolarisation en maternelle, s’inquiète Gilles Moindrot, secrétaire général du SNUipp-FSU. Comment dès lors remplir l’objectif de diminution par trois du nombre d’élèves en difficulté à la fin du primaire ? »
Les enseignants du secondaire ne sont pas moins remontés. « Pour la première fois depuis quinze ans, la DEPP (division de l’évaluation, de la prospective et de la performance - NDLR) n’a communiqué aucun chiffre sur les rentrées à venir, s’insurge Daniel Robin, co-secrétaire général du SNES-FSU. Le ministère fonctionne dans une totale opacité, et l’on est obligé de se fier aux déclarations à la hussarde de Xavier Darcos. » Baisse démographique ou pas, c’est surtout la logique de ses suppressions de postes qui est critiquée : « Les reculs d’effectifs devraient être l’occasion d’une amélioration du système éducatif, notamment pour les élèves en difficulté. Or, c’est tout le contraire qui est fait », appuie Daniel Robin.
Au total, chacun conçoit bien que l’argument démographique n’est que de façade. « D’ailleurs, sur les 8 830 suppressions dans le secondaire en 2008, seules 1 500 sont réellement imputées à une baisse des effectifs d’élèves. Le reste, c’est du choix politique », résume le syndicaliste. Un choix finalement assumé par Xavier Darcos. « Je n’ai aucun complexe à défendre le non-renouvellement d’un certain nombre d’emplois, car le poids de la dette est considérable », a-t-il lâché jeudi dernier.
Alexandre FACHE dans l'Humanité du 2 septembre 2008
C’est l’un des arguments clés utilisés par Xavier Darcos pour justifier des 80 000 suppressions de postes d’enseignants programmées jusqu’en 2012 : « la démographie nous est favorable ». Comprendre : en léger recul, puisque collèges et lycées publics accueilleront cette année 40 600 élèves de moins. Une baisse que ne compense pas la hausse des effectifs dans le primaire (+ 6 000 élèves). « On nous avait dit : 11 200 (suppressions de postes - NDLR)… c’est la fin de tout. Vous verrez que les élèves seront le même nombre par classe, ils seront même un tout petit peu moins. Nous aurons un meilleur taux d’encadrement que la rentrée précédente », a même assuré Xavier Darcos jeudi, lors de sa conférence de presse de rentrée.
Les syndicats ne partagent pas l’optimisme du ministre. Surtout dans le primaire où une progression du nombre d’élèves est prévue pour cette rentrée comme pour la suivante. « Il est parfaitement incompréhensible de supprimer des postes dans ce contexte. Cela ne pourra qu’entraîner des classes surchargées, la disparition de la formation continue des maîtres ou encore une nouvelle baisse de la scolarisation en maternelle, s’inquiète Gilles Moindrot, secrétaire général du SNUipp-FSU. Comment dès lors remplir l’objectif de diminution par trois du nombre d’élèves en difficulté à la fin du primaire ? »
Les enseignants du secondaire ne sont pas moins remontés. « Pour la première fois depuis quinze ans, la DEPP (division de l’évaluation, de la prospective et de la performance - NDLR) n’a communiqué aucun chiffre sur les rentrées à venir, s’insurge Daniel Robin, co-secrétaire général du SNES-FSU. Le ministère fonctionne dans une totale opacité, et l’on est obligé de se fier aux déclarations à la hussarde de Xavier Darcos. » Baisse démographique ou pas, c’est surtout la logique de ses suppressions de postes qui est critiquée : « Les reculs d’effectifs devraient être l’occasion d’une amélioration du système éducatif, notamment pour les élèves en difficulté. Or, c’est tout le contraire qui est fait », appuie Daniel Robin.
Au total, chacun conçoit bien que l’argument démographique n’est que de façade. « D’ailleurs, sur les 8 830 suppressions dans le secondaire en 2008, seules 1 500 sont réellement imputées à une baisse des effectifs d’élèves. Le reste, c’est du choix politique », résume le syndicaliste. Un choix finalement assumé par Xavier Darcos. « Je n’ai aucun complexe à défendre le non-renouvellement d’un certain nombre d’emplois, car le poids de la dette est considérable », a-t-il lâché jeudi dernier.
Alexandre FACHE dans l'Humanité du 2 septembre 2008
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