Débuts de négociations prometteurs à Chypre

Publié le par Jihad WACHILL

Nicosie : Côtés grec et turc ont entamé hier des pourparlers sur la réunification de l’île, partagée depuis 1974.

Le président chypriote grec, Demetris Christofias, et le président de la République turque de Chypre du Nord (RTCN, seulement reconnue par la Turquie), Mehmet Ali Talat, se sont entrevus pendant quatre-vingt-dix minutes dans la zone tampon de la capitale Nicosie, sous contrôle de l’ONU. Ce rendez-vous fut le coup d’envoi formel des pourparlers les plus sérieux depuis le rejet en 2004 du plan de réunification de l’ONU par la partie grecque, qui représente 80 % de la population. Sur place, l’émissaire spécial de l’ONU pour Chypre, Alexander Downer, a confirmé à la presse la tenue du premier round des négociations formelles le 11 septembre, sans préciser de délai.

Demetris Christofias a souligné « l’existence d’une volonté et d’un effort communs pour aboutir », tandis que Mehmet Ali Talat a estimé qu’une solution pourrait être trouvée « cette année ».

Les experts se montrent relativement optimistes : ces deux dirigeants de gauche se sont déjà rencontrés plusieurs fois depuis l’élection en février du communiste Demetris Christofias à la présidence de Chypre, celui-ci ayant fait campagne sur un programme de relance des efforts de réunification, tandis que Mehmet Talat avait parrainé le « oui » au référendum de 2004.

Le futur accord devra néanmoins être adopté par référendum par les deux communautés, et de nombreuses questions épineuses devront être réglées afin d’atteindre un règlement, telles que les requêtes de 250 000 Chypriotes spoliés de leurs biens lors de la partition. Mais surtout, la question de la gouvernance de l’île constitue l’un des points clés des négociations : Mehmet Talat a exprimé la nécessité de prévoir deux « États constitutifs » partageant le pouvoir à égalité, ce que la communauté chypriote-grecque refuse catégoriquement.

Chypre est représentée depuis 2004 au sein de l’UE par les Chypriotes-Grecs, qui disposent d’un droit de veto sur une éventuelle adhésion de la Turquie, un allié important des grands pays européens au Proche-Orient.

Vincent DURAUD dans l'Humanité du 4 septembre 2008
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Publié dans Europe orientale

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