Les cheminots mobilisés contre le dumping social
Transports : Des centaines d’entre eux se sont retrouvés, hier, pour une harmonisation par le haut des conditions de travail chez les opérateurs privés.
Après dix-huit mois de négociations au sein de la Commission mixte paritaire nationale, dont l’ouverture avait été obtenue après la tentative du gouvernement Villepin d’imposer, fin 2006, par décret, l’organisation et l’aménagement du temps de travail pour les salariés du secteur ferroviaire hors SNCF, les fédérations syndicales de cheminots trouvent que le compte n’y est toujours pas. Hier, devant le siège de Réseau ferré de France (RFF), plusieurs dizaines de salariés qui travaillent sur les chemins de fer pour Veolia Transport ou Euro Cargo Rail, les deux plus importants opérateurs privés de fret, ainsi que des centaines de cheminots de la SNCF, se sont retrouvés pour dénoncer ensemble les risques de dumping social et exiger ensemble une harmonisation par le haut de leurs conditions de travail. Alors que la date butoir pour aboutir à un accord, fixée par les pouvoirs publics, approche, les organisations réclament un délai supplémentaire, afin que le patronat des transports publics intègre enfin leurs revendications principales sur la durée maximale journalière de travail, sur les repos compensateurs liés aux 35 heures, sur le recours aux contrats précaires, etc. « Il y a des convergences d’intérêt entre les cheminots de la SNCF et ceux des opérateurs privés qui roulent sur les infrastructures ferroviaires en France, indique Didier Le Reste, secrétaire général de la CGT cheminots, au nom de l’intersyndicale CGT-CFDT-CFTC-CGC-FGAAC.
Meilleures seront les conditions sociales chez Veolia, Euro Cargo Rail ou les autres opérateurs privés, mieux nous pourrons défendre nos acquis à la SNCF et la norme d’emploi en vigueur dans le secteur. Le patronat cherche à entraîner les cheminots sur la voie des reculs sociaux, nous ne devons pas tomber dans ce piège en exacerbant la concurrence entre les uns et les autres. » Et le syndicaliste de fustiger « l’air du temps qui voudrait que l’on joue sur les chemins de fer à celui qui fera le plus de business » : « On a tout lieu de combattre cette doctrine du dumping social, au nom, bien sûr, des cheminots, mais aussi plus globalement des usagers et de la collectivité nationale. Au niveau européen, le patronat du secteur ferroviaire est en train de chercher, par exemple, à tirer les conditions de travail vers le bas au nom de la compétitivité : on nous parle aujourd’hui de permettre par exemple aux entreprises d’éloigner les conducteurs de train de chez eux pendant cinq à six jours, comme cela existe pour le transport routier… Or, dans le secteur maritime comme sur les routes, on connaît les résultats de ce dumping social ; cette dérégulation des garanties sociales a des incidences parfois tragiques sur la sécurité. Nous ne voulons pas de ça dans le ferroviaire ! »
Thomas LEMAHIEU dans l'Humanité du 4 septembre 2008
Après dix-huit mois de négociations au sein de la Commission mixte paritaire nationale, dont l’ouverture avait été obtenue après la tentative du gouvernement Villepin d’imposer, fin 2006, par décret, l’organisation et l’aménagement du temps de travail pour les salariés du secteur ferroviaire hors SNCF, les fédérations syndicales de cheminots trouvent que le compte n’y est toujours pas. Hier, devant le siège de Réseau ferré de France (RFF), plusieurs dizaines de salariés qui travaillent sur les chemins de fer pour Veolia Transport ou Euro Cargo Rail, les deux plus importants opérateurs privés de fret, ainsi que des centaines de cheminots de la SNCF, se sont retrouvés pour dénoncer ensemble les risques de dumping social et exiger ensemble une harmonisation par le haut de leurs conditions de travail. Alors que la date butoir pour aboutir à un accord, fixée par les pouvoirs publics, approche, les organisations réclament un délai supplémentaire, afin que le patronat des transports publics intègre enfin leurs revendications principales sur la durée maximale journalière de travail, sur les repos compensateurs liés aux 35 heures, sur le recours aux contrats précaires, etc. « Il y a des convergences d’intérêt entre les cheminots de la SNCF et ceux des opérateurs privés qui roulent sur les infrastructures ferroviaires en France, indique Didier Le Reste, secrétaire général de la CGT cheminots, au nom de l’intersyndicale CGT-CFDT-CFTC-CGC-FGAAC.
Meilleures seront les conditions sociales chez Veolia, Euro Cargo Rail ou les autres opérateurs privés, mieux nous pourrons défendre nos acquis à la SNCF et la norme d’emploi en vigueur dans le secteur. Le patronat cherche à entraîner les cheminots sur la voie des reculs sociaux, nous ne devons pas tomber dans ce piège en exacerbant la concurrence entre les uns et les autres. » Et le syndicaliste de fustiger « l’air du temps qui voudrait que l’on joue sur les chemins de fer à celui qui fera le plus de business » : « On a tout lieu de combattre cette doctrine du dumping social, au nom, bien sûr, des cheminots, mais aussi plus globalement des usagers et de la collectivité nationale. Au niveau européen, le patronat du secteur ferroviaire est en train de chercher, par exemple, à tirer les conditions de travail vers le bas au nom de la compétitivité : on nous parle aujourd’hui de permettre par exemple aux entreprises d’éloigner les conducteurs de train de chez eux pendant cinq à six jours, comme cela existe pour le transport routier… Or, dans le secteur maritime comme sur les routes, on connaît les résultats de ce dumping social ; cette dérégulation des garanties sociales a des incidences parfois tragiques sur la sécurité. Nous ne voulons pas de ça dans le ferroviaire ! »
Thomas LEMAHIEU dans l'Humanité du 4 septembre 2008
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