Une délégation européenne à Moscou dans un climat difficile
Caucase : Nicolas Sarkozy est aujourd’hui en Russie pour obtenir le respect de l’accord du 12 août. Une visite sur fond de tensions entre Moscou et Washington.
Le président en exercice du Conseil européen, Nicolas Sarkozy, se rend aujourd’hui à Moscou. Réunis samedi à Avignon, les ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne (UE) ont donné mandat au président français de réclamer à son homologue russe Dmitri Medvedev l’application intégrale de l’accord en six points. « J’ai bon espoir que la visite à Moscou du président français (…) permette de progresser dans la clarification de l’accord en six points », a indiqué hier la chancelière allemande Angela Merkel lors d’une interview radiophonique. L’accord en six points avait été négocié le 12 août dernier et avait permis de faire cesser les hostilités. Mais Moscou ne respecterait pas encore entièrement certaines dispositions. Pour cette visite diplomatique, qui s’achèvera dans la soirée dans la capitale géorgienne, Tbilissi, Nicolas Sarkozy est accompagné du président de la Commission européenne José Manuel Durao Barroso, ainsi que du chef de la diplomatie de l’Union, Javier Solana.
Trois objectifs à atteindre
Le mandat dont est porteur Nicolas Sarkozy porte sur trois objectifs. Le premier est l’obtention du déploiement en sol géorgien d’observateurs internationaux, dans des zones qui font encore l’objet de discussions avec Moscou. Alors que les dirigeants russes sont accusés de tarder à retirer leurs troupes du territoire géorgien, les ministres demandent à la délégation européenne d’« obtenir des dates précises, des mécanismes et des engagements de Moscou qui garantissent l’achèvement du retrait ». Enfin, l’accord prévoit le lancement de négociations internationales sur l’accord sur « la sécurité et la stabilité » en Ossétie et Abkhazie.
Il reste que la délégation européenne arrive dans la capitale russe à un moment où les dirigeants russes usent de mots durs envers l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN), suite à la visite du vice-président américain Dick Cheney dans le Caucase. Celui-ci s’est dit favorable à l’entrée de l’Ukraine et de la Géorgie dans l’OTAN, adhésion qui avait été reportée lors du sommet de Bucarest en avril dernier. Dmitri Medvedev a accusé samedi les États-Unis de réarmer la Géorgie. C’est le navire militaire USS Mount Whitney qui a livré l’aide humanitaire dans le port de Poti. « Je me demande comment [les Américains] réagiraient si nous envoyions de l’aide humanitaire en utilisant notre marine dans les pays des Caraïbes », s’est interrogé Dmitri Medvedev. En outre, l’agence de presse russe Novosti rapportait des propos de sources militaires anonymes qui estiment que « la flotte de navires de l’OTAN a été déployée dans pratiquement tous les points clés de la mer Noire ».
Succès pour la diplomatie russe
De plus, la diplomatie russe vient d’enregistrer un succès sur sa frontière sud. Mercredi, si les États de l’Organisation du traité de sécurité collective (qui regroupe la Russie, l’Arménie, la Biélorussie, le Kirghizistan, le Kazakhstan, le Tadjikistan et l’Ouzbékistan) n’ont pas reconnu l’indépendance des républiques sécessionnistes géor- giennes, leurs ministres des Affaires étrangères ont soutenu « le rôle actif de la Fédération de Russie pour son travail en matière de paix et de coopération dans le Caucase ».
Gaël DE SANTIS dans l'Humanité du 8 septembre 2008
Le président en exercice du Conseil européen, Nicolas Sarkozy, se rend aujourd’hui à Moscou. Réunis samedi à Avignon, les ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne (UE) ont donné mandat au président français de réclamer à son homologue russe Dmitri Medvedev l’application intégrale de l’accord en six points. « J’ai bon espoir que la visite à Moscou du président français (…) permette de progresser dans la clarification de l’accord en six points », a indiqué hier la chancelière allemande Angela Merkel lors d’une interview radiophonique. L’accord en six points avait été négocié le 12 août dernier et avait permis de faire cesser les hostilités. Mais Moscou ne respecterait pas encore entièrement certaines dispositions. Pour cette visite diplomatique, qui s’achèvera dans la soirée dans la capitale géorgienne, Tbilissi, Nicolas Sarkozy est accompagné du président de la Commission européenne José Manuel Durao Barroso, ainsi que du chef de la diplomatie de l’Union, Javier Solana.
Trois objectifs à atteindre
Le mandat dont est porteur Nicolas Sarkozy porte sur trois objectifs. Le premier est l’obtention du déploiement en sol géorgien d’observateurs internationaux, dans des zones qui font encore l’objet de discussions avec Moscou. Alors que les dirigeants russes sont accusés de tarder à retirer leurs troupes du territoire géorgien, les ministres demandent à la délégation européenne d’« obtenir des dates précises, des mécanismes et des engagements de Moscou qui garantissent l’achèvement du retrait ». Enfin, l’accord prévoit le lancement de négociations internationales sur l’accord sur « la sécurité et la stabilité » en Ossétie et Abkhazie.
Il reste que la délégation européenne arrive dans la capitale russe à un moment où les dirigeants russes usent de mots durs envers l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN), suite à la visite du vice-président américain Dick Cheney dans le Caucase. Celui-ci s’est dit favorable à l’entrée de l’Ukraine et de la Géorgie dans l’OTAN, adhésion qui avait été reportée lors du sommet de Bucarest en avril dernier. Dmitri Medvedev a accusé samedi les États-Unis de réarmer la Géorgie. C’est le navire militaire USS Mount Whitney qui a livré l’aide humanitaire dans le port de Poti. « Je me demande comment [les Américains] réagiraient si nous envoyions de l’aide humanitaire en utilisant notre marine dans les pays des Caraïbes », s’est interrogé Dmitri Medvedev. En outre, l’agence de presse russe Novosti rapportait des propos de sources militaires anonymes qui estiment que « la flotte de navires de l’OTAN a été déployée dans pratiquement tous les points clés de la mer Noire ».
Succès pour la diplomatie russe
De plus, la diplomatie russe vient d’enregistrer un succès sur sa frontière sud. Mercredi, si les États de l’Organisation du traité de sécurité collective (qui regroupe la Russie, l’Arménie, la Biélorussie, le Kirghizistan, le Kazakhstan, le Tadjikistan et l’Ouzbékistan) n’ont pas reconnu l’indépendance des républiques sécessionnistes géor- giennes, leurs ministres des Affaires étrangères ont soutenu « le rôle actif de la Fédération de Russie pour son travail en matière de paix et de coopération dans le Caucase ».
Gaël DE SANTIS dans l'Humanité du 8 septembre 2008
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