Ukraine : La position fragilisée de Viktor IOUTCHTCHENKO

Publié le par Jihad WACHILL

Le président ukrainien est en opposition ouverte avec son premier ministre Ioulia Timochenko, qu’il accuse de « haute trahison ».

Le moins qu’on puisse dire est que le président ukrainien, Viktor Iouchtchenko, qui a assisté hier au sommet Union européenne-Ukraine, est dans une posture fragilisée. L’Ukraine traverse une sérieuse crise politique qui n’est pas tout à fait sans rapport avec le conflit russo-géorgien.

Tout a commencé quand, au tout début du conflit armé entre Moscou et Tbilissi, le Conseil national de sécurité ukrainien convoqué par Viktor Iouchtchenko a tourné court. Le 18 août, lors de la réunion de ce conseil, le chef d’État ukrainien avait échoué à faire entériner un projet de décret restreignant les mouvements de la flotte russe de la mer Noire, basée à Sébastopol en Crimée : son premier ministre, Ioulia Timochenko, et le ministre de l’Intérieur, qui s’étaient abstenus lors du vote, ont rendu caduque la mesure envisagée.

La présidence ukrainienne avait aussitôt accusé Ioulia Timochenko de « haute trahison ». Et ce n’était que partie remise. Moins d’un mois plus tard, le 2 septembre, la coalition gouvernementale formée au lendemain des élections législatives de septembre 2007 éclatait : le parti du président, Nouvelle Ukraine, annonçait avec fracas son retrait de la coalition gouvernementale qu’il formait avec le Bloc Timochenko. Le parti de Ioulia Timochenko avait fait adopter une série de lois avec le soutien du Parti des régions de Viktor Ianoukovitch visant à faciliter une procédure de destitution du chef de l’État.

Ce dernier n’a pas tardé à réagir menaçant à son tour de dissoudre le Parlement et « de décréter des élections anticipées », non sans accuser son ex-alliée de la « révolution orange » de n’avoir pas soutenu la Géorgie contre la Russie, d’avoir été soudoyée par Moscou qui lui aurait donné un « milliard de dollars » à des fins électorales ! Autrement dit, Ioulia Timochenko aurait changé son fusil d’épaule et courrait désormais pour le compte de Moscou.

C’est dans ce contexte de crise aiguë que s’est déroulée la visite du vice-président US, Dick Cheney, qui a en vain essayé de ramener à la raison Iouchtchenko et Timochenko car Washington, on s’en doute bien, a tout intérêt à la préservation de la coalition gouvernementale dite pro-occidentale en Ukraine.

Quoi qu’il en soit, au cas où l’on resterait dans l’impasse, dans un délai de dix jours après l’éclatement de la coalition le 2 septembre dernier, les protagonistes de la crise auront un délai de trente jours pour former une nouvelle coalition. Passé ce délai, le chef d’État, dont la popularité est en chute libre, pourrait appeler à l’organisation d’élections législatives.

Hassane ZERROUKY dans l'Humanité du 10 septembre 2008
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Publié dans Europe orientale

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