Grande-Bretagne : Les syndicats face à Brown
Grande-Bretagne : Réunis lors de leur congrès annuel à Brighton, les TUC lancent une campagne sur les salaires et le pouvoir d’achat.
Brighton, correspondance particulière.
Gordon Brown, premier ministre travailliste en grande difficulté dans les sondages, doit repenser sa politique. Qui le dit ? Eh bien, c’est Gordon Brown lui-même. Mardi soir, le leader du Labour a été, comme c’est l’usage, l’invité d’honneur au dîner du conseil général du TUC, événement annuel lié au congrès de la confédération syndicale qui se tient à Brighton. La direction du Labour a besoin d’éviter de rompre les relations avec les syndicats : ils fournissent la plupart des fonds du Parti et les législatives auront lieu d’ici dix-huit mois. Mais certains syndicats proposent de réduire ou d’annuler leurs contributions.
Les syndicalistes sont remontés, surtout ceux des services publics, le gouvernement ayant décidé que les augmentations de salaire n’atteindraient pas le taux de l’inflation. Pour faire face à la récession économique les salariés sont priés de se serrer la ceinture. La colère a été vivement exprimée dans la salle du congrès lundi quand les délégués ont voté pour lancer une vaste campagne sur les salaires et le pouvoir d’achat. En proposant la motion pour le syndicat Unison, Keith Sonnet a déclaré : « Nous n’accepterons pas d’essuyer le plus fort de la crise économique. Ce ne sont pas les travailleurs qui créent l’inflation - ils en sont les victimes. Et ils méritent mieux que le traitement mesquin qu’ils reçoivent d’un gouvernement qui écoute plus ses amis dans le patronat que ses propres supporters. »
Et Gordon Brown dans tout cela ? À la suite des débats au TUC, et en prélude à un difficile congrès du Labour qui aura lieu ce mois-ci, il accepte dans une déclaration qu’il est temps « d’adapter et de repenser » la politique du New Labour. En se félicitant de la législation sociale du gouvernement travailliste depuis 1997, le premier ministre a avoué un manque de progrès en matière de justice sociale. « Nous devons être honnêtes avec nous-mêmes, a-t-il dit, la mobilité sociale n’a pas été améliorée comme nous l » aurions voulu (…). Le milieu social d’un enfant à sa naissance prévoit toujours comment il réussira à l’école et dans la vie. » Autrement dit, né pauvre, on reste normalement pauvre. La messe est dite et la presse attend « un hiver du mécontentement ».
L’ordre du jour d’un congrès du TUC est toujours bien étoffé. Les syndicats britanniques ont une longue histoire de solidarité internationale. Cette année, les délégués ont exprimé par exemple leur soutien aux syndicalistes colombiens menacés d’assassinat par les paramilitaires, et aux Cinq de Miami lourdement condamnés et emprisonnés aux États-Unis depuis dix ans. Le TUC fait pression sur le gouvernement et l’Union européenne en faveur de la normalisation de leurs relations avec La Havane.
Peter AVIS dans l'Humanité du 11 septembre 2008
Brighton, correspondance particulière.
Gordon Brown, premier ministre travailliste en grande difficulté dans les sondages, doit repenser sa politique. Qui le dit ? Eh bien, c’est Gordon Brown lui-même. Mardi soir, le leader du Labour a été, comme c’est l’usage, l’invité d’honneur au dîner du conseil général du TUC, événement annuel lié au congrès de la confédération syndicale qui se tient à Brighton. La direction du Labour a besoin d’éviter de rompre les relations avec les syndicats : ils fournissent la plupart des fonds du Parti et les législatives auront lieu d’ici dix-huit mois. Mais certains syndicats proposent de réduire ou d’annuler leurs contributions.
Les syndicalistes sont remontés, surtout ceux des services publics, le gouvernement ayant décidé que les augmentations de salaire n’atteindraient pas le taux de l’inflation. Pour faire face à la récession économique les salariés sont priés de se serrer la ceinture. La colère a été vivement exprimée dans la salle du congrès lundi quand les délégués ont voté pour lancer une vaste campagne sur les salaires et le pouvoir d’achat. En proposant la motion pour le syndicat Unison, Keith Sonnet a déclaré : « Nous n’accepterons pas d’essuyer le plus fort de la crise économique. Ce ne sont pas les travailleurs qui créent l’inflation - ils en sont les victimes. Et ils méritent mieux que le traitement mesquin qu’ils reçoivent d’un gouvernement qui écoute plus ses amis dans le patronat que ses propres supporters. »
Et Gordon Brown dans tout cela ? À la suite des débats au TUC, et en prélude à un difficile congrès du Labour qui aura lieu ce mois-ci, il accepte dans une déclaration qu’il est temps « d’adapter et de repenser » la politique du New Labour. En se félicitant de la législation sociale du gouvernement travailliste depuis 1997, le premier ministre a avoué un manque de progrès en matière de justice sociale. « Nous devons être honnêtes avec nous-mêmes, a-t-il dit, la mobilité sociale n’a pas été améliorée comme nous l » aurions voulu (…). Le milieu social d’un enfant à sa naissance prévoit toujours comment il réussira à l’école et dans la vie. » Autrement dit, né pauvre, on reste normalement pauvre. La messe est dite et la presse attend « un hiver du mécontentement ».
L’ordre du jour d’un congrès du TUC est toujours bien étoffé. Les syndicats britanniques ont une longue histoire de solidarité internationale. Cette année, les délégués ont exprimé par exemple leur soutien aux syndicalistes colombiens menacés d’assassinat par les paramilitaires, et aux Cinq de Miami lourdement condamnés et emprisonnés aux États-Unis depuis dix ans. Le TUC fait pression sur le gouvernement et l’Union européenne en faveur de la normalisation de leurs relations avec La Havane.
Peter AVIS dans l'Humanité du 11 septembre 2008
Publicité