Quand le maire de Rome vole au secours du fascisme
Italie : Les propos visant à relativiser le bilan de la période mussolinienne de la part de responsables politiques de droite inquiètent de l’autre côté des Alpes.
« Il est inacceptable de considérer le fascisme comme un mal absolu seulement dans la phase lors de laquelle il produit les lois raciales », explique Tino Casale, président de l’Association nationale des partisans italiens (ANPI). Une évidence oubliée par une partie des plus hauts dirigeants italiens. « Ces lois ne furent que le résultat naturel d’une conduite liberticide que le fascisme a suivi depuis sa naissance », prévient-il, joint par l’Humanité. Il réagit aux propos du maire de Rome, Gianni Alemanno, et du ministre de la Défense, Ignazio La Russa, tous deux membres d’Alliance nationale, la formation postfasciste qui confluera dans le Peuples des libertés de Silvio Berlusconi à la fin de l’année.
« Je ne considère pas et je n’ai jamais considéré le fascisme comme le mal absolu », avait répondu le maire de Rome, Gianni Alemanno, lors d’une interview au quotidien Corriere della Sera dimanche, au cours d’une visite à Jérusalem. « Le fascisme a été un phénomène plus complexe (…) Beaucoup de gens ont rejoint le fascisme en toute bonne foi et je ne pense pas qu’on puisse parler de mal absolu à leur sujet. [Mais] les lois raciales voulues sous le fascisme et qui ont contribué à sa fin politique et culturelle étaient, elles, le mal absolu », avait-il poursuivi. Alors vice-premier ministre le leader d’Alliance nationale d’alors, et actuel président de l’Assemblée nationale avait qualifié le fascisme de « mal absolu », depuis Jérusalem, impulsant un tournant « démocratique » à la droite fasciste italienne.
Preuve que ses « colonels » ne se sont pas départis de leur vieille culture, les paroles du ministre de la Défense, Ignazio La Russa, lors des cérémonies du 8 septembre à Rome, qui commémorent l’armistice et la Résistance. « Je ferai un tort à ma conscience si je ne rappelais pas que d’autres militaires en uniforme, ceux de la Nembo de l’armée de la République sociale italienne (NDLR : fondée par Benito Mussolini en 1943 après avoir été écarté du pouvoir), subjectivement, de leur point de vue, combattirent en croyant en la défense de la patrie, en s’opposant dans les mois successifs au débarquement des Anglo-Américains et méritent donc le respect, même dans la différence de position, de tous ceux qui regardent avec objectivité l’histoire d’Italie », a-t-il déclaré. Avant d’être sèchement réprouvé par le président de la République, Giorgio Napolitano, qui a rendu hommage aux 600 000 militaires italiens déportés dans les camps de concentration nazis, et qui refusèrent de retourner libres en Italie pour combattre pour la République de Salo.
Ces propos qui viennent rappeler que malgré sa mutation, la droite italienne n’en a pas fini avec son passé fasciste a provoqué une vive émotion dans la communauté juive, principale victime des déportations, ainsi qu’à gauche. « Qui combattait du côté du fascisme et du nazisme avait tort. Gare à ne pas oublier qu’ils avaient tort », a clarifié Massimo D’Alema lors d’une fête du Parti démocrate. Chez les communistes on préfère rappeler le caractère antifasciste de la Constitution italienne. « L’antifascisme est en effet la condition sur laquelle s’est construite l’Italie républicaine. Et pour cela, l’antifascisme ne doit pas constituer une position de parti mais la religion civile sur laquelle se fonde notre cohabitation constitutionnelle. », a fait savoir Paolo Ferrero, secrétaire général du parti de la Refondation communiste.
Gaël DE SANTIS dans l'Humanité du 12 septembre 2008
« Il est inacceptable de considérer le fascisme comme un mal absolu seulement dans la phase lors de laquelle il produit les lois raciales », explique Tino Casale, président de l’Association nationale des partisans italiens (ANPI). Une évidence oubliée par une partie des plus hauts dirigeants italiens. « Ces lois ne furent que le résultat naturel d’une conduite liberticide que le fascisme a suivi depuis sa naissance », prévient-il, joint par l’Humanité. Il réagit aux propos du maire de Rome, Gianni Alemanno, et du ministre de la Défense, Ignazio La Russa, tous deux membres d’Alliance nationale, la formation postfasciste qui confluera dans le Peuples des libertés de Silvio Berlusconi à la fin de l’année.
« Je ne considère pas et je n’ai jamais considéré le fascisme comme le mal absolu », avait répondu le maire de Rome, Gianni Alemanno, lors d’une interview au quotidien Corriere della Sera dimanche, au cours d’une visite à Jérusalem. « Le fascisme a été un phénomène plus complexe (…) Beaucoup de gens ont rejoint le fascisme en toute bonne foi et je ne pense pas qu’on puisse parler de mal absolu à leur sujet. [Mais] les lois raciales voulues sous le fascisme et qui ont contribué à sa fin politique et culturelle étaient, elles, le mal absolu », avait-il poursuivi. Alors vice-premier ministre le leader d’Alliance nationale d’alors, et actuel président de l’Assemblée nationale avait qualifié le fascisme de « mal absolu », depuis Jérusalem, impulsant un tournant « démocratique » à la droite fasciste italienne.
Preuve que ses « colonels » ne se sont pas départis de leur vieille culture, les paroles du ministre de la Défense, Ignazio La Russa, lors des cérémonies du 8 septembre à Rome, qui commémorent l’armistice et la Résistance. « Je ferai un tort à ma conscience si je ne rappelais pas que d’autres militaires en uniforme, ceux de la Nembo de l’armée de la République sociale italienne (NDLR : fondée par Benito Mussolini en 1943 après avoir été écarté du pouvoir), subjectivement, de leur point de vue, combattirent en croyant en la défense de la patrie, en s’opposant dans les mois successifs au débarquement des Anglo-Américains et méritent donc le respect, même dans la différence de position, de tous ceux qui regardent avec objectivité l’histoire d’Italie », a-t-il déclaré. Avant d’être sèchement réprouvé par le président de la République, Giorgio Napolitano, qui a rendu hommage aux 600 000 militaires italiens déportés dans les camps de concentration nazis, et qui refusèrent de retourner libres en Italie pour combattre pour la République de Salo.
Ces propos qui viennent rappeler que malgré sa mutation, la droite italienne n’en a pas fini avec son passé fasciste a provoqué une vive émotion dans la communauté juive, principale victime des déportations, ainsi qu’à gauche. « Qui combattait du côté du fascisme et du nazisme avait tort. Gare à ne pas oublier qu’ils avaient tort », a clarifié Massimo D’Alema lors d’une fête du Parti démocrate. Chez les communistes on préfère rappeler le caractère antifasciste de la Constitution italienne. « L’antifascisme est en effet la condition sur laquelle s’est construite l’Italie républicaine. Et pour cela, l’antifascisme ne doit pas constituer une position de parti mais la religion civile sur laquelle se fonde notre cohabitation constitutionnelle. », a fait savoir Paolo Ferrero, secrétaire général du parti de la Refondation communiste.
Gaël DE SANTIS dans l'Humanité du 12 septembre 2008
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