Un député de l’opposition libanaise assassiné
Beyrouth : Un attentat a coûté la vie à un parlementaire druze opposé à Walid JOUMBLATT, alors que le dialogue national doit s’ouvrir mardi prochain.
Un nouvel attentat a coûté la vie, mercredi soir, à un député libanais, Saleh Aridi. Celui-ci, membre du Parti démocratique (opposition), a été tué dans l’explosion d’une voiture piégée dans la région d’Aley, au sud-est de Beyrouth. Si, habituellement, la presse libanaise proche du pouvoir et les agences occidentales désignent, sans plus de vérification, la Syrie comme responsable, il faut, cette fois, chercher ailleurs les responsabilité. Saleh Aridi, la cinquantaine, est un important conseiller de Talal Arslane, leader druze de l’opposition et surtout rival du leader druze du Parti socialiste pour le progrès (PSP) membre de la majorité, Walid Joumblatt. La victime serait également le fils d’un important responsable religieux druze.
Évidemment cette nouvelle poussée de violence au Liban ne doit rien au hasard. Elle survient au lendemain de l’appel du président de la République, Michel Sleimane, à un dialogue national qui doit s’ouvrir mardi prochain pour que majorité et opposition règlent leurs différends, conformément à l’accord interlibanais de Doha. Signé le 21 mai dernier, cet accord a permis l’élection du général Sleimane à la tête de l’Etat, après une vacance de six mois, puis la formation en juillet d’un gouvernement d’union nationale, laissant toutefois en suspens d’importantes questions liées à la vie politique et constitutionnelle libanaise. Il est le résultat d’une crise politique profonde entre la majorité parlementaire et l’opposition qui avait paralysé depuis novembre 2006 les institutions de l’État. Au début du mois de mai, une tentative visant à déposséder la résistance libanaise (qui avait mis en échec l’attaque israélienne de l’été 2006) de ses moyens de communication avait dégénéré en violences qui avaient fait 65 morts et 200 blessés, les plus sanglantes depuis la guerre civile (1975-1990).
Malgré l’accord de Doha, le Liban était loin d’avoir retrouvé le calme. Alors que le sud du pays pansait (et panse encore) ses plaies, des affrontements éclataient au nord, dans la région de Tripoli, d’abord pour mettre en échec les visées d’un groupe intégriste utilisant une couverture palestinienne, le Fatah al-islam, dénoncée par l’OLP, puis entre des groupes sunnites (que l’on dit soutenus par le clan Hariri) et des formations alaouites, confession de la famille Al Assad en Syrie. Depuis plusieurs semaines, les altercations avaient disparu et Saad Hariri avait rencontré le leader alaouite Ali Eïd. Le président syrien Bachar Al Assad, jeudi dernier, lors d’un sommet quadripartite (Syrie, France, Qatar, Turquie) à Damas, soulignait que la situation au Liban était encore « précaire ». La réalité lui a vite donné raison.
Pierre BARBANCEY dans l'Humanité du 12 septembre 2008
Un nouvel attentat a coûté la vie, mercredi soir, à un député libanais, Saleh Aridi. Celui-ci, membre du Parti démocratique (opposition), a été tué dans l’explosion d’une voiture piégée dans la région d’Aley, au sud-est de Beyrouth. Si, habituellement, la presse libanaise proche du pouvoir et les agences occidentales désignent, sans plus de vérification, la Syrie comme responsable, il faut, cette fois, chercher ailleurs les responsabilité. Saleh Aridi, la cinquantaine, est un important conseiller de Talal Arslane, leader druze de l’opposition et surtout rival du leader druze du Parti socialiste pour le progrès (PSP) membre de la majorité, Walid Joumblatt. La victime serait également le fils d’un important responsable religieux druze.
Évidemment cette nouvelle poussée de violence au Liban ne doit rien au hasard. Elle survient au lendemain de l’appel du président de la République, Michel Sleimane, à un dialogue national qui doit s’ouvrir mardi prochain pour que majorité et opposition règlent leurs différends, conformément à l’accord interlibanais de Doha. Signé le 21 mai dernier, cet accord a permis l’élection du général Sleimane à la tête de l’Etat, après une vacance de six mois, puis la formation en juillet d’un gouvernement d’union nationale, laissant toutefois en suspens d’importantes questions liées à la vie politique et constitutionnelle libanaise. Il est le résultat d’une crise politique profonde entre la majorité parlementaire et l’opposition qui avait paralysé depuis novembre 2006 les institutions de l’État. Au début du mois de mai, une tentative visant à déposséder la résistance libanaise (qui avait mis en échec l’attaque israélienne de l’été 2006) de ses moyens de communication avait dégénéré en violences qui avaient fait 65 morts et 200 blessés, les plus sanglantes depuis la guerre civile (1975-1990).
Malgré l’accord de Doha, le Liban était loin d’avoir retrouvé le calme. Alors que le sud du pays pansait (et panse encore) ses plaies, des affrontements éclataient au nord, dans la région de Tripoli, d’abord pour mettre en échec les visées d’un groupe intégriste utilisant une couverture palestinienne, le Fatah al-islam, dénoncée par l’OLP, puis entre des groupes sunnites (que l’on dit soutenus par le clan Hariri) et des formations alaouites, confession de la famille Al Assad en Syrie. Depuis plusieurs semaines, les altercations avaient disparu et Saad Hariri avait rencontré le leader alaouite Ali Eïd. Le président syrien Bachar Al Assad, jeudi dernier, lors d’un sommet quadripartite (Syrie, France, Qatar, Turquie) à Damas, soulignait que la situation au Liban était encore « précaire ». La réalité lui a vite donné raison.
Pierre BARBANCEY dans l'Humanité du 12 septembre 2008
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