L’administration Bush frappe au Pakistan

Publié le par Jihad WACHILL

Bombardements : De nouveaux raids des États-Unis sur les villages pakistanais, qui ont fait quatorze victimes civiles, aggravent la déstabilisation du pays.

Une nouvelle frappe américaine a de nouveau tué quatorze civils hier. Il s’agit cette fois d’un missile tiré d’Afghanistan sur le village de Tol Khel, dans la banlieue de Miranshah, principale ville du district tribal pakistanais du Waziristan-Nord. L’agression intervient au lendemain même d’une menace des États-Unis de multiplier les opérations militaires dans les zones tribales pakistanaises frontalières avec l’Afghanistan pour contrer ce qu’ils estiment être la « passivité » pakistanaise. Opérations auxquelles Islamabad a juré de s’opposer « à n’importe quel prix » alors que le ton monte entre les deux capitales « alliées » dans la lutte contre le terrorisme après les révélations du New York Times confirmant les rumeurs persistantes que, depuis le mois de juillet dernier, le président Bush a secrètement autorisé les forces spéciales américaines à opérer au Pakistan, malgré l’opposition des militaires de ce pays.

À cette époque, le nouveau gouvernement pakistanais tentait de négocier un accord avec les tribus pachtounes en rébellion accusées d’accueillir sur leurs terres les combattants taliban afghans et les milices d’al Qaeda. Opposé à l’accord, Washington avait arraché à Islamabad la promesse de faire intervenir l’armée dans les régions tribales. Ces opérations contre des militants islamistes ont déjà fait plus de 600 morts et entraîné le déplacement de plus de 260 000 personnes selon la Croix-Rouge.

Une offensive qui a accéléré les attentats meurtriers des extrémistes religieux, comme celui de jeudi qui a tué 20 personnes dans une mosquée du nord du pays. Une situation consécutive au bourbier dans lequel la coalition américaine et ses alliés de l’OTAN se trouvent englués en Afghanistan. Une reconnaissance de fait qu’assume le chef d’état-major interarmées des États-Unis, le général Michael Mullen. « Les États-Unis perdent leur temps dans la guerre afghane et la victoire ne peut pas être - remportée uniquement par de simples moyens militaires », a-t-il déclaré mercredi devant la commission des services armés de la Chambre des représentants. Pour Mullen, les taliban sont devenus « plus audacieux » et le général a attribué l’escalade des conflits à « l’économie afghane pauvre », au trafic de drogue et à « l’incertitude politique significative au Pakistan ». Son intervention fait suite à l’annonce par Bush de la réduction des troupes américaines en Irak et du déploiement de 4 500 militaires supplémentaires en Afghanistan.

Dominique BARI dans l'Humanité du 13 septembre 2008
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Publié dans Asie

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