Gordon BROWN sous un nuage noir

Publié le par Jihad WACHILL

La crise financière, la plus dévastatrice depuis des décennies, n’avait sans doute pas créé assez de soucis à Gordon Brown. Le voici à la veille d’un week-end de tous les dangers. La pagaille au sein de son parti pourrait provoquer son anéantissement électoral.

Le congrès du Parti travailliste s’ouvre en effet demain à Manchester au moment où, dans tous les sondages, le Labour se trouve à quelque 20 points derrière l’opposition conservatrice. Le premier ministre est sur la sellette depuis des semaines et il ne manque pas d’ennemis dans son entourage, prêts à se débarrasser d’un leader devenu si impopulaire dans le pays.

Mais il y a un problème : le rassemblement de députés et d’anciens ministres, qui planent comme des vautours autour de lui, n’a rien à offrir, sauf à tuer le chef. Ils sont pour la plupart des blairistes déçus, des « rebelles » dont la principale préoccupation est de garder leurs sièges.

À la gauche du parti, représentée par un petit nombre de députés, les divers ténors sont d’accord sur un point : le Labour a besoin d’une nouvelle politique, pas d’un nouveau leader.

Tony Benn, ancien porte-parole emblématique de la gauche, qui à quatre-vingt-trois ans est toujours très présent dans les débats, a déclaré : « Brown et Blair ont fondé leur politique sur leur croyance au marché (…). Cette confiance s’est maintenant effondrée (…). Vous ne pouvez pas, comme le New Labour le croyait, soigner le capitalisme. Je crois qu’un nouveau mouvement sortira de cette crise avec un sens plus réaliste du fonctionnement du capitalisme. »

En marge du congrès de Manchester, une « convention de la gauche » se tiendra. Reste à savoir si cette gauche disparate pourra trouver un discours commun, une prolongation de celui entendu récemment au congrès du TUC, la confédération syndicale.

En attendant, les jeux continuent à la City, les ceintures de sauvetage sont lancées pour sauver la vie de banquiers menacés de noyade à cause de leur voracité… et le pays devrait compter deux millions de chômeurs dans les mois à venir.

Peter AVIS dans l'Humanité du 19 septembre 2008

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Publié dans Europe occidentale

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