Le cauchemar de la Grande-Bretagne

Publié le par Jihad WACHILL

L’éclatement d’une bulle immobilière, aux dimensions record en Europe, est d’une violence inouïe outre-Manche et a provoqué des ravages sociaux immédiats.

Londres, correspondance particulière.

Les Britanniques sont sans doute les plus durement frappés en Europe par l’éclatement d’une bulle immobilière qui avait pris aussi - et cela ne doit sans doute rien au hasard - les dimensions les plus imposantes sur tout le Vieux Continent (à l’exception peut-être de l’Espagne). Résultat : on assiste à une très forte contraction du crédit liée à la baisse de la valeur des logements achetés avec des hypothèques, comme les fameux subprimes des États-Unis. Et la crise prend ainsi une dimension immédiatement sociale autant que financière.

Des millions d’emprunteurs ne peuvent plus rembourser leurs traites et, parmi eux, des centaines de milliers sont directement menacés de voir leur logement saisi. De plus, le manque d’investissements dans la construction crée une situation où les jeunes et les personnes aux revenus modestes ne parviennent plus à trouver un logement. Au niveau national, la construction des logements sociaux est au ralenti.

La Banque d’Angleterre a déclaré hier que les cessations de paiement s’aggravaient. Le pouvoir d’achat se contracte, lui aussi, de façon spectaculaire, puisque le niveau de vie de beaucoup de membres des classes moyennes recule au même rythme que la valeur de leurs biens. Selon Nationwide, le plus grand établissement

spécialisé dans l’offre de prêts hypothécaires, le prix moyen des biens immobiliers a baissé de 1,7 % en septembre, la baisse sur un an étant désormais de 12,4 %. D’autres statistiques confirment la gravité de la situation pour des dizaines de milliers de familles : depuis 2007, les faillites individuelles et autres cessations de paiement ont augmenté de 50 % et les saisies de 48 %, tandis que le prix de l’électricité grimpait, lui, de 18 %, et celui du gaz de 28 %.

Le gouvernement de Gordon Brown, soutenu essentiellement par l’opposition conservatrice, a choisi la poursuite d’une politique qui consiste à voler aux secours des banques en difficulté en nationalisant leurs pertes tout en leur permettant de continuer à privatiser leurs profits.

La gauche du Parti travailliste et bien des syndicats réclament une politique alternative, et demandent la transformation d’un système économique qui crée toujours davantage de pauvreté, d’insécurité et d’inégalité.

Le député John McDonnell, président du Labour Representation Committee (Comité de représentation du Parti travailliste), a proposé dans l’immédiat la nationalisation de toutes les institutions financières s’occupant des prêts hypothécaires, une baisse significative des taux d’intérêt, un programme de construction de logements sociaux et une hausse des salaires pour augmenter le pouvoir d’achat. « Pour faire face à la plus grande récession de mémoire d’homme, a-t-il lancé, le gouvernement doit imposer un nouveau contrôle démocratique sur l’économie. »

Peter AVIS dans l'Humanité du 4 octobre 2008
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Publié dans Europe occidentale

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