Guinée : oui au droit des peuples à disposer de leurs ressources !

Publié le par Jihad WACHILL

Il y a quelques jours mourrait le président-dictateur de Guinée, Lansana Conté. Contre tout attente, l'ordre établi pour sa succession s'est retrouvé remis en cause par un coup d'Etat militaire mené par d'obscurs (et donc "incontrôlables"?) officiers.

Après avoir dans un premier temps annoncé l'échec du putsch, nos médias "poliquement correct" avec à leur tête "Le Monde", devenu de fait l'organe officiel du pouvoir sarkozyste, doivent se rendre à l'évidence: le Gouvernement guinéen en place vient "préter allégeance" à la nouvelle junte. Sans même effusion de sang, et malgré la division supposée de l'armée...

La population était paraît-il indifférente? Qu'à cela ne tienne: les putschistes défilent sous les acclamations d'une foule enthousiaste, scène digne du triomphe des "officiers libres" en Egypte ou de la "Révolution des oeillets" au Portugal. Encore une fois, "le Monde" a pris ses désirs pour des réalités...

Changement de stratégie: on voit la France, l'UE et l'OUA réclamer "le rétablissement de l'ordre constitutionnel" (comment peut-on décemment parler d'un "ordre constitutionnel" à propos de la dictature de Lansana Coné et de sa clique corrompue : il faut vraiment ne pas avoir peur du ridicule...) et des élections rapides dans un délais de 6 mois. Un délais que même les partis et syndicats guinéens savent intenable (eux se contentant de réclamer un délais de un an). La junte militaire promet de son côté des élections pour 2010? Mais ce n'est pas grave, la surrenchère ça ne mange pas de pain: soyons donc "plus royalistes que le Roi"!

Des acteurs politiques et sociaux guinéens somme toute satisfaits, pourtant, des premiers engagements d'une junte militaire, qui se donne la peine de discuter avec eux et d'ouvrir une concertation. Un respect que ne leur manifestait guère feu l'ancien président-dictateur, plus habitué à les envoyer croupir au fond d'une geôle. Mais qu'à cela ne tienne, on sait mieux qu'eux ce qui est bon pour eux, ces Guinéens, que diable!

"Détail" sans intérêt: les "méchants" putschistes promettent une lutte sans merci contre la corruption qui ronge le pays (considéré comme un des 10 plus corrompus de la planète...) et surtout semblent résolus à tout faire pour obtenir la renégociation des contrats miniers. Des contrats "léonins", largement à l'avantage des multinationales avec lesquelles ils ont été contractés, sans doute en échange de dessous de tables juteux pour "graisser les rouages".

Ah oui pardon, un petit détail qu'ont bien omis de nous préciser nos "bien pensants" partisans du rétablissement de "l'ordre constitutionnel" (ou plutôt de la clique corrompue avec laquelle il était tellement plus facile pour les multinationales de discuter intérêts bien compris sur le dos du peuple guinéen?): la Guinée est certes un des Etats les plus corrompus et les plus pauvres de la planète, mais ce n'est pas faute de posséder des ressources minières inestimables (bauxite, alumine, or, diamants...) qui la font qualifier de "scandale géologique"... 

Mais non voyons, aucun lien entre d'une part l'hostilité affichée par la vaporeuse (et autoproclamée...) "communauté internationale" et les médias aux ordres et d'autre part la volonté par ces "empêcheurs d'exploiter en rond" de putschistes de réaffirmer la souveraineté de la Guinée sur ses ressources naturelles! "Honni soit qui mal y pense"!

Après avoir été à l'avant-garde de la décolonisation en Afrique avec Ahmed Sékou Touré, la Guinée ne se mettrait-elle pas, contre toute attente, à l'avant-garde du droit des peuples à disposer de leurs ressources? Oui, ces putschistes ont du cran et défendent les intérêts de leur peuple. En cela, ils méritent notre respect et même notre soutien contre les scandaleuses tentatives d'ingérences néocoloniales relayées par une OUA visiblement aux ordres.

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Publié dans Afrique

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